Dans la nuit de jeudi à vendredi, à 3h30 du matin, une frappe aérienne israélienne a touché un point de rassemblement de journalistes à Hasbaya, dans le sud du Liban, tuant trois d’entre eux : un reporter d’Al-Manar et deux journalistes d’Al-Mayadeen. Ils étaient en train de couvrir les affrontements croissants dans la région lorsque l’attaque les a visés directement.
Cette attaque s’inscrit dans une série d’agressions israéliennes contre des journalistes depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 7 octobre 2023. Depuis cette date, plusieurs reporters ont été tués ou blessés au Liban dans des frappes israéliennes. Parmi les victimes les plus notables figure Issam Abdallah, photographe pour Reuters, tué le 13 octobre dans une frappe à la frontière libano-israélienne. En plus de lui, plusieurs autres journalistes ont perdu la vie ou ont été grièvement blessés dans des circonstances similaires.
Les journalistes ciblés au Liban depuis le 7 octobre 2023
Outre les trois journalistes tués à Hasbaya, d’autres reporters ont été visés :
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- Issam Abdallah (Reuters) a été tué le 13 octobre 2023, lors d’une frappe israélienne dans le village d’Alma al-Shaab, au Sud-Liban.
- Farah Omar et Rabih Maamari, deux reporters d’Al-Mayadeen, ont été tués lors d’une frappe israélienne dans le district de Tyr, au sud du Liban, en novembre 2023.
Ces attaques ont suscité de vives réactions au niveau international, plusieurs organisations de défense des journalistes, comme Reporters Sans Frontières (RSF), dénonçant ces actes comme des crimes de guerre. RSF a notamment souligné que ces journalistes étaient clairement identifiés comme tels, ne représentant aucun danger militaire. Ces actes constituent, selon RSF et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), une violation flagrante des conventions de Genève, qui protègent les civils, y compris les journalistes, dans les zones de conflit.
Les enquêtes menées par diverses organisations internationales ont établi que plusieurs frappes israéliennes contre les journalistes semblaient délibérées et non accidentelles. Ces conclusions alimentent les accusations de crimes de guerre portées contre Israël. Les frappes contre des professionnels des médias soulèvent des questions quant à la volonté d’Israël de limiter la couverture médiatique des conflits en cours, notamment dans les zones sensibles du Sud-Liban et de Gaza.
Les appels pour une enquête internationale indépendante se multiplient, tandis que les familles des journalistes tués demandent justice. L’ONU a également appelé à une cessation immédiate des hostilités visant les journalistes, exhortant à la protection des médias en tant qu’acteurs essentiels de la vérité dans les conflits.



