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Joseph Aoun promet de réserver sa première visite d’état à l’Arabie saoudite

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Après deux années d’une vacance présidentielle qui ont plongé le Liban dans une crise politique sans précédent, l’élection de Joseph Aoun marque un tournant décisif pour le pays du Cèdre. Dès son entrée en fonction, le nouveau président a pris une décision hautement symbolique : il a promis au prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane (MBS), que son premier déplacement officiel serait consacré à l’Arabie saoudite. Cette annonce, faite lors d’un entretien téléphonique entre les deux hommes, reflète l’importance stratégique et diplomatique de Riyad dans les relations libanaises.

Une relation prioritaire avec le Golfe

La promesse de Joseph Aoun de visiter l’Arabie saoudite en premier lieu met en lumière le rôle historique et vital que joue ce pays dans les affaires libanaises. En tant que leader de facto du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Riyad est non seulement un acteur économique majeur dans la région, mais également un allié influent pour le Liban. Dans un contexte où les relations entre Beyrouth et plusieurs pays du Golfe se sont dégradées ces dernières années, cette décision envoie un signal fort : celui d’une volonté de rapprochement et d’apaisement. Depuis plusieurs décennies, l’Arabie saoudite a été un soutien financier clé pour le Liban, qu’il s’agisse d’investissements dans les infrastructures, de soutien humanitaire ou d’aides directes à son économie vacillante. Toutefois, ces relations se sont tendues en raison de l’influence croissante de Hezbollah, soutenu par l’Iran, ce qui a poussé Riyad à réduire son implication économique et politique. La promesse de Joseph Aoun de restaurer ces liens traduit donc une tentative de rétablir cette confiance perdue.

Contexte économique et politique libanais

Le Liban traverse actuellement l’une des pires crises économiques de son histoire moderne. Depuis 2019, le pays est embourbé dans une spirale de dévaluation monétaire, d’hyperinflation et d’effondrement bancaire. Plus de 80 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté, selon les estimations des Nations unies. Parallèlement, l’impasse politique a paralysé la capacité du gouvernement à mettre en œuvre des réformes essentielles, aggravant encore la situation. La vacance présidentielle de deux ans a exacerbé cette instabilité, laissant le Liban sans direction claire dans une période critique. L’élection de Joseph Aoun, saluée par de nombreux observateurs comme un choix pragmatique et rassembleur, offre une lueur d’espoir. Son engagement envers l’Arabie saoudite suggère qu’il envisage de rétablir les alliances internationales qui pourraient apporter un soutien économique et diplomatique indispensable.

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La stratégie derrière le rapprochement avec Riyad

La décision de faire de Riyad sa première destination officielle après son élection n’est pas anodine. L’Arabie saoudite a démontré, ces dernières années, sa capacité à influencer la dynamique régionale. En outre, elle reste un acteur clé pour mobiliser l’aide internationale en faveur du Liban. Les engagements du prince héritier Mohammed ben Salmane à promouvoir la stabilité au Moyen-Orient, notamment à travers des accords récents de réconciliation avec des rivaux tels que l’Iran, offrent une opportunité stratégique pour Beyrouth. En s’alignant sur Riyad, Joseph Aoun semble vouloir rassurer ses partenaires du Golfe sur le fait que le Liban est prêt à réduire l’influence iranienne dans ses affaires intérieures. Cependant, cette tâche s’annonce complexe, compte tenu de la puissance politique et militaire de Hezbollah, qui demeure un acteur incontournable sur la scène libanaise.

Une influence régionale en pleine mutation

L’annonce de Joseph Aoun intervient dans un contexte où l’Arabie saoudite redéfinit son rôle sur la scène internationale. Sous l’impulsion de Mohammed ben Salmane, le royaume adopte une approche proactive, combinant modernisation économique, réformes sociales et politique étrangère assertive. Cette transformation a permis à Riyad de renforcer son statut de puissance régionale incontournable. Le rapprochement entre l’Arabie saoudite et l’Iran, officialisé par un accord négocié en mars 2023, illustre cette nouvelle stratégie saoudienne. Pour le Liban, ce rapprochement offre un espoir de désescalade des tensions régionales, lesquelles ont souvent exacerbé les divisions internes du pays. En promettant de visiter Riyad, Joseph Aoun capitalise sur cette dynamique et tente d’assurer au Liban une place dans ce nouvel équilibre régional.

Défis internes : Hezbollah et divisions politiques

Malgré les espoirs suscités par son élection, Joseph Aoun devra composer avec un environnement politique profondément fracturé. Hezbollah, allié de l’Iran, reste un acteur puissant, et son influence est perçue comme un obstacle majeur par de nombreux pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite. Réduire cette influence tout en maintenant la stabilité interne représente un défi de taille pour le nouveau président. En outre, l’engagement de Joseph Aoun envers Riyad pourrait être interprété par certains comme un alignement excessif avec les intérêts saoudiens, au risque de provoquer des réactions négatives parmi les factions pro-iraniennes au Liban. Trouver un équilibre entre ces différentes forces sera crucial pour préserver l’unité nationale et éviter de nouvelles tensions.

Perspectives économiques : un soutien saoudien attendu

L’une des priorités immédiates de Joseph Aoun sera de solliciter un soutien économique de la part de Riyad. Le Liban a besoin d’investissements étrangers pour relancer son économie, en particulier dans des secteurs clés comme l’énergie, les infrastructures et la finance. L’Arabie saoudite, qui a longtemps été un contributeur majeur au développement libanais, pourrait jouer un rôle central à cet égard. Cependant, Riyad a clairement indiqué qu’elle conditionnerait toute aide future à la mise en œuvre de réformes structurelles et à une réduction de la corruption, un problème endémique au Liban. Le nouveau président devra donc démontrer sa capacité à engager de véritables changements pour restaurer la confiance des partenaires internationaux.

L’impact symbolique de la visite

En promettant de faire de l’Arabie saoudite sa première destination officielle, Joseph Aoun envoie également un message aux autres acteurs internationaux, notamment l’Europe et les États-Unis. Il affirme ainsi que le Liban, malgré ses défis internes, est prêt à renouer avec ses alliés traditionnels et à jouer un rôle constructif dans la région. Cette décision pourrait également encourager d’autres pays du Golfe, comme les Émirats arabes unis et le Koweït, à renforcer leurs relations avec Beyrouth. Un retour à une diplomatie équilibrée et active pourrait aider le Liban à sortir de son isolement et à retrouver une place dans le concert des nations.

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