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Le 23 février, le Hezbollah rendra hommage à Nasrallah et Safieddine

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Le Hezbollah a annoncé que les funérailles de Hassan Nasrallah, ancien secrétaire général du mouvement, et de Hashem Safieddine, son successeur désigné, auront lieu le 23 février 2025. Ces deux figures majeures du Hezbollah ont été tuées lors de frappes aériennes israéliennes en septembre et octobre 2024, marquant un tournant majeur dans le conflit opposant Israël au groupe chiite libanais.

Mort de Hassan Nasrallah : une frappe aérienne israélienne ciblée

Le 27 septembre 2024, une frappe aérienne israélienne a visé le quartier général du Hezbollah à Dahieh, banlieue sud de Beyrouth, un bastion stratégique du mouvement. Hassan Nasrallah, à la tête du Hezbollah depuis 1992, a perdu la vie lors de cette attaque.

Les premières informations suggèrent qu’il aurait succombé à l’inhalation de fumées toxiques après être resté coincé sous les décombres. D’autres sources évoquent des blessures mortelles causées par l’explosion. Son décès a été confirmé par le Hezbollah et les autorités libanaises dès le lendemain, plongeant la région dans un climat de forte tension.

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Assassinat de Hashem Safieddine : un autre coup dur pour le Hezbollah

Après la disparition de Nasrallah, Hashem Safieddine, alors chef du Conseil exécutif du Hezbollah, était pressenti pour lui succéder. Mais le 3 octobre 2024, une nouvelle frappe israélienne a ciblé un bunker souterrain à Dahieh, où Safieddine dirigeait une réunion de haut niveau.

Cette attaque a entraîné la mort de Safieddine et de plusieurs cadres du Hezbollah, dont Hussein Ali Hazimeh, chef du renseignement du mouvement. Au total, 25 hauts responsables auraient été tués.

Le Hezbollah a officialisé la mort de Safieddine le 23 octobre 2024, confirmant ainsi que l’organisation venait de perdre deux de ses principaux dirigeants en l’espace d’un mois.

Un vide de pouvoir au sein du Hezbollah

Les assassinats de Hassan Nasrallah et Hashem Safieddine ont constitué un coup dur pour le Hezbollah, ébranlant la structure même de son commandement. Hassan Nasrallah, à la tête du mouvement depuis plus de 30 ans, incarnait la stratégie et l’idéologie du Hezbollah, tout en maintenant une relation étroite avec l’Iran et les autres alliés régionaux. Son élimination a laissé un vide de pouvoir, que l’organisation a dû combler en urgence pour éviter toute désorganisation.

Quant à Hashem Safieddine, son rôle au sein du Conseil exécutif du Hezbollah en faisait un successeur naturel. Son décès seulement quelques jours après Nasrallah a aggravé la situation, laissant l’organisation sans chef clairement désigné et augmentant le risque de luttes internes pour la succession.

L’élection rapide de Naim Qassem : un choix de continuité

Face à cette crise sans précédent, le Hezbollah a dû agir rapidement pour rassurer ses partisans et préserver sa structure de commandement. Le 29 octobre 2024Naim Qassem, adjoint historique de Nasrallah et membre fondateur du Hezbollah, a été élu nouveau secrétaire général du mouvement.

Le choix de Naim Qassem s’inscrit dans une volonté de continuité. Considéré comme un idéologue pragmatique, il a été pendant des années l’un des architectes de la stratégie du Hezbollah, tant sur le plan militaire que politique. Sa proximité avec l’Iran et sa gestion des affaires internes du mouvement lui confèrent une légitimité certaine, bien que son autorité ne soit pas aussi incontestable que celle de Nasrallah.

Cependant, l’accession de Qassem au poste de secrétaire général intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par des défis majeurs qui menacent l’avenir du Hezbollah et son rôle au Liban.

Depuis l’assassinat de Hassan Nasrallah, les tensions entre Israël et le Hezbollah sont montées en flèche. Les frappes israéliennes ayant ciblé le commandement du mouvement ont été perçues comme une déclaration de guerre, et plusieurs observateurs redoutent une escalade militaire imminente.

  • Israël a justifié ces attaques comme des mesures préventives pour affaiblir les capacités du Hezbollah et empêcher une riposte coordonnée après l’élimination de Nasrallah.
  • Le Hezbollah, bien que fragilisé, a promis de venger ses dirigeants et continue de lancer des attaques sporadiques contre des positions israéliennes dans le nord du pays.
  • L’armée israélienne a renforcé sa présence à la frontière nord, tandis que le Hezbollah maintient un niveau d’alerte élevé, préparant ses forces à d’éventuelles représailles.

La question qui se pose désormais est de savoir si Naim Qassem adoptera une ligne dure, en lançant une offensive militaire contre Israël, ou s’il cherchera au contraire à éviter une guerre totale, qui pourrait affaiblir encore plus le Hezbollah et le Liban dans son ensemble.

Le Hezbollah ne se bat pas seulement sur le plan militaire, mais aussi sur le front économique. Depuis la crise financière de 2019, le Liban traverse une des pires récessions de son histoire, et le Hezbollah n’échappe pas aux difficultés économiques.

  • Les sanctions internationales contre le Hezbollah et ses alliés ont considérablement réduit les sources de financement du mouvement, notamment les fonds en provenance d’Iran.
  • Les donateurs locaux et les réseaux de financement parallèles du Hezbollah, qui reposaient sur des activités économiques dans le secteur privé libanais et les communautés chiites à l’étranger, ont également été affectés par l’effondrement du système bancaire libanais.
  • Le coût des opérations militaires du Hezbollah, notamment son implication en Syrie et ses investissements dans des infrastructures paramilitaires, pèse de plus en plus lourdement sur les ressources financières du mouvement.

Le Hezbollah a toujours été un acteur clé de l’axe Iran-Syrie, servant de bras armé de l’Iran au Liban et de pont stratégique avec Damas. La mort de Nasrallah et de Safieddine oblige aujourd’hui les alliés du Hezbollah à ajuster leur stratégie, ce qui pourrait affecter l’autonomie du mouvement sous la direction de Naim Qassem.

  • L’Iran, principal soutien du Hezbollah, a vu dans la mort de Nasrallah une perte stratégique importante. Téhéran pourrait chercher à renforcer son contrôle sur le mouvement en influençant davantage ses décisions militaires et politiques.
  • La Syrie, alliée historique du Hezbollah, est en pleine recomposition politique et militaire après des années de guerre. Damas pourrait voir dans la transition de leadership une occasion de redéfinir sa relation avec le Hezbollah et d’exiger une plus grande implication dans certains dossiers régionaux.
  • Divergences stratégiques potentielles : Naim Qassem, bien qu’étroitement lié à l’Iran, pourrait avoir une approche plus pragmatique que Nasrallah, notamment en ce qui concerne la gestion des conflits avec Israël et les équilibres internes au Liban.

Ces ajustements pourraient modifier la politique étrangère du Hezbollah, notamment en ce qui concerne les opérations militaires transfrontalières, les relations avec les autres factions libanaises et la participation aux négociations régionales.

Les funérailles du 23 février : un symbole fort pour le Hezbollah

La cérémonie prévue le 23 février 2025 revêt une importance capitale pour le Hezbollah et ses partisans. Elle sera l’occasion pour le mouvement de :

  • Rendre hommage à Nasrallah et Safieddine, perçus comme des figures centrales de la résistance contre Israël.
  • Réaffirmer son unité et sa force malgré la perte de ses deux dirigeants emblématiques.
  • Envoyer un message politique et militaire, tant à Israël qu’à ses adversaires internes et régionaux.

Ces funérailles seront suivies de près par la communauté internationale, alors que le spectre d’une confrontation directe entre Israël et le Hezbollah demeure élevé. L’avenir du Liban et de la région dépendra en grande partie des décisions que prendra la nouvelle direction du mouvement sous l’autorité de Naim Qassem.

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Newsdesk Libnanews
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