La ville de Tyr a vu une grande partie de son front de mer détruit par des frappes israéliennes.
Selon un correspondant de l’Agence nationale d’information, l’aviation israélienne a mené une série de frappes aériennes sur la ville de Tyr, la deuxième vague en moins d’une semaine. Ces attaques s’inscrivent dans le cadre de l’intensification des hostilités le long de la frontière sud du Liban, où des affrontements continus opposent l’armée israélienne et des groupes de résistance libanais.
Les frappes sur Tyr, l’une des principales villes du sud du Liban, marquent une nouvelle escalade dans les opérations militaires, visant potentiellement des infrastructures stratégiques et des zones résidentielles. Cette intensification des attaques a suscité des craintes quant à la sécurité des civils dans la région, beaucoup d’entre eux étant contraints de se déplacer pour échapper aux bombardements.

Précédemment, l’armée israélienne avait émis un avertissement aux résidents de plusieurs rues d’une grande partie de la ville de Tyr au sud du Liban, incluant les rues Dr. Ali Khalil, Hiram, Mohammed al-Zayyat et Nabih Berri, les exhortant à quitter la zone immédiatement en raison des opérations militaires ciblant des positions et infrastructures présumées du Hezbollah. Les frappes se situent ainsi à moins de 200 – 300 mètres à vol d’oiseau des sites archéologiques de la localité pourtant classée au patrimoine mondial de l’Humanité.
Tyr et l’UNESCO : Un patrimoine mondial au cœur de l’histoire phénicienne
La ville de Tyr, située sur la côte sud du Liban, est l’une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, fondée par les Phéniciens il y a environ 3 000 ans. Son importance historique et archéologique lui a valu d’être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1984. Tyr abrite des vestiges significatifs de plusieurs civilisations, allant des périodes phénicienne et romaine aux époques byzantine et islamique.
Les sites historiques de Tyr
Le patrimoine de Tyr comprend des ruines impressionnantes, parmi lesquelles on trouve :
- L’hippodrome romain : L’un des plus grands et mieux conservés au monde, il témoigne de l’importance de Tyr durant la période romaine.
- La nécropole : Elle contient de nombreuses tombes et sarcophages sculptés, qui illustrent les pratiques funéraires anciennes.
- La voie triomphale et l’arc monumental : Des éléments d’architecture romaine qui symbolisent la grandeur de la ville antique.
- Les vestiges phéniciens : Ils rappellent le rôle de Tyr en tant que centre de commerce maritime et de colonisation, notamment à travers ses liens avec Carthage et la Méditerranée occidentale. Une de ses princesses donnera notamment son nom au continent Européen.
La valeur patrimoniale de Tyr
Tyr est un témoin majeur de l’urbanisme, de l’art et de l’ingénierie de l’Antiquité. Son port a joué un rôle central dans l’extension de la civilisation phénicienne à travers le commerce maritime, et la ville est souvent mentionnée dans des textes historiques anciens, dont la Bible. Les fouilles archéologiques ont mis en lumière la richesse de ses couches culturelles, faisant de Tyr une ville où se mêlent les influences de plusieurs empires et civilisations successifs. Pour le moment on ignore quels sont les dégâts infligés aux sites archéologiques de la ville.



