mardi, février 10, 2026

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Le bloc ‘Liban Fort’ adopte des mesures face aux obstacles au vote des expatriés pour les élections de mai 2026

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Le bloc parlementaire ‘Liban Fort’, présidé par le député Gebran Bassil, a tenu une réunion ce mardi pour examiner les perspectives des élections parlementaires prévues en mai prochain, dans un contexte marqué par de multiples signes alarmants quant à leur tenue régulière. Selon un communiqué officiel émanant du bloc, la discussion s’est centrée sur les indicateurs négatifs qui entourent cet échéance électorale, en particulier les dysfonctionnements liés au processus de vote des Libanais de la diaspora et les infractions apparentes à la législation en vigueur. À l’issue de ces délibérations, le bloc a pris une série de décisions et de mesures concrètes, dont les détails seront révélés par Gebran Bassil lors d’une conférence de presse programmée pour ce mercredi à 17 heures. Cette annonce intervient à un moment critique, alors que le Liban traverse une phase de reconstruction post-conflit avec Israël, marquée par des tensions internes persistantes et une instabilité économique chronique.

Les participants à la réunion, issus du Tiyar al-Watani al-Horr (Courant patriotique libre, CPL), ont exprimé une préoccupation particulière concernant les modalités du scrutin pour les expatriés. Le communiqué souligne que ces indicateurs négatifs incluent des retards dans l’enregistrement des votants à l’étranger et des soupçons de manipulations visant à limiter leur participation effective. Gebran Bassil, en sa qualité de président du bloc, a été mandaté pour exposer publiquement ces résolutions, qui pourraient inclure des recours judiciaires ou des appels à des instances internationales pour garantir le respect de la loi électorale. Cette initiative reflète les enjeux élevés des élections de 2026, qui détermineront la composition du Parlement et influenceront potentiellement la formation d’un nouveau gouvernement, dans un pays où le vide présidentiel persiste depuis octobre 2022.

Les indicateurs négatifs entourant le scrutin

Les préoccupations du bloc ‘Liban Fort’ s’inscrivent dans un panorama plus large de défis logistiques et politiques qui menacent la crédibilité des élections parlementaires. D’après les données du ministère de l’Intérieur, publiées en janvier 2026, seulement environ 250 000 Libanais expatriés se sont inscrits sur les listes électorales avant la date limite du 31 décembre 2025, un chiffre en baisse par rapport aux 225 000 votants effectifs lors du scrutin de 2022, malgré une diaspora estimée à plus de 10 millions de personnes. Ce faible taux d’inscription est attribué en partie à l’ambiguïté persistante autour des modalités de vote : la loi électorale de 2017 prévoit la création d’un 16e district dédié à la diaspora, avec six sièges réservés (un par continent habité), mais cette disposition n’a jamais été appliquée. Au lieu de cela, lors des élections de 2018 et 2022, les expatriés ont pu voter pour l’ensemble des 128 sièges parlementaires, en fonction de leur district d’origine au Liban.

Cette année, un clivage profond divise la classe politique sur cette question. Une proposition d’amendement, soutenue par 68 députés – soit plus de la moitié du Parlement – vise à suspendre l’article 112 de la loi de 2017 et à permettre aux expatriés de voter à nouveau pour les 128 sièges. Parmi les signataires figurent des représentants des Forces libanaises, du Parti socialiste progressiste et d’indépendants issus du mouvement de protestation d’octobre 2019. Cependant, le président du Parlement, Nabih Berri, allié du Hezbollah et chef du mouvement Amal, a refusé d’inscrire cet amendement à l’ordre du jour des sessions législatives, arguant que toute modification substantielle nécessite un consensus plus large. Dans une déclaration faite le 29 octobre 2025, Berri a affirmé que « le respect de la loi électorale telle qu’adoptée en 2017 est essentiel pour éviter toute instabilité supplémentaire », tout en soulignant les difficultés d’organisation pour un vote élargi à l’étranger.

Cette position a suscité des accusations d’obstruction de la part de l’opposition. Le député Sami Gemayel, leader du parti Kataeb, a déclaré lors d’une intervention télévisée le 5 novembre 2025 que « limiter le vote des expatriés à six sièges équivaut à marginaliser une partie vitale de la nation libanaise, qui contribue annuellement à plus de 7 milliards de dollars en transferts financiers ». En effet, selon un rapport de la Banque mondiale daté de décembre 2025, les remises des expatriés représentent environ 14 % du PIB libanais, un soutien crucial dans un contexte où l’économie a contracté de plus de 50 % depuis 2019. Le bloc ‘Liban Fort’ partage ces craintes, voyant dans ces restrictions une tentative de « tayer » (voler) les droits des émigrés, comme l’a formulé une source proche du CPL dans un communiqué du 21 janvier 2026.

Le débat sur le vote des expatriés et ses implications confessionnelles

Au cœur de ce débat se trouve une dimension confessionnelle sensible, qui reflète les équilibres fragiles du système politique libanais. La diaspora libanaise est majoritairement chrétienne, avec des communautés importantes en Amérique du Nord, en Europe et en Australie, où les émigrés maronites, orthodoxes et catholiques prédominent. Selon des estimations du ministère des Affaires étrangères libanais en 2025, environ 60 % des expatriés inscrits pour voter en 2022 provenaient de ces groupes, ce qui pourrait influencer les sièges réservés aux chrétiens dans le Parlement (64 sur 128, selon la répartition confessionnelle établie par l’accord de Taëf en 1989). Les partisans de la limitation à six sièges, principalement le duo chiite Amal-Hezbollah, craignent que un vote élargi ne renforce l’opposition chrétienne, potentiellement au détriment de leurs alliés.

Gebran Bassil, lui-même maronite et ancien ministre des Affaires étrangères, a souvent défendu les intérêts de la diaspora. Lors d’une réunion du bloc ‘Liban Fort’ le 21 janvier 2026, des sources internes ont rapporté que Bassil a qualifié le projet de report des élections d’une « couverture pour priver les expatriés de leurs droits », en référence à des rumeurs persistantes de décalage du scrutin en raison des retombées du conflit avec Israël. Ce conflit, qui a pris fin avec un cessez-le-feu en novembre 2024, a laissé des traces : plus de 3 000 morts civils, des destructions estimées à 15 milliards de dollars dans le sud du Liban, et un déplacement de plus d’un million de personnes. Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, a priorisé la reconstruction, avec un plan d’aide internationale conditionné à des réformes, mais les tensions électorales risquent de compliquer ces efforts.

Historiquement, le vote des expatriés a évolué. Introduit pour la première fois en 2018, il a permis une participation de 82 970 votants à l’étranger, augmentant à 225 000 en 2022 malgré la pandémie de Covid-19 et la crise économique. Le ministère de l’Intérieur a ouvert les inscriptions en octobre 2025, avec des centres de vote prévus dans 59 pays, mais les retards techniques – tels que des problèmes avec la plateforme électronique d’enregistrement – ont été signalés par le superviseur des élections, le juge Vatche Kourtjian. Dans un rapport soumis au Parlement le 15 décembre 2025, Kourtjian a noté que « sans clarification légale rapide, le processus risque de confusion et de litiges », citant des plaintes de 15 000 expatriés concernant des erreurs administratives.

Le rôle du bloc ‘Liban Fort’ dans le paysage politique libanais

Le bloc ‘Liban Fort’, fort de 14 députés issus du CPL, représente une force chrétienne significative au Parlement. Fondé par l’ancien président Michel Aoun en 2005, le mouvement s’est allié au Hezbollah en 2006 via un mémorandum d’entente, qui a permis à Aoun d’accéder à la présidence en 2016. Gebran Bassil, gendre d’Aoun et leader du CPL depuis 2015, a occupé plusieurs portefeuilles ministériels, dont l’Énergie et les Affaires étrangères, où il a promu des politiques de rapatriement des réfugiés syriens – un thème récurrent dans ses discours. En avril 2025, Bassil a réitéré lors d’un rassemblement commémorant le retrait syrien de 2005 que « la présence des réfugiés syriens constitue une occupation déguisée », appelant à leur retour immédiat avant les élections pour éviter toute interférence.

Cependant, les relations avec le Hezbollah se sont tendues récemment. Lors des élections de 2022, le bloc a perdu des sièges, passant de 29 à 17, en partie en raison de la fragmentation chrétienne et des protestations contre la corruption. Le Hezbollah et ses alliés ont perdu leur majorité parlementaire (passant de 71 à 62 sièges), favorisant l’émergence de 13 députés indépendants issus du mouvement d’octobre 2019. Bassil, sanctionné par les États-Unis en 2020 pour corruption présumée, a repositionné son bloc comme une « opposition positive » depuis la formation du gouvernement Salam en février 2025, où le CPL n’a pas participé pour la première fois en près de 20 ans. Dans une interview accordée le 13 février 2025, Bassil a déclaré que « le gouvernement doit se concentrer sur les réformes, mais les élections parlementaires restent la priorité pour restaurer la légitimité ».

Les dynamiques régionales et internationales influençant les élections

Les élections de 2026 se déroulent dans un contexte géopolitique chargé. Le cessez-le-feu avec Israël, supervisé par les États-Unis et la France, inclut le déploiement renforcé de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) et de l’armée libanaise au sud du Litani, conformément à la résolution 1701 de l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré lors d’une conférence de presse le 10 décembre 2025 que « des élections transparentes et inclusives sont essentielles pour stabiliser le Liban et appliquer les réformes demandées par la communauté internationale ». Les États-Unis ont introduit un projet de loi en février 2026, le « Lebanon Election Integrity and Diaspora Voting Protection Act », proposé par les représentants Darin LaHood et Darrell Issa, visant à sanctionner toute entité obstruant le processus électoral, y compris les restrictions au vote des expatriés. Ce texte, qui considère ces obstructions comme une menace à la sécurité nationale américaine, cible implicitement des figures comme Nabih Berri.

Au niveau régional, l’Iran, principal soutien du Hezbollah, suit de près ces développements. Lors d’une visite à Beyrouth en janvier 2026, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rencontré des leaders chiites, réaffirmant le soutien de Téhéran à la stabilité libanaise. De son côté, l’Arabie saoudite, qui a renoué des liens avec le Liban via des aides humanitaires post-conflit, conditionne son engagement économique à des élections libres. Un rapport du Fonds monétaire international (FMI) daté de janvier 2026 estime que le Liban a besoin de 3 milliards de dollars pour relancer son économie, mais insiste sur la lutte contre la corruption, évaluée à 4,5 milliards de dollars annuels en pertes selon la Banque mondiale.

Les préparatifs électoraux et les défis logistiques

Malgré ces tensions, les préparatifs avancent. Le ministre de l’Intérieur, Bassam Mawlawi, a annoncé le 14 janvier 2026 l’ouverture des candidatures jusqu’au 10 mars, avec des élections fixées au 10 mai pour les résidents, et aux 1er et 3 mai pour les expatriés. Plus de 4 000 centres de vote sont prévus au Liban, avec un budget alloué de 50 millions de dollars, financé en partie par l’Union européenne. Cependant, des défis persistent : l’inflation à 150 % en 2025 a érodé les salaires des fonctionnaires électoraux, et les coupures d’électricité chroniques pourraient perturber le dépouillement électronique.

Le bloc ‘Liban Fort’ a également critiqué les retards dans la mise en œuvre de la carte biométrique pour les votants, promise depuis 2017 mais toujours incomplète. Lors d’une session parlementaire le 18 décembre 2025, Bassil a interpellé le gouvernement sur ce point, déclarant que « sans garanties technologiques, le scrutin risque la fraude ». Des observateurs internationaux, dont ceux de l’Union européenne, ont déjà exprimé leur disponibilité pour superviser le vote, comme en 2022 où 200 observateurs ont noté des irrégularités mineures dans 15 % des bureaux.

Les alliances électorales en formation

À l’approche du scrutin, les alliances se redessinent. Le bloc ‘Liban Fort’ explore des partenariats avec des indépendants chrétiens, tout en maintenant des liens tactiques avec le Hezbollah sur des questions comme la souveraineté face à Israël. Lors d’une réunion à Jizzine en avril 2024, Bassil avait évoqué des discussions avec Nabih Berri sur des listes communes, mais les tensions actuelles sur le vote expatrié compliquent ces pourparlers. De leur côté, les Forces libanaises, avec 19 sièges, renforcent leur coalition anti-Hezbollah, incluant des figures sunnites comme Saad Hariri, qui a annoncé son retour en politique en novembre 2025.

Les députés indépendants, issus des protestations de 2019, font face à une fragmentation : sur les 13 élus en 2022, seulement huit restent actifs, avec des défections dues à des pressions sécuritaires. Un rapport de l’ONG locale Legal Agenda, publié en janvier 2026, documente 45 cas d’intimidation contre des candidats potentiels, incluant des menaces anonymes.

Les enjeux économiques et sociaux sous-jacents

Les élections interviennent alors que le Liban peine à se remettre de sa crise multidimensionnelle. La dette publique dépasse 100 milliards de dollars, avec un défaut de paiement depuis 2020. Le gouvernement Salam a soumis un budget 2026 au Parlement en juillet 2025, prévoyant une croissance de 2 %, mais conditionné à des réformes fiscales. Le ministre des Finances, Youssef Khalil (jusqu’en février 2025, remplacé par un successeur confirmé via le site presidency.gov.lb), avait déclaré que « sans élections légitimes, les aides internationales resteront bloquées ».

Sur le plan social, le chômage touche 40 % de la population active, et la pauvreté extrême affecte 70 % des ménages selon l’ONU en 2025. Les tensions confessionnelles persistent, avec des incidents isolés au sud, où l’armée libanaise a déployé 15 000 soldats pour appliquer la résolution 1701. Le commandant de l’armée, Joseph Aoun, a affirmé lors d’une inspection le 5 février 2026 que « les forces armées sont prêtes à sécuriser le scrutin dans tout le pays ».

Les perspectives immédiates des décisions du bloc

Les mesures annoncées par le bloc ‘Liban Fort’ pourraient inclure des recours devant le Conseil constitutionnel pour contester les restrictions au vote expatrié, ou des campagnes de mobilisation auprès de la diaspora. Des sources au sein du CPL, citées par le site tayyar.org le 9 février 2026, indiquent que Bassil prépare une série d’actions pour « préserver l’intégrité du processus électoral ». Ces initiatives s’inscrivent dans les efforts plus larges pour assurer une participation maximale, alors que le Parlement reste divisé sur la session législative du 18 décembre 2025, où cinq lois ont été adoptées malgré un boycott partiel.

Dans ce cadre, le rôle de la communauté internationale reste pivotal. L’ambassadeur français à Beyrouth, Hervé Magro, a rencontré Bassil le 22 janvier 2026, réaffirmant le soutien de Paris à des élections transparentes. Parallèlement, des discussions entre l’Iran et les États-Unis, via des canaux indirects, influencent indirectement le climat politique libanais, avec des rencontres entre Abbas Araghchi et Steve Witkoff signalées en janvier 2026.

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