Alors que la date limite du 26 janvier pour le retrait israélien du sud Liban approche, des discussions ont lieu entre Israël et les États-Unis pour prolonger ce délai. Cette situation, perçue comme une tentative de contourner les accords de cessez-le-feu, suscite l’indignation au Liban, où l’armée et la population insistent sur le respect des engagements pris dans le cadre de la résolution 1701.
Israël demande un report de son retrait
Michael Herzog, ambassadeur d’Israël aux États-Unis, a déclaré jeudi dans une interview à Israeli Army Radio que des pourparlers étaient en cours entre les deux pays pour obtenir une extension du délai imparti au retrait israélien. Selon Herzog, « les 60 jours prévus ne sont pas gravés dans le marbre et ont été formulés avec une certaine flexibilité ».
L’ambassadeur a ajouté que l’administration américaine « comprend les besoins sécuritaires israéliens » et qu’un accord serait probablement trouvé pour permettre à Israël de rester plus longtemps dans le sud du Liban.
Cependant, les médias israéliens rapportent que la position américaine est divisée : alors que l’administration Biden serait encline à accorder plus de temps, l’ancien président Donald Trump aurait insisté sur le respect du calendrier initial.
Les retards invoqués par Israël
Israël justifie sa demande de prolongation en accusant l’armée libanaise de ne pas déployer ses troupes assez rapidement dans les zones prévues par l’accord. En vertu des termes du cessez-le-feu, l’armée libanaise, appuyée par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), doit assurer le contrôle d’une zone tampon au sud du pays une fois les troupes israéliennes parties.
Cependant, les autorités libanaises rejettent fermement ces accusations, rappelant que le retard dans le retrait israélien constitue le principal obstacle à une pleine stabilisation de la région. L’armée libanaise a réaffirmé son engagement à déployer ses unités dès que les forces israéliennes auront quitté les zones concernées.
La menace de représailles du Hezbollah
De son côté, le Hezbollah a averti qu’il ne resterait pas inactif si Israël ne respectait pas l’échéance du 26 janvier. Le mouvement a menacé de reprendre ses tirs de roquettes et de drones contre les positions israéliennes en cas de non-retrait.
Ce climat tendu s’accompagne d’une mobilisation croissante des habitants des villages frontaliers du sud du Liban. Déplacés depuis le début des hostilités, beaucoup d’entre eux ont été empêchés de rentrer chez eux après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en novembre, en raison du maintien des troupes israéliennes. Ces résidents ont annoncé qu’ils reviendraient dans leurs villages le 26 janvier, que le retrait israélien ait lieu ou non.
Une violation potentielle des accords de cessez-le-feu
Le prolongement du retrait israélien serait perçu comme une violation des accords de cessez-le-feu négociés par les États-Unis. Ces accords, conclus pour mettre fin à une année de combats intenses liés à la guerre dans la bande de Gaza, prévoyaient le retrait total des troupes israéliennes sous 60 jours.
Le Liban, soutenu par les Nations unies, insiste sur le fait que ce délai est non négociable. Tout retard prolongé dans le retrait israélien pourrait non seulement mettre en péril la résolution 1701, mais aussi raviver les tensions dans une région déjà marquée par des décennies de conflit.
La pression de la communauté internationale
La FINUL, qui joue un rôle de supervision dans la mise en œuvre du cessez-le-feu, a également souligné l’importance de respecter l’échéance. Alors que le Liban fait preuve de coopération en se préparant à déployer ses troupes dans les zones libérées, la communauté internationale craint qu’un échec d’Israël à se conformer aux accords ne fragilise davantage la situation.
Par ailleurs, le rôle des États-Unis dans ces négociations soulève des questions sur leur capacité à imposer à Israël le respect des engagements pris. Une prolongation non justifiée pourrait être interprétée comme un signe de partialité, sapant les efforts pour une paix durable dans la région.
Une situation explosive au sud Liban
Le sud du Liban reste une région extrêmement sensible, où la moindre provocation peut dégénérer en conflit. Les villages frontaliers, encore marqués par les destructions de la dernière guerre, attendent désespérément le retour de leurs habitants et le début de la reconstruction.
Le refus apparent d’Israël de se conformer aux délais convenus renforce la frustration des Libanais, qui voient dans cette situation une nouvelle tentative d’imposer un statu quo favorable à Tel Aviv. La patience des populations locales, du Hezbollah et des autorités libanaises pourrait rapidement atteindre ses limites si Israël persiste dans son refus de respecter la date du 26 janvier.



