Dans sa première déclaration depuis la chute d’Assad, le Hezbollah a vivement condamné les actions d’Israël, dénonçant à la fois les frappes aériennes et l’occupation accrue du Golan. Le groupe chiite libanais, allié de longue date du régime Assad, a qualifié ces événements d' »agression flagrante » contre la souveraineté syrienne. Dans un communiqué, le Hezbollah a réaffirmé son soutien à la Syrie et appelé à préserver l’unité du pays, soulignant les dangers de sa fragmentation.
Le Hezbollah, tout en manifestant sa solidarité avec le peuple syrien, fait face à une situation délicate. L’effondrement d’Assad prive le groupe d’un allié clé dans la région, tout en exposant la Syrie à de nouvelles dynamiques où Israël pourrait renforcer son influence.
Le Golan, au cœur des tensions
L’effondrement du régime Assad a également permis à Israël de renforcer son emprise dans la région contestée du plateau du Golan. Depuis le week-end, des troupes israéliennes se sont déplacées dans une zone tampon le long de la frontière, un territoire déjà partiellement contrôlé par Israël depuis la guerre de 1967. Cet acte, perçu comme une nouvelle occupation, a été vivement critiqué par des acteurs régionaux, notamment le Hezbollah.
Le Golan est depuis longtemps un point de friction entre Israël et la Syrie, et son occupation continue d’alimenter les tensions internationales. En se positionnant dans cette région stratégique, Israël affirme vouloir prévenir des attaques tout en consolidant sa sécurité nationale. Cependant, cette initiative est perçue par de nombreux observateurs comme une exploitation cynique de la désorganisation syrienne post-Assad.
Un contexte international complexe
Ces développements interviennent alors que la communauté internationale reste divisée sur la gestion de la crise syrienne. Tandis qu’Israël justifie ses actions par des préoccupations sécuritaires, des pays comme l’Iran et le Liban dénoncent une violation du droit international. Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas encore réagi officiellement, bien que des consultations en urgence soient prévues.
L’intensification des frappes israéliennes risque de redessiner les équilibres de pouvoir dans la région. D’un côté, Israël tente de tirer parti du chaos syrien pour sécuriser ses frontières et affaiblir ses ennemis potentiels. De l’autre, des acteurs comme le Hezbollah et l’Iran pourraient intensifier leur soutien à la résistance syrienne, entraînant une escalade militaire plus large.
Une Syrie divisée
Avec la disparition de Bachar al-Assad, la Syrie entre dans une phase d’incertitude profonde. Les anciens équilibres, déjà fragiles, se désintègrent rapidement, laissant place à des luttes d’influence entre forces locales et internationales. La situation sur le terrain reste chaotique, avec des zones sous contrôle de diverses factions rebelles, tandis que Damas, bien que toujours sous les bombardements israéliens, reste au centre de l’attention.
Cette instabilité soulève des questions cruciales : qui prendra le contrôle de la Syrie post-Assad ? Quels seront les rôles des acteurs internationaux, notamment la Russie, l’Iran, et désormais Israël ? Enfin, comment préserver l’unité et la souveraineté de la Syrie dans ce contexte de fragmentation extrême ?



