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Le bloc « Liban fort » réclame une session parlementaire pour interroger le gouvernement sur le respect des échéances constitutionnelles

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Le bloc parlementaire « Liban fort », émanation du Courant patriotique libre (CPL), a officiellement déposé une demande auprès du Parlement libanais pour la tenue d’une session générale dédiée à l’examen de la politique gouvernementale. Cette initiative, annoncée ce 26 février 2026, vise spécifiquement à évaluer le degré d’engagement du cabinet dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam dans l’application des lois en vigueur et le respect des délais constitutionnels imposés. S’appuyant sur l’article 137 du règlement intérieur du Parlement, le bloc met en avant le rôle de contrôle constitutionnel de l’assemblée législative, soulignant que de nombreuses interrogations adressées au gouvernement sont restées sans réponse ou ont reçu des répliques jugées vides de substance.

Cette requête intervient dans un contexte marqué par une série de débats intenses sur la gestion des affaires publiques au Liban, où les institutions peinent à retrouver un rythme régulier après des années de crises multiples. Le communiqué émis par le CPL insiste sur le fait que la régularité du fonctionnement des institutions n’est pas une option politique, mais un devoir constitutionnel impératif. « L’attente d’un fonctionnement normal des institutions n’est pas un choix politique, mais un obligation constitutionnelle », y lit-on, en soulignant que toute négligence dans le respect des échéances constitutionnelles risque de fragiliser la vie publique et d’éroder la confiance des citoyens envers l’État. Le bloc propose que cette session serve de plateforme pour une accountability publique et transparente, permettant de clarifier les motifs des retards et des manquements observés, tout en esquissant une feuille de route claire pour assurer l’exécution intégrale des lois et le respect des délais prescrits.

Un appel à la transparence institutionnelle

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La demande du bloc « Liban fort » s’inscrit dans une logique de surveillance accrue des actes gouvernementaux, particulièrement depuis la formation du cabinet Salam en février 2025. Ce gouvernement, composé de 24 ministres et présidé par Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice, a été investi de la confiance parlementaire il y a un an, marquant la fin d’une période de vacance présidentielle prolongée. Le président Joseph Aoun, élu le 9 janvier 2025, avait alors désigné Salam pour former un exécutif chargé de prioriser les réformes financières, la reconstruction post-conflit et l’application de la résolution 1701 des Nations unies, vue comme un pilier de la stabilité à la frontière sud avec Israël.

Parmi les ministres clés figurent Yasin Jaber au Finances, affilié au mouvement Amal, Rakan Nasreddine à la Santé, représentant le Hezbollah, et Tarek Mitri en tant que vice-Premier ministre. D’autres portefeuilles incluent Youssef Raji aux Affaires étrangères, Michel Menassa à la Défense, et Tamara El-Zein à l’Environnement. Cette composition reflète le système confessionnel libanais, avec une répartition équilibrée entre chrétiens et musulmans, tout en intégrant des figures issues de milieux académiques, diplomatiques et politiques. Le cabinet a récemment présidé une session le 26 février 2026, où étaient présents des ministres tels que Ghassan Salameh à la Culture, Lara El-Khazen au Tourisme, Hanin Sid aux Affaires sociales, Amir Al-Baasat à l’Économie et au Commerce, Kamal Shahadeh aux Personnes déplacées et aux Affaires de l’information technologique, Ahmad Al-Hajjar à l’Intérieur, Adil Nassar à la Justice, Charbel Al-Haj aux Télécommunications, et Nora Bayrakdarian à la Jeunesse et aux Sports.

Le bloc « Liban fort », fort de ses 17 députés majoritairement maronites et alliés, a multiplié les interpellations depuis l’investiture du gouvernement. Des questions parlementaires ont été posées sur divers sujets, allant de la gestion budgétaire à la mise en œuvre des réformes exigées par le Fonds monétaire international (FMI). Selon le communiqué, la majorité de ces interrogations n’ont pas reçu de réponses satisfaisantes, ce qui motive cette demande de session générale. « Nous avons dirigé de nombreuses questions qui sont restées pour la plupart sans réponse, et les réponses obtenues étaient vides », précise le texte, en appelant à une clarification des raisons des retards et à l’élaboration d’une stratégie pour remédier aux défaillances.

Les enjeux constitutionnels en jeu

Au cœur de cette requête se trouvent les échéances constitutionnelles, un thème récurrent dans le débat politique libanais depuis la fin de la guerre dévastatrice avec Israël en 2024-2025. L’article 87 de la Constitution exige, par exemple, la présentation d’un état comptable annuel pour assurer la transparence fiscale, un point soulevé récemment par d’autres blocs parlementaires. Le 29 janvier 2026, le Parlement a approuvé le budget 2026 juste avant l’échéance constitutionnelle, incluant une allocation limitée pour la reconstruction au sud du Liban. Cette approbation a suivi des mois d’avertissements du président du Parlement, Nabih Berri, qui avait conditionné son soutien à des fonds pour la reconstruction, un dossier sensible dans un pays encore marqué par les destructions.

Cependant, deux députés du bloc « République forte », Ghassan Hasbani et Razzi Al-Hajj, ont déposé une pétition devant le Conseil constitutionnel le 24 février 2026, contestant plusieurs dispositions du budget. Ils dénoncent l’absence d’un état comptable conforme à l’article 87, l’inclusion d’« articles cavaliers » introduisant des modifications légales permanentes dans une loi annuelle, et une augmentation des plafonds budgétaires d’environ 300 milliards de livres libanaises, en violation de l’article 84. Ils pointent également une violation de la séparation des pouvoirs, avec 15 articles ajoutés sans approbation explicite du cabinet, ce qui empiète sur l’autorité exécutive et modifie l’utilisation des fonds de réserve.

Ces contestations illustrent les tensions autour du respect des délais constitutionnels, particulièrement en vue des élections parlementaires prévues pour mai 2026. Le président Joseph Aoun a réaffirmé le 3 février 2026 son engagement à tenir ces élections à la date fixée, rejetant toute proposition de report pour des motifs variés. « Les propositions de report ne me concernent pas, car cela relève de l’autorité législative constitutionnelle », a-t-il déclaré, insistant sur le respect de la Constitution pour renforcer la confiance internationale et le soutien étranger. Nabih Berri, allié du Hezbollah, a quant à lui averti contre un discours de haine plus dangereux que les armes de la résistance, tout en se disant ouvert à des discussions calmes sur l’armement, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu et de la résolution 1701.

Le contexte des tensions politiques régionales

Cette demande de session générale s’inscrit dans un paysage politique libanais marqué par des débats sur la souveraineté et la réforme institutionnelle. Le gouvernement Salam a approuvé en septembre 2025 un plan de l’armée pour le désarmement du Hezbollah au sud du Litani, bien que les ministres chiites (Hezbollah et Amal) aient quitté la séance avant le vote. Hassan Ezz El-Din, député du bloc « Fidélité à la résistance », a déclaré en mars 2025 que l’ennemi israélien ne respecte pas l’accord signé par le gouvernement libanais, et que la patience de la résistance a ses limites. « Le complet accord entre Washington et Tel-Aviv donne plus de latitude à l’ennemi pour obtenir ce qu’il n’a pas pu gagner sur le terrain », a-t-il ajouté, soulignant que la résistance et son peuple ont donné une chance à la diplomatie, mais que la défense reste un droit.

De son côté, Mohammad Raad, chef du bloc « Fidélité à la résistance », a insisté en janvier 2025 sur le rôle protecteur du Hezbollah pour la souveraineté nationale, tout en affirmant que le parti protège également l’accord national. « Nous sommes les véritables protecteurs du peuple, et au premier rang du sang que nous avons offert se trouve le maître de la résistance, Sayyed Hassan Nasrallah », a-t-il dit, appelant à la loyauté envers le pays indépendamment des confessions.

Les élections de 2026 alimentent les controverses, avec des propositions de réforme de la loi électorale pour inclure un Sénat confessionnel et libérer la Chambre des députés des quotas sectaires, conformément à l’article 22 de la Constitution. Le Premier ministre Salam a critiqué le 23 février 2026 la domination persistante des quotas confessionnels, plaidant pour un système bicaméral où le Sénat confinerait le confessionnalisme, tandis que la Chambre assurerait une participation nationale. Des propositions législatives, comme celles des députés Melhem Khalaf et Najat Aoun, ou d’Ali Hassan Khalil, attendent un examen en commission, mais restent bloquées par des manœuvres politiques.

Les implications immédiates pour la stabilité institutionnelle

Les débats sur les armes illégales persistent, avec le gouvernement confronté à des pressions internationales pour appliquer pleinement la résolution 1701. En décembre 2025, un rapport du Crisis Group a mis en garde contre un report des élections qui pourrait approfondir les divisions, particulièrement autour du droit de vote des expatriés pour l’ensemble des 128 sièges, et non seulement six. « Un report ouvrirait la porte à une crise constitutionnelle supplémentaire », note le document, soulignant les risques d’une confrontation accrue si le Hezbollah retire son soutien au gouvernement.

Hassan Fadlallah, député du bloc « Fidélité à la résistance », a réaffirmé le 24 février 2026 l’importance de tenir les élections à temps, sans prolongation, pour permettre à tous les Libanais d’exprimer leurs aspirations. Il a dénoncé les pressions externes visant à étendre le mandat du Parlement actuel, motivées par des intérêts internationaux et des hypothèses de affaiblissement du sentiment public. « Ceux qui prônent la souveraineté tout en accueillant l’ingérence étrangère pour prolonger le corps législatif », a-t-il critiqué, insistant sur la représentation légitime, particulièrement pour la communauté chiite, et la préservation du partenariat interne entre le Hezbollah et Amal.

Marwan Hamadeh, député, a exprimé le 20 février 2026 ses inquiétudes sur la situation précaire du Liban, entouré de « quatre murs » symbolisant les pressions politiques, sécuritaires et économiques. Il a souligné que les quinze prochains jours pourraient être cruciaux pour la sécurité, en raison de scénarios potentiels : soit Israël agit préventivement contre le Hezbollah au milieu des tensions américano-iraniennes, soit l’État libanais rassure la communauté internationale sur son évitement des escalades militaires. Il a également mis en doute la capacité du gouvernement à naviguer les négociations complexes avec le FMI, affirmant que la stabilité interne est un prérequis pour tout progrès.

Michel Moawad, député, a plaidé en juillet 2025 pour une approche décisive sur quatre dossiers fondamentaux : les armes hors contrôle étatique, la restructuration financière, la réforme du secteur public, et l’implication de la diaspora. « Si nous ne saisissons pas cette opportunité, le Liban risque de devenir le ‘Cuba de l’Orient’, avec plus d’occupation, de sang, d’isolement, de pauvreté et d’humiliation », a-t-il averti, appelant à un plan clair pour démanteler les milices et restituer les armes conformément à la Constitution et aux résolutions internationales.

Ali Hassan Khalil, député du bloc « Développement et libération », a insisté en janvier 2025 sur la coopération entre institutions pour avancer le pays, notant que l’élection du président Aoun a ouvert une nouvelle page. « Nous sommes engagés pour que ce mandat réussisse avec les constantes déterminées, dont la défense du pays et de sa dignité », a-t-il déclaré, en référence aux rôles de l’État dans la protection contre l’ennemi israélien.

Hala Jaber, journaliste, a analysé en août 2025 les implications légales d’une approbation gouvernementale sans la présence des ministres chiites, arguant que cela viole le principe de Mithaqiyyah inscrit dans le préambule et l’article 95 de la Constitution. « Toute autorité qui contredit le Mithaqiyyah manque de légitimité constitutionnelle », a-t-elle expliqué, soulignant que cela pourrait même déclencher une démission du cabinet selon l’article 69.

Nabih Berri a averti en août 2025 contre les paris sur une prolongation de l’agression, et contre un discours de haine invasif. « Nous sommes ouverts à discuter des armes de la résistance, qui sont notre honneur et notre fierté, sous un discours calme », a-t-il dit, rejetant les menaces et les violations de la Constitution, tout en insistant sur l’engagement du Liban envers l’accord de cessez-le-feu, que l’entité adverse n’a pas respecté.

Le gouvernement a annoncé le 30 janvier 2026 un cadre pour la reconstruction des zones les plus touchées par la guerre, au milieu d’une colère publique croissante au sud du Liban sur les retards. Bien que une partie du financement soit sécurisée via le budget, la majeure partie dépend de l’aide internationale, conditionnée au désarmement du Hezbollah.

Qassem Hashem, député du bloc « Développement et libération », a souligné le 20 février 2026 la nécessité d’une approche sérieuse pour réformer les lois électorales, critiquant la loi actuelle comme défectueuse et plaidant pour un Sénat pour s’affranchir des influences sectaires et régionales. Son bloc a proposé une loi basée sur l’article 22, actuellement bloquée en sous-commission.

Saeed Malik, expert juridique, a noté le 23 février 2026 que l’établissement d’un Sénat requiert l’élimination du confessionnalisme politique et la formation d’une commission nationale selon l’article 95, priorisant des questions comme le désarmement des milices et l’unification du commandement militaire sous l’armée libanaise.

Human Rights Watch a appelé en janvier 2025 le nouveau gouvernement à prioriser les droits humains, la responsabilité, la transparence et l’État de droit, en réformant la justice, renforçant la sécurité sociale et respectant la liberté d’expression dans les cadres constitutionnels.

Le rapport de la Fondation Rosa Luxemburg de mars 2025 a décrit le cabinet comme équilibré confessionnellement, avec cinq femmes ministres issues de milieux prestigieux, notant que le « duo chiite » (Amal et Hezbollah) a sécurisé cinq portefeuilles malgré des négociations tendues.

L’envoyé américain a averti en octobre 2025 que reporter les élections de 2026 sous prétexte de guerre provoquerait un chaos majeur, fracturant un système politique déjà fragile.

Ziad Skaff a proposé en octobre 2025 un report des élections pour éviter une crise, citant les divisions sur la loi électorale et les menaces israéliennes, mais Elias Hankach a répliqué que le Liban en est arrivé là par non-respect des délais constitutionnels, appelant à respecter la Constitution et à rejeter les reports.

Le rapport de Politics & Society de décembre 2025 a décrit le Liban entrant en 2026 dans une phase de consolidation des réalités existantes plutôt que de changements transformateurs, avec l’État engagé dans l’application progressive de la résolution 1701, mais confronté à un impasse avec le Hezbollah.

Le gouvernement a indiqué en février 2026 que l’armée aurait besoin d’au moins quatre mois pour la seconde phase du plan de désarmement du Hezbollah au sud.

Ces développements soulignent les défis immédiats pour le gouvernement Salam, confronté à des pressions internes pour respecter les délais constitutionnels, tout en gérant les implications sécuritaires régionales et les exigences de réforme pour sécuriser l’aide internationale.

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