Les relations entre Israël et le Liban oscillent entre menaces militaires et tractations diplomatiques. En avril 2025, la région retient son souffle : les bombardements s’intensifient sur Gaza, tandis que des frappes israéliennes frappent le Liban, brisant un cessez-le-feu fragile établi en novembre 2024. Benjamin Netanyahou hausse le ton face au Hezbollah, cherchant à rallier Washington à ses vues. À Beyrouth, la prudence domine, mais la vigilance reste de mise. Entre ambitions israéliennes et fragilité libanaise, les enjeux dessinent un équilibre précaire.
Contexte des tensions actuelles
La montée des tensions régionales atteint un nouveau seuil. Depuis mars 2025, Israël intensifie ses opérations à Gaza, avec des frappes causant des centaines de morts, selon Al Quds (9 avril 2025). Parallèlement, le Sud-Liban redevient une cible. Le 28 mars 2025, Tsahal frappe la banlieue sud de Beyrouth, visant un entrepôt de drones du Hezbollah après des tirs de roquettes depuis le Liban, selon Al Liwa’ (9 avril 2025). Netanyahou menace d’une opération plus large pour sécuriser la frontière nord.
Ce regain de violence suit une accalmie relative. Le cessez-le-feu de novembre 2024, négocié par les États-Unis et la France, met fin à une guerre dévastatrice : 4 000 morts au Liban, un million de déplacés, selon le ministère libanais de la Santé. Israël retire alors ses troupes du Sud-Liban, mais des violations – plus de 1 000 selon Beyrouth – fragilisent l’accord. Le retrait, prévu pour le 26 janvier 2025, est reporté au 18 février, Tsahal conservant cinq postes frontaliers.
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Les incidents s’enchaînent. Le 22 mars, deux roquettes visent le nord d’Israël, interceptées par le Dôme de fer. Le 1er avril, une frappe à Beyrouth tue quatre personnes, dont un cadre du Hezbollah, selon Al Bina’ (9 avril 2025). Le 4 avril, un raid à Saïda élimine Hassan Farhat, commandant du Hamas, avec sa famille. Israël justifie ces frappes comme des réponses à des menaces imminentes.
Le Liban, exsangue, encaisse les chocs. L’explosion du port de Beyrouth en 2020 et une inflation de 200 % (FMI) limitent ses marges. Les 100 000 déplacés du sud, recensés par l’ONU après 2024, peinent à rentrer. Les souvenirs de 2006 – 1 200 morts sous les bombardements – hantent la population.
Le calcul stratégique d’Israël vis-à-vis du Liban
Netanyahou jongle entre pressions internes et impératifs externes. Sa coalition d’extrême droite exige une réponse ferme au Hezbollah. Une opération au Liban renforcerait sa stature avant les élections de décembre 2025. Al Liwa’ (9 avril 2025) note qu’il sollicite Washington pour un soutien logistique ou une neutralité bienveillante.
Cette stratégie répond à des enjeux politiques. Critiqué pour sa gestion de la guerre de 2024 contre le Hamas, Netanyahou cherche une victoire militaire. En 2006, l’échec à neutraliser le Hezbollah a terni l’image de l’état hébreu. Aujourd’hui, il mise sur une démonstration de force pour apaiser un électorat inquiet des roquettes libanaises.
Les États-Unis jouent un rôle décisif. L’administration Biden, réélue en 2024, relance un accord avec l’Iran en mars 2025. Une offensive au Liban compromettrait ces efforts, exposant Netanyahou à un veto américain. Le 5 avril, Morgan Ortagus rencontre Joseph Aoun à Beyrouth, prônant le désarmement du Hezbollah (The New York Times). Un échec des pourparlers avec Téhéran pourrait toutefois libérer Israël.
Les alliés régionaux influent aussi. L’Arabie saoudite, hostile au Hezbollah, soutient discrètement Israël (Reuters, mars 2025). La Syrie, alliée de l’Iran, menace d’ouvrir un front au Golan. Netanyahou doit éviter un conflit multifrontal.
La réaction libanaise : entre vigilance et retenue
Beyrouth opte pour la prudence. Joseph Aoun, président depuis le 9 janvier 2025, condamne les frappes comme des « violations flagrantes » du cessez-le-feu (Al Bina’, 9 avril 2025). Il appelle à une mobilisation internationale, évitant toute provocation. Avec une économie en ruines – la livre a perdu 95 % de sa valeur depuis 2019 – une guerre serait fatale.
Le Hezbollah ajuste sa posture. Décimé en 2024, avec la mort de Hassan Nasrallah en septembre, son arsenal – 150 000 roquettes avant le conflit – est réduit (rapport IDF). Il dément les tirs de mars et avril, restant défensif. Sa capacité de riposte, éprouvée en 2006 avec des frappes sur Haïfa, reste crédible.
La population souffre. Les 50 frappes depuis mars (Al Bina’) alimentent la peur. À Dahiyeh, le raid du 1er avril, sans avertissement, révolte. Écoles et commerces ferment près de la frontière. La résilience libanaise s’effrite après des décennies de crises.
L’armée libanaise, sous-financée, reste en retrait. Avec 80 000 soldats mais un budget amputé de 70 % depuis 2020 (Banque mondiale), elle cède le terrain au Hezbollah. Les États-Unis promettent 200 millions de dollars en mars 2025 pour la renforcer, sans effet immédiat.
Scénarios d’évolution
Une escalade militaire menace. Israël pourrait cibler les bases du Hezbollah au Sud-Liban, comme en 2024, où 4 000 Libanais périssent (Al Jazeera). Le 7 avril, une frappe à Taybeh tue trois personnes, dont Muhammad Adnan Mansour, accusé d’attaques sur la Galilée. Une offensive d’ampleur relancerait un conflit total.
Washington pourrait freiner Israël. Garants du cessez-le-feu, les États-Unis limitent les opérations israéliennes. La visite d’Ortagus en avril renforce cette ligne. Un accord avec l’Iran accentuerait cette pression sur Netanyahou.
La diplomatie offre une alternative. La France et le Qatar, médiateurs en 2024, pourraient relancer des pourparlers. Joseph Aoun, lors de sa visite à Paris le 28 mars 2025, plaide pour un renforcement de la FINUL (Reuters). La méfiance mutuelle freine les avancées.
Les acteurs en jeu : forces et faiblesses
- Israël : Une armée puissante, mais liée à Washington.
- Hezbollah : Affaibli, mais dissuasif et influent.
- Liban : Fragile, tiraillé entre divisions et pressions.
- États-Unis : Clé de la désescalade, focalisés sur l’Iran.
Données récentes : un conflit en chiffres
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Morts libanais (2024) | 4 000 | Al Jazeera |
| Déplacés sud-libanais | 100 000 | ONU |
| Frappes israéliennes (2025) | 50+ depuis mars | Al Bina’ |
| Roquettes depuis Liban (2025) | 10+ | Al Liwa’ |
Ces chiffres illustrent l’intensité du conflit récent. Chaque frappe ou roquette rapproche la région d’un basculement.
Les violations du cessez-le-feu : une spirale dangereuse
Le cessez-le-feu de 2024 prévoit un retrait israélien et une démilitarisation du Sud-Liban par l’armée libanaise. Israël maintient pourtant des positions, violant l’accord, selon Beyrouth. Les roquettes du 22 mars, non revendiquées, justifient les frappes de Tsahal. Le Hezbollah accuse des provocateurs.
Le raid du 1er avril à Dahiyeh, sans préavis, scandalise. Le 7 avril, l’attaque à Taybeh exaspère. Anadolu Agency rapporte que Tsahal défend ces actions comme « préventives ». Cette spirale fragilise l’accord.
Les répercussions régionales et internationales
L’Iran condamne les frappes. Le 4 avril, Téhéran dénonce l’assassinat de Farhat comme une « agression sioniste » (IRNA). Une intervention directe est improbable, mais des livraisons d’armes pourraient reprendre. La Russie, en Syrie, guette une opportunité.
L’UE s’alarme. Le 8 avril, Josep Borrell appelle à respecter le cessez-le-feu, promettant 500 millions d’euros pour le Liban. La France, liée à Beyrouth, intensifie sa diplomatie : Joseph Aoun rencontre Macron à Paris le 28 mars (Reuters



