dimanche, janvier 11, 2026

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Iran : une vidéo suspectée d’être générée par l’IA amplifie les doutes sur l’ampleur des manifestations à Téhéran

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Les rues de Téhéran et d’autres grandes villes iraniennes ont été marquées par une tension accrue ce 10 janvier 2026, alors que l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, a prononcé un discours intransigeant devant ses partisans, affirmant que le régime ne reculerait pas devant les contestations populaires. Cette intervention, survenue au milieu d’une vague de protestations déclenchée par la crise économique, coïncide avec la circulation massive de vidéos suspectes sur les réseaux sociaux, dont plusieurs ont été identifiées comme potentiellement générées par intelligence artificielle. Ces contenus, montrant des foules immenses ou des scènes de répression, sèment le doute sur l’ampleur réelle des troubles et illustrent les défis posés par la désinformation dans un pays où l’accès à internet est sporadiquement restreint par les autorités.

Téhéran, capitale politique et économique de l’Iran, est au cœur de ces événements qui ont débuté fin décembre 2025. Des images authentifiées par des témoins oculaires montrent des rassemblements de plusieurs centaines de personnes bloquant des avenues clés, comme la place Enghelab, où des slogans contre la hausse des prix et la corruption ont été scandés. Le 9 janvier 2026, des commerçants ont fermé leurs échoppes en signe de solidarité, tandis que des forces de sécurité ont déployé des gaz lacrymogènes pour disperser les attroupements. Selon des rapports officiels et des organisations internationales, au moins plusieurs centaines de manifestants ont été tués depuis le début des troubles, avec des milliers d’arrestations signalées dans les provinces touchées. Les autorités ont imposé des coupures intermittentes d’internet dans plusieurs régions, limitant la diffusion d’informations en temps réel et favorisant la propagation de contenus manipulés.

Parmi les vidéos virales, une séquence de 45 secondes, partagée par des comptes influents sur des plateformes comme X et TikTok, dépeint une foule compacte affrontant les forces anti-émeutes avec des jets d’eau et des cris appelant à un changement de régime. Des experts en vérification numérique, y compris ceux de la BBC Verify, ont relevé des anomalies : des mouvements d’eau défiant les lois physiques, des ombres incohérentes et des artefacts visuels typiques des outils d’IA comme Sora ou Veo. Une autre image, diffusée par un compte officiel israélien, montre des policiers iraniens utilisant des canons à eau, mais un badge en hébreu visible sur un uniforme a révélé qu’il s’agissait d’un montage artificiel. Ces cas, survenus alors que les protestations entrent dans leur troisième semaine, soulignent comment la technologie amplifie les perceptions d’instabilité, potentiellement pour discréditer les mouvements authentiques ou exagérer leur portée.

Un contexte économique sous pression extrême

Les manifestations actuelles s’enracinent dans une dégradation économique profonde qui affecte l’Iran depuis plusieurs mois. Le rial iranien a chuté de plus de 20 % face au dollar américain entre novembre 2025 et janvier 2026, atteignant un taux record de plus de 600 000 rials pour un dollar sur le marché noir. L’inflation officielle dépasse les 45 %, avec des hausses atteignant 60 % pour les denrées alimentaires essentielles comme le pain, la viande et l’huile. Des files d’attente devant les boulangeries subventionnées sont devenues un spectacle quotidien dans les villes comme Téhéran et Mashhad, évoquant les crises des décennies passées.

Le gouvernement du président Masoud Pezeshkian, élu en juillet 2024 à la suite du décès de son prédécesseur Ebrahim Raisi dans un accident d’hélicoptère, a tenté de répondre à ces défis par des mesures d’austérité. Parmi elles, une réduction progressive des subventions sur les carburants, mise en œuvre depuis octobre 2025, a entraîné une augmentation de 25 % des prix à la pompe. Ces politiques, destinées à combler un déficit budgétaire aggravé par les sanctions internationales imposées depuis 2018 et renforcées en 2024, ont exacerbé les coûts de transport et des biens de première nécessité. Des économistes gouvernementaux estiment que les dépenses militaires, y compris le soutien aux groupes alliés comme le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen, absorbent plus de 20 % du budget national, limitant les investissements dans les infrastructures et les services sociaux.

À Mashhad, deuxième ville du pays et site sacré pour les chiites, les troubles ont émergé le 5 janvier 2026 avec des rassemblements près du mausolée de l’imam Reza. Des vidéos montrent des groupes de jeunes scandant des slogans contre la corruption et la gestion économique, tandis que des forces de sécurité interviennent avec des gaz lacrymogènes. Le 8 janvier, des incidents similaires ont été rapportés à Ispahan, où des manifestants ont bloqué des routes menant aux usines textiles, un secteur employant des milliers de travailleurs impactés par la hausse des coûts énergétiques. À Tabriz et Ahvaz, des attroupements sporadiques ont dégénéré en affrontements, avec des rapports faisant état de tirs à balles réelles par les forces de l’ordre.

La réaction des autorités et les appels internationaux

Le 10 janvier 2026, l’armée iranienne a publié un communiqué affirmant son engagement à défendre les « intérêts nationaux » face aux troubles. Un porte-parole militaire a déclaré : « Les forces armées restent vigilantes face à toute tentative de déstabilisation, qu’elle vienne de l’intérieur ou de l’extérieur. » Cette position fait écho à celle de l’ayatollah Khamenei, qui, lors d’un rassemblement de partisans le 9 janvier, a affirmé : « Tout le monde devrait savoir que nous ne reculerons pas. » Le guide suprême a qualifié les manifestants de « fauteurs de troubles » cherchant à plaire à des puissances étrangères, en référence implicite aux États-Unis et à Israël.

De son côté, le président Masoud Pezeshkian a adopté un ton plus conciliant, appelant à la tolérance et au dialogue dans une déclaration du 7 janvier. Il a souligné que « toute violence ou comportement coercitif » devait être évité, encourageant les autorités à écouter les griefs économiques des citoyens. Cette approche contraste avec la ligne dure du guide suprême, révélant des tensions au sein du régime. Des figures en exil, comme le prince Reza Pahlavi, fils de l’ancien shah, ont exprimé leur soutien aux protestataires via des réseaux sociaux, appelant à des transitions pacifiques et à la prise de contrôle des villes par des comités locaux. Des slogans faisant référence à Pahlavi ont été entendus dans certaines manifestations, bien que leur authenticité soit contestée en raison de la prolifération de faux audios superposés.

Les autorités iraniennes ont accusé des acteurs étrangers, notamment Israël et les États-Unis, d’orchestrer la désinformation. Un communiqué du ministère de l’Intérieur daté du 2 janvier 2026 affirme : « Ces fabrications numériques visent à manipuler l’opinion internationale et à encourager la sédition. Nos services de cybersécurité travaillent à identifier les sources. » En réponse, des restrictions d’accès à internet ont été étendues à plusieurs provinces, incluant des blocages partiels de plateformes comme X et TikTok, où les contenus suspects circulent le plus.

La multiplication des contenus manipulés

Dans ce climat de contestation, la diffusion d’images et de vidéos manipulées complique la distinction entre réalité et fiction. Une vidéo circulant depuis le 1er janvier 2026 montre une foule dansant, mais avec un audio ajouté faisant entendre des slogans anti-régime. Des analyses ont révélé que l’original provenait d’une fête privée, modifiée pour simuler une protestation. De même, une photo virale d’un policier à moto entourant un manifestant s’est avérée générée par IA, avec des détails aberrants comme un véhicule aux proportions irréalistes.

Ces manipulations ne se limitent pas aux événements internes. Lors des tensions avec Israël en juin 2025, des images d’avions F-35 prétendument abattus sur sol iranien ont été identifiées comme des créations IA, diffusées par des comptes pro-iraniens pour exagérer les capacités défensives. Un rapport du 28 juillet 2025 note que ces faux visuels ont été partagés des millions de fois, influençant l’opinion publique régionale. Plus récemment, des deepfakes ciblant des officiers de police et militaires iraniens ont surgi, montrant des figures officielles dans des situations compromettantes, semant la confusion et la méfiance.

À Téhéran, le 9 janvier 2026, une image montrant une place bondée a été démasquée : les visages des manifestants étaient dupliqués, un signe classique de génération algorithmique. Des outils comme Google SynthID ont confirmé que plusieurs de ces visuels provenaient d’IA, avec des filigranes invisibles altérés par des recadrages. Ces faux amplifient les perceptions d’instabilité, incitant potentiellement à plus de violence ou discréditant les mouvements légitimes. Des experts estiment que ces contenus, souvent amplifiés par des bots, visent à déstabiliser le régime en créant une illusion de chaos généralisé.

Les implications immédiates des restrictions numériques

Les coupures d’internet imposées par les autorités depuis le début des troubles ont exacerbé la dépendance aux contenus alternatifs, favorisant la circulation de faux. Dans les provinces comme le Khorasan Razavi, où Mashhad est située, des interruptions de plusieurs heures ont été rapportées le 10 janvier 2026, empêchant les citoyens de vérifier les informations en temps réel. Des figures culturelles iraniennes ont condamné ces mesures comme un « outil flagrant de répression », arguant qu’elles isolent les populations et amplifient les rumeurs.

Parallèlement, les forces de sécurité ont arrêté plusieurs membres de leurs propres rangs le 8 janvier, accusés d’avoir refusé d’ouvrir le feu sur les manifestants, selon des rapports d’organisations basées en Norvège. Ces incidents internes révèlent des fissures au sein de l’appareil répressif, avec des estimations faisant état de centaines de blessés parmi les forces de l’ordre lors d’affrontements à Ispahan et Tabriz. Les protestations, bien que sporadiques, ont touché des secteurs clés comme l’industrie textile et agricole, où des grèves partielles ont paralysé des chaînes de production.

À Ahvaz, dans le sud-ouest, des rassemblements le 11 janvier matin ont mobilisé des communautés locales contre la hausse des prix des denrées, avec des références à des aides internationales bloquées par les sanctions. Des témoins ont décrit des scènes de solidarité intercommunautaire, où des chiites et des sunnites se joignent aux appels pour des réformes économiques. Ces développements, survenus alors que l’inflation continue de grimper, mettent en lumière les pressions immédiates sur les ménages, avec des rapports indiquant que plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté selon les estimations officielles.

Les tensions régionales et les soutiens extérieurs

Les troubles en Iran s’inscrivent dans un contexte géopolitique tendu, avec des accusations mutuelles entre Téhéran et ses adversaires. Israël a été pointé du doigt pour sa présumée implication dans la diffusion de faux contenus, tandis que des comptes pro-israéliens en persan ont partagé des vidéos suspectes. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a déclaré le 5 janvier que ces actions visaient à « semer le chaos » en exploitant la crise économique. De leur côté, des alliés régionaux comme le Hezbollah ont réaffirmé leur soutien au régime, avec des déclarations soulignant la résilience face aux « complots étrangers ».

Des appels internationaux ont émergé, avec l’ONU exprimant sa préoccupation sur les violences. Un rapporteur spécial des Nations unies a noté le 10 janvier que les restrictions internet violaient les droits humains, appelant à une enquête indépendante sur les décès. Les États-Unis ont condamné la répression, avec un porte-parole du Département d’État affirmant que « le peuple iranien mérite d’être entendu ». Ces interventions extérieures ont été interprétées par Téhéran comme des ingérences, renforçant la narrative officielle de complot.

Dans les villes ouvrières comme Tabriz, des manifestations le 11 janvier ont bloqué des artères industrielles, impactant la production d’automobiles et de biens manufacturés. Des travailleurs ont rapporté des salaires en retard et des conditions de travail dégradées, exacerbées par la dévaluation du rial. Ces faits immédiats illustrent comment la crise économique alimente les troubles, avec des implications directes sur la stabilité quotidienne des Iraniens.

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Newsdesk Libnanews
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