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L’armée libanaise peut-elle à la fois être présente au Sud du Liban dans le cadre de la 1701 et protéger la frontière avec la Syrie face aux tentatives d’infiltration de groupes salafistes ?

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Depuis la fin de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, la résolution 1701 des Nations unies impose à l’armée libanaise de déployer ses forces dans le sud du pays aux côtés de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban). Cette présence vise à garantir la sécurité et à empêcher toute violation de la frontière avec Israël.

Cependant, l’armée libanaise doit également faire face à un autre défi majeur : la sécurisation de la frontière avec la Syrie. Cette région est régulièrement confrontée à des tentatives d’infiltration par des groupes armés, notamment des factions salafistes opérant dans le contexte de la guerre civile syrienne alors que la guerre en Syrie semble se relancer dans la partie nord de ce pays.

La question se pose alors : l’armée libanaise dispose-t-elle des ressources humaines et matérielles nécessaires pour gérer ces deux fronts simultanément ?

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Le rôle de l’armée libanaise au Sud dans le cadre de la résolution 1701

La résolution 1701 des Nations unies, adoptée en 2006 après le conflit entre Israël et le Hezbollah, impose à l’armée libanaise un déploiement massif au sud du pays. Ce déploiement de 10 000 hommes à terme convenu dans le cadre du cessez-le-feu accepté par les 2 pays le 26 novembre 2024 est destiné à garantir une zone tampon exempte de toute présence militaire autre que celle de l’État libanais et des forces de la FINUL.

  1. Responsabilités principales
    L’armée libanaise collabore étroitement avec la FINUL pour surveiller la Ligne bleue, maintenir la stabilité et prévenir les escalades militaires. Cela inclut des patrouilles régulières, des points de contrôle et une surveillance des mouvements suspects près de la frontière israélienne.
  2. Limites opérationnelles
    Cependant, l’armée libanaise fait face à des contraintes importantes au Sud. Selon Al-Joumhouria (30 novembre 2024), les effectifs déployés dans cette région sont limités en raison du manque de financement et d’équipements modernes. De plus, la coopération avec la FINUL, bien qu’efficace dans certains cas, est souvent entravée par des tensions avec les communautés locales et des pressions politiques.
  3. Impact des tensions avec Israël
    Les récents affrontements entre le Hezbollah et Israël, ainsi que les incursions israéliennes signalées dans les médias, ont mis en lumière la difficulté pour l’armée libanaise de maintenir une position neutre tout en contrôlant les tensions. Comme le rapporte Al-Nahar (30 novembre 2024), ces défis compliquent davantage la mission de l’armée dans une région politiquement et militairement sensible.

La sécurisation de la frontière avec la Syrie

En parallèle de ses responsabilités au Sud, l’armée libanaise est confrontée à une menace croissante le long de sa frontière avec la Syrie. Depuis le début de la guerre civile syrienne, cette région est devenue un point d’infiltration pour des groupes armés, notamment des factions salafistes et djihadistes.

  1. Principaux défis sécuritaires
    La frontière libano-syrienne, longue et poreuse, est un terrain propice aux infiltrations. Selon Al-Nahar (30 novembre 2024), des groupes salafistes comme Hay’at Tahrir al-Sham (anciennement Front al-Nosra) et des cellules affiliées à Daech tentent régulièrement de pénétrer dans le territoire libanais. Ces infiltrations visent principalement les régions de l’Hermel et du Akkar, où la présence de l’État est souvent faible.
  2. Opérations militaires et contrôle des points sensibles
    L’armée libanaise a mené plusieurs opérations pour sécuriser cette frontière, notamment dans les hauteurs de Qalamoun et Arsal. Ces campagnes, bien que réussies à court terme, ont nécessité des ressources importantes. Al-Joumhouria souligne que les unités militaires engagées dans ces régions sont souvent surchargées, devant à la fois contrôler les infiltrations, surveiller les réseaux de contrebande et protéger les populations locales.
  3. Coordination limitée avec la Syrie
    Un autre défi majeur est l’absence de coordination effective avec le régime syrien. Bien que Damas reste officiellement un partenaire sécuritaire du Liban, les tensions politiques rendent toute collaboration difficile. Cette situation oblige l’armée libanaise à opérer de manière isolée, augmentant la pression sur ses capacités logistiques et opérationnelles.

La sécurisation de la frontière syrienne reste donc un défi crucial pour l’armée, nécessitant des ressources que ses engagements au Sud rendent encore plus difficiles à mobiliser.

Défis logistiques et limitations des ressources

Les responsabilités de l’armée libanaise sur deux fronts – au Sud dans le cadre de la résolution 1701 et à la frontière avec la Syrie – mettent en lumière des défis logistiques majeurs. Ces contraintes limitent considérablement la capacité de l’armée à répondre efficacement aux menaces.

  1. Effectifs insuffisants
    Selon Al-Nahar (30 novembre 2024), l’armée libanaise souffre d’un sous-effectif chronique, en grande partie dû aux restrictions budgétaires et à l’émigration de personnel qualifié. Les soldats en service sont souvent déployés dans des zones sensibles sans roulement adéquat, ce qui entraîne une fatigue opérationnelle et une baisse de moral.
  2. Manque d’équipement
    Les équipements de l’armée, notamment les véhicules blindés, les drones de surveillance et les armes de précision, sont souvent obsolètes ou en quantité insuffisante. Al-Joumhouria rapporte que plusieurs demandes d’aide militaire internationale, en particulier des États-Unis et de la France, sont restées sans réponse en raison des préoccupations liées à l’influence du Hezbollah au Liban.
  3. Problèmes de financement
    La crise économique qui frappe le Liban depuis 2019 a gravement affecté le financement de l’armée. Les salaires des soldats ont été réduits en raison de la dévaluation de la livre libanaise, ce qui a entraîné des départs massifs. Les ressources nécessaires pour entretenir les équipements et financer les opérations sur le terrain sont également devenues rares.
  4. Double pression des fronts
    Comme l’indique Al-Joumhouria, l’obligation de maintenir une présence importante au Sud tout en renforçant la sécurité à la frontière syrienne crée une situation où l’armée est constamment sous pression. Cette double mobilisation entraîne un affaiblissement global de ses capacités opérationnelles, rendant difficile une réponse rapide et efficace en cas d’escalade majeure sur l’un des deux fronts.

Ces défis mettent en évidence la nécessité de réformes structurelles et d’un soutien international accru pour permettre à l’armée libanaise de remplir efficacement ses missions.

Conséquences stratégiques pour le Liban

La difficulté de l’armée libanaise à gérer simultanément les fronts sud et syrien a des conséquences majeures pour la stabilité et la sécurité du pays. Ces défis mettent en lumière des implications stratégiques profondes pour le Liban.

  1. Risque d’escalade au Sud
    L’incapacité de l’armée à jouer pleinement son rôle au Sud pourrait exacerber les tensions avec Israël. Selon Al-Nahar (30 novembre 2024), Israël considère l’armée libanaise comme un acteur clé pour contenir les activités du Hezbollah. Si l’armée se montre inefficace, Israël pourrait intensifier ses frappes préventives, augmentant ainsi les risques d’un conflit ouvert.
  2. Vulnérabilité face aux infiltrations salafistes
    L’absence de contrôle rigoureux à la frontière syrienne pourrait permettre aux groupes salafistes de renforcer leur présence au Liban. Comme le souligne Al-Joumhouria, cela pourrait non seulement déstabiliser les régions frontalières, mais aussi créer des foyers de radicalisation susceptibles de menacer la sécurité nationale à long terme.
  3. Fragilisation de la souveraineté nationale
    Le rôle affaibli de l’armée libanaise alimente les critiques sur l’érosion de la souveraineté du pays. Certains analystes, cités dans Al-Joumhouria, estiment que cette faiblesse renforce la dépendance du Liban envers des acteurs non étatiques comme le Hezbollah, qui intervient parfois pour combler les lacunes sécuritaires, mais à un coût politique élevé.
  4. Défi pour l’aide internationale
    L’incapacité de l’armée à gérer ses missions pourrait compliquer davantage l’obtention d’un soutien international. Les bailleurs de fonds, comme les États-Unis et les pays européens, pourraient hésiter à fournir une assistance à une institution perçue comme inefficace ou incapable de garantir la stabilité régionale.

Ces conséquences stratégiques soulignent l’urgence pour le Liban de repenser la gestion de ses ressources militaires et d’obtenir un soutien international ciblé pour renforcer ses capacités.


Pour répondre aux défis croissants auxquels l’armée libanaise est confrontée, des solutions structurelles et stratégiques sont nécessaires afin de renforcer sa capacité à gérer simultanément les fronts sud et syrien.

  1. Renforcement des effectifs et des équipements
    Une priorité essentielle est de renforcer les effectifs de l’armée et de moderniser ses équipements. Selon Al-Nahar(30 novembre 2024), cela pourrait inclure une mobilisation de la diaspora libanaise pour fournir un soutien financier direct et une intensification des partenariats militaires internationaux avec des pays comme la France et les États-Unis.
  2. Soutien international accru
    Le Liban pourrait plaider pour un soutien accru auprès des Nations unies, notamment dans le cadre de la FINUL. Al-Joumhouria rapporte que l’implication internationale pourrait inclure une assistance technique, la formation des forces locales et la fourniture d’équipements de surveillance avancés pour contrôler efficacement les frontières.
  3. Coordination avec la Syrie
    Bien que politiquement sensible, une coopération renforcée avec le régime syrien pourrait être envisagée pour sécuriser les zones frontalières. Des accords bilatéraux sur le contrôle des infiltrations et la lutte contre les groupes armés pourraient réduire la pression sur l’armée libanaise.
  4. Développement d’une force de réserve stratégique
    Pour soulager les unités déployées en permanence, le Liban pourrait créer une force de réserve stratégique, capable d’être rapidement mobilisée en cas de crise sur l’un des fronts. Cette force, composée de soldats actifs et d’anciens militaires, pourrait être entraînée et équipée spécifiquement pour des missions ponctuelles.
  5. Réformes économiques pour stabiliser le financement militaire
    La stabilisation de l’économie libanaise est indispensable pour garantir un financement durable des forces armées. Cela inclut des mesures pour réduire la corruption, augmenter les revenus fiscaux et réallouer les budgets vers les priorités de défense.

Ces solutions nécessitent cependant une volonté politique claire et un soutien concerté de la communauté internationale pour permettre à l’armée libanaise de remplir ses missions essentielles, ce qui est loin d’être assuré.

La double mission de l’armée libanaise, entre le maintien de la sécurité au Sud dans le cadre de la résolution 1701 et la protection de la frontière avec la Syrie, met en évidence les limites structurelles auxquelles elle est confrontée. Si l’armée reste une institution centrale pour la stabilité du Liban, sa capacité à répondre efficacement à ces deux défis est mise à rude épreuve par des contraintes financières, humaines et logistiques.

Les implications de cette situation sont profondes :

  1. Risque accru d’instabilité
    L’incapacité de l’armée à gérer ces deux fronts de manière équilibrée pourrait aggraver l’instabilité, en particulier dans les régions frontalières où les infiltrations salafistes représentent une menace croissante.
  2. Renforcement des acteurs non étatiques
    Un affaiblissement de l’armée pourrait également renforcer le rôle d’acteurs non étatiques comme le Hezbollah, accentuant les divisions internes au Liban et fragilisant davantage la souveraineté nationale.
  3. Importance d’une réponse internationale
    Le soutien international, notamment par le biais d’une aide militaire ciblée et de pressions diplomatiques, sera crucial pour permettre au Liban de surmonter ces défis.

L’avenir de l’armée libanaise dépendra de sa capacité à s’adapter aux réalités stratégiques actuelles tout en bénéficiant d’un soutien accru de la communauté internationale. Un échec dans ce domaine pourrait entraîner des répercussions durables sur la stabilité du Liban et sa position dans la région.

Références:

  1. Al-Nahar, « Les défis de l’armée libanaise face aux menaces régionales », 30 novembre 2024.
  2. Al-Joumhouria, « Sécuriser deux fronts : le casse-tête de l’armée libanaise », 30 novembre 2024.
  3. Fondation Carnegie, « Stabilité au Liban : le rôle de l’armée dans un contexte tendu », novembre 2024.
  4. Human Rights Watch, « Sécurité et droits humains au Liban », novembre 2024.

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1 COMMENTAIRE

  1. Depuis 2007, 20 000 incursions israéliennes par les airs au dessus du Liban….! 20 000 !! Comment se fait il que depuis toutes années aucun homme politique, aucun militaire haut gradé n’ait réussit à doter le Liban d’armes, de missiles anti aériens, de radars de détection d’entrée….? Rien ! C’est tout de même choquant de voir autant de paresse dans la classe politiques gouvernante libanaise…alors que des pays comme la Russie ou l’Iran peuvent doter le Liban « à moindre frais » de missiles sol-air efficaces pour détruire ou chasser des avions de combat sionistes ..depuis 2007 tout de même! Et pourquoi toujours se tourner vers la France ou les USA qui se moquent royalement du Liban et donc des Libanais! Il serait peut être temps de soulever de manière répétée ces questions sécuritaires tout de même importantes et essentielles auprès de la classe politique Parlement ou Gouvernement….la population libanais n’est en rien protégée du tout quand on voit la férocité de la malfaisance judéo israélienne que ce soit sur Beyrouth ou à Gaza..et même les autorités libanaises qui parlent souvent dans le vide peuvent disparaitre sous les bombes en moins de 5 secondes et ce n’est pas du cinéma! Quelle corruption ou quelle paresse au sommet du pouvoir pour n’avoir rien bâtit du tout en matière de sécurité aérienne..? C’est vraiment une Honte de voir cela de nos jours et on se demande comment vous au Liban vous pouvez supporter autant d’abrutis paresseux sans cervelle au haut sommet de l’État.. de la même façon que vous êtes paresseux car jamais vous ne semblez interpeller la classe politique ou militaire sur ces questions stratégiques importantes! Il faut cela change enfin et pour de bon !!

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