Le Liban, sans président depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre 2022, pourrait voir une sortie de crise politique après l’annonce par le président du Parlement, Nabih Berri, d’une élection présidentielle prévue pour le 9 janvier. Cette annonce intervient alors que le pays est embourbé dans un vide institutionnel depuis plus de deux ans, marqué par l’incapacité des deux blocs politiques majeurs – le Hezbollah et ses opposants – à obtenir une majorité suffisante pour élire un président.
La visite de Jean-Yves Le Drian
Jean-Yves Le Drian, envoyé spécial de la France pour le Liban, a déclaré vendredi qu’il était plus urgent que jamais d’élire un président et de relancer le processus institutionnel. Lors de sa visite, qui suit de près l’annonce d’un fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, Le Drian a affirmé à l’AFP : « Je suis venu au Liban immédiatement après l’annonce du cessez-le-feu pour exprimer le soutien de la France à sa pleine mise en œuvre et pour souligner l’urgence d’élire un président. »
Le Drian, nommé à ce poste par Emmanuel Macron en juin 2023, a multiplié les visites au Liban pour tenter de débloquer la situation politique. Vendredi, il a rencontré des responsables libanais ainsi que des diplomates étrangers de pays influents tels que les États-Unis, le Qatar, l’Arabie saoudite et l’Égypte, pour coordonner les efforts visant à résoudre la crise.
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Le rôle du Hezbollah et les enjeux
Le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a récemment déclaré que son parti jouerait « un rôle actif et efficace dans l’élection présidentielle ». Cette déclaration intervient dans un contexte où le Hezbollah, acteur clé de la scène politique libanaise, reste divisé avec ses adversaires sur le choix du prochain président.
En parallèle, le Premier ministre Najib Mikati a exprimé l’espoir que le cessez-le-feu marque « une nouvelle page pour le Liban », appelant à accélérer l’élection présidentielle pour stabiliser le pays.
L’implication internationale
La crise présidentielle libanaise attire une attention internationale croissante, notamment en raison des implications géopolitiques qu’elle pourrait avoir sur la région. La visite de Le Drian s’inscrit dans une série d’efforts diplomatiques menés par des puissances régionales et internationales pour sortir le Liban de l’impasse.
L’Arabie saoudite, traditionnellement influente au Liban, a appelé à des réformes structurelles avant d’apporter un soutien financier. Le Qatar et les États-Unis, pour leur part, ont également multiplié les initiatives pour favoriser un consensus autour d’un candidat à la présidence.
Vers une sortie de crise ?
L’annonce d’une élection présidentielle prévue le 9 janvier pourrait marquer un tournant. Cependant, de nombreux défis persistent :
- Le blocage politique : Les divisions profondes entre les partis libanais rendent difficile l’émergence d’un candidat consensuel.
- La crise économique : Le Liban traverse une crise financière sans précédent, aggravée par l’absence de gouvernance et les tensions politiques.
- La stabilité régionale : Le récent cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah reste fragile, et tout nouvel affrontement pourrait compliquer davantage la situation.



