Mardi matin, au moins trois frappes israéliennes ont touché les quartiers sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, quelques minutes après que l’armée israélienne ait demandé aux résidents d’évacuer plusieurs quartiers de la capitale libanaise. Les zones ciblées incluent Haret Hreik, Hadath, al-Laylaki et Ghobeiri, des quartiers densément peuplés où les infrastructures du Hezbollah sont supposées se trouver.
Des frappes précises et des avertissements diffusés
Les frappes surviennent alors que le porte-parole militaire israélien, Avichay Adraee, avait publié une déclaration sur les réseaux sociaux, avertissant les résidents de la proximité de « bâtiments et installations affiliés au Hezbollah » susceptibles d’être ciblés prochainement. La publication, accompagnée d’une carte des cibles potentielles, vise clairement à dissuader les civils de rester dans les zones jugées sensibles par Israël.
Avant les frappes, des témoins ont rapporté avoir entendu des coups de feu, signalés comme des tirs d’avertissement de résidents locaux pour inciter les gens à évacuer. Cette escalade confirme les intentions déclarées par le nouveau ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui a affirmé lundi qu’il « n’y aura pas de cessez-le-feu et aucune interruption des frappes contre les militants du Hezbollah au Liban ».
Un conflit qui s’étend au nord du Liban
Lundi, dans une rare attaque loin de la frontière sud, un raid israélien a frappé une maison dans la région d’Akkar, dans le nord du Liban, tuant et blessant au moins 28 personnes, principalement des Syriens déplacés et des résidents locaux. Cette attaque est l’une des plus au nord menées par Israël dans sa campagne contre le Hezbollah. Des sources locales rapportent que le raid a également été précédé par l’explosion d’une voiture près de la maison ciblée.
Le chef de la Croix-Rouge libanaise, Georges Kettaneh, a confirmé que cette frappe avait fait au moins sept morts et 14 blessés. Les opérations de secours et de déblayage sont toujours en cours, témoignant de l’ampleur des destructions.
Des frappes continues dans le sud du Liban
La situation est particulièrement tendue dans le sud du Liban. La ville de Saksakiyeh, également cible de frappes israéliennes, a été touchée lundi par une attaque qui a tué au moins sept personnes, dont des femmes et des enfants, selon les informations du ministère libanais de la Santé. Les opérations de recherche de survivants sous les décombres sont toujours en cours.
Ces nouvelles frappes interviennent dans un contexte de guerre ouverte entre le Hezbollah et Israël, qui a pris de l’ampleur depuis fin septembre, après près d’un an d’échanges transfrontaliers de tirs. Le conflit a été déclenché par l’offensive du Hezbollah en soutien à Hamas, suite à l’attaque de ce dernier contre Israël le 7 octobre 2023. Depuis le début de cette escalade, plus de 3 240 personnes ont perdu la vie au Liban, selon le ministère libanais de la Santé, avec une majorité des pertes humaines survenues ces dernières semaines.
Impacts humanitaires et appels à l’évacuation
La violence croissante dans le sud de Beyrouth et dans d’autres régions libanaises a poussé les autorités israéliennes à lancer des appels à l’évacuation, mettant en lumière les risques accrus pour les civils. Le bilan humain continue de s’alourdir, avec des familles piégées dans des zones de conflit intense, tandis que les infrastructures civiles subissent des destructions massives.
Cette intensification des hostilités entre Israël et le Hezbollah pose des défis humanitaires majeurs, avec des milliers de déplacés, des blessés, et un système de santé déjà fragilisé qui peine à répondre aux besoins croissants. La situation suscite également des inquiétudes internationales, la communauté internationale ayant jusqu’à présent échoué à obtenir une désescalade durable.



