mercredi, février 25, 2026

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Le Hezbollah est victorieux et exprime ses priorités pour l’après-conflit (Naim Kassem)

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Dans un discours prononcé récemment, le cheikh Naim Kassem, haut dirigeant du Hezbollah, a abordé de nombreux thèmes liés à la situation actuelle au Liban, au conflit israélo-palestinien, et à l’avenir de la résistance. Ce discours, marqué par un hommage appuyé aux martyrs et une analyse des défis militaires et politiques, offre une vision détaillée de la position du Hezbollah face aux enjeux locaux et régionaux.


Un hommage aux martyrs de la résistance

Le discours débute par un hommage à deux figures majeures tombées récemment en martyrs : Sayed Hachem Safieddine, président du Conseil exécutif du Hezbollah, et Haj Mohammad Afif Al-Nabulsi, responsable des relations médiatiques du parti. Kassem souligne leur rôle essentiel dans les multiples fronts de la résistance, qu’il s’agisse des actions militaires ou des efforts médiatiques pour contrer les narratifs ennemis.

Haj Mohammad Afif Al-Nabulsi est décrit comme une figure médiatique emblématique ayant œuvré à exposer les crimes israéliens, promouvoir les actions de la résistance et répondre aux calomnies visant le Hezbollah. Son assassinat, selon Kassem, illustre la peur qu’inspire la résistance à Israël, incapable de vaincre l’esprit de lutte malgré ses tentatives d’éliminer physiquement ses acteurs clés.

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L’assassinat de ces leaders, en plein cœur de Beyrouth, représente une escalade dangereuse, selon Kassem. Israël, en ciblant des lieux civils et stratégiques dans la capitale, cherche à provoquer une réponse directe. Le secrétaire général adjoint prévient que toute agression contre Beyrouth entraînera des représailles ciblant Tel-Aviv, affirmant qu’Israël ne pourra frapper la capitale libanaise impunément.


Deux batailles successives : Gaza et le Liban

Cheikh Kassem revient ensuite sur deux grandes batailles menées récemment par le Hezbollah. La première est celle du soutien à Gaza, qui a duré onze mois. Dans ce contexte, la résistance libanaise a travaillé en coordination avec ses alliés régionaux, notamment l’Iran, le Yémen et l’Irak, pour fournir une aide concrète face à la tragédie humanitaire dans la bande de Gaza. Plus de 45 000 morts, 105 000 blessés, et des millions de déplacés ont été recensés, tandis que le monde observait passivement ces atrocités.

La deuxième bataille, qualifiée de « bataille des premiers de la force », a commencé en septembre dernier pour contrer une agression israélienne généralisée contre le Liban. Kassem réfute l’idée qu’Israël aurait besoin d’un prétexte pour justifier ses attaques, soulignant que l’objectif ultime de l’ennemi est une reconfiguration régionale du Moyen-Orient, incluant le déplacement massif de populations.

Malgré des pertes humaines importantes, Kassem insiste sur le fait que la résistance a non seulement tenu ses positions, mais a également infligé des pertes significatives à l’ennemi. Plus de 100 soldats israéliens ont été tués et plus de 1 000 blessés dans les premières semaines du conflit, marquant une résistance qualifiée de « légendaire » par le dirigeant.


La stratégie de la résistance face à l’armée israélienne

Le discours met en lumière la stratégie du Hezbollah dans ses confrontations militaires. Kassem rappelle que la résistance n’est pas une armée classique visant à empêcher l’ennemi d’avancer, mais une force qui frappe là où il progresse. En d’autres termes, si l’armée israélienne pénètre dans des villages libanais, les résistants se repositionnent pour les affronter dans des lieux stratégiques, comme les vallées, les grottes ou même certaines habitations.

Pour Kassem, l’essentiel n’est pas de savoir si Israël occupe temporairement un village, mais de mesurer les pertes infligées quotidiennement à l’ennemi. En ce sens, la résistance aurait réussi à empêcher toute stabilisation de l’occupation israélienne. La capacité du Hezbollah à maintenir un rythme élevé de tirs de missiles et de drones, même depuis les zones frontalières contestées, démontre selon lui la résilience de ses combattants et l’efficacité de sa stratégie.


Une double voie : négociation et action militaire

Face à l’agression israélienne, le Hezbollah adopte une approche à deux volets : les négociations indirectes, sous l’égide du président Nabih Berri, et une escalade militaire sur le terrain. Le parti a soumis ses observations à un document de négociation transmis par un émissaire américain. Bien qu’il ait accepté le principe des pourparlers, Kassem prévient que ces derniers ne suspendront pas les actions militaires.

Selon le dirigeant, Israël espère obtenir par la diplomatie ce qu’il n’a pas réussi à arracher sur le terrain, ce qui est inacceptable pour le Hezbollah. Le processus de négociation se déroule sous deux conditions non négociables : l’arrêt total des agressions israéliennes et la garantie de la souveraineté libanaise. À cet égard, Kassem affirme que les négociations et les opérations militaires se poursuivront simultanément, soulignant que la résistance est prête pour une confrontation prolongée si nécessaire.


Le coût élevé de la résistance : un choix assumé

Cheikh Kassem reconnaît que la résistance impose un lourd tribut au Liban, tant sur le plan humain qu’économique. Cependant, il considère ces sacrifices comme un prix à payer pour préserver la dignité et l’indépendance nationale. Citant l’exemple poignant d’une femme ayant perdu sept membres de sa famille, il met en avant l’esprit de sacrifice qui anime les soutiens de la résistance.

Face aux critiques sur les pertes subies, Kassem rétorque que la véritable victoire réside dans l’échec de l’ennemi à atteindre ses objectifs. Selon lui, le Hezbollah a déjà remporté une victoire morale et stratégique en empêchant Israël de consolider son occupation ou d’imposer ses conditions.


Une vision pour l’après-guerre

Le discours se termine sur une note prospective. Kassem appelle à reconstruire le Liban après l’arrêt des hostilités, en collaboration avec l’État, les acteurs politiques et les pays amis. Il insiste sur l’importance de maintenir l’alliance stratégique entre l’armée, le peuple et la résistance, qu’il considère comme le pilier de la souveraineté nationale.

Parmi les priorités mentionnées figurent :

  1. La reconstruction des zones détruites.
  2. L’élection d’un président de la République dans le cadre des procédures constitutionnelles.
  3. Le respect de l’accord de Taëf pour gérer les affaires de l’État.
  4. La présence active du Hezbollah sur la scène politique pour protéger les intérêts de la nation.

Discours intégral du discours de Naim Kassem

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Louange à Dieu, Seigneur des mondes. Paix et salut sur le plus noble des créatures, notre maître, notre bien-aimé et notre guide, Abou Al-Qassim Mohammed, sur sa famille pure et immaculée, ses compagnons vertueux et triés sur le volet, ainsi que sur tous les prophètes et les justes jusqu’au jour de la résurrection.

Que la paix soit sur vous et que la miséricorde et les bénédictions de Dieu vous accompagnent.

Une semaine s’est écoulée depuis le quarantième jour commémoratif du martyr de Sayed Hachemi, Sayed Hachem Safieddine, président du Conseil exécutif du Hezbollah. Je trouve opportun d’exprimer à la fois mes condoléances et mes félicitations pour ce martyr. Dieu Tout-Puissant dit dans Son Livre saint : « Les croyants ne sont que ceux qui croient en Dieu et en Son Messager, puis ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le sentier de Dieu. Ceux-là sont les véridiques. »

Mon cher frère, Sayed Hachemi, que Dieu te comble de Sa satisfaction. Compagnon de route dans ce parcours divin de résistance, je t’ai connu comme un homme porteur de messages authentiques, cultivé, conscient et doté d’un but.

Ton activité à la présidence du Conseil exécutif s’étendait à de nombreux domaines, que ce soit le travail culturel, éducatif, sanitaire, social, organisationnel, ou encore dans les associations féminines et les scouts. Tu suivais tout cela jour et nuit avec une grande assiduité. Tu étais le bras droit du guide des martyrs de la nation, Sayed Hassan Nasrallah, que Dieu l’accueille dans Sa miséricorde, et tu étais toujours présent sur le terrain, auprès des résistants et des besoins de la scène.

Tu incarnes la parole divine : « Ceux-là sont les véridiques. » Tu nous manques, mais tu as gagné. Félicitations à toi dans ta demeure céleste, avec Mohammed et sa famille (paix et bénédictions de Dieu sur eux), aux côtés des martyrs et des résistants, avec notre guide suprême Sayed Hassan Nasrallah, que Dieu lui accorde Sa miséricorde, et les martyrs Ismaël Haniyeh, Yahya Sinwar, Qassem Soleimani, et tous les martyrs et justes.

Nous adressons toutes nos condoléances, salutations et félicitations pour ce grand jihad et ce martyre béni.

Nous devons également, en guise d’introduction, mentionner le martyr de notre cher frère, le responsable des relations médiatiques du Hezbollah, Haj Mohammad Afif Al-Nabulsi. Il a été martyrisé sur le terrain du jihad médiatique et de la résistance, sur le chemin de Jérusalem et de la libération.

Haj Mohammad était une icône médiatique, engagé et persévérant. Doté d’une vision stratégique, il possédait une grande expertise et s’efforçait d’organiser des conférences de presse pour combler un vide médiatique important, exposer l’ennemi, faire connaître les actions et les réalisations de la résistance, et répondre aux calomnies visant le Hezbollah et la résistance. Il avait des amitiés diversifiées et une ouverture exceptionnelle envers différents médias. Ses idées et ses innovations ont beaucoup irrité l’ennemi, au point qu’ils l’ont assassiné. Ils ont tué son corps par crainte, mais ils ne pourront jamais tuer l’esprit de la résistance ni la continuité sur le chemin du jihad.

Toutes nos félicitations et nos condoléances pour le martyr Mohammad Afif Al-Nabulsi et ses frères martyrs : Hussein Ramadan, Moussa Haidar, Mahmoud Al-Sharqawi et Hilal Tarmas. Nous prions pour le rétablissement rapide des blessés, si Dieu le veut.

Ô martyr sacré, tu es tombé à Ras Al-Nabaa, à Beyrouth. Cela signifie que l’ennemi israélien a attaqué la capitale. Tu étais dans un lieu civil, médiatique et politique qui aurait dû être protégé dans de telles circonstances. L’ennemi israélien n’a pas seulement frappé Ras Al-Nabaa pour t’assassiner, mais il a également attaqué le quartier de Mar Elias, ciblant un magasin, ainsi que Zoqaq Al-Blat, où il a visé un appartement résidentiel. Ainsi, il a frappé, assassiné et agressé le cœur de la capitale Beyrouth.

Par conséquent, il faut s’attendre à une riposte au cœur de Tel-Aviv. Nous ne pouvons pas laisser la capitale subir les frappes israéliennes sans que l’ennemi paie le prix, et ce prix sera le centre de Tel-Aviv. J’espère que l’ennemi comprendra que les choses ne sont pas laissées au hasard.


Troisièmement, je tiens à remercier tous ceux qui nous ont présenté leurs condoléances et félicitations pour le martyr de notre éminent secrétaire général, le chef des martyrs de la nation, Sayed Hassan Nasrallah, que Dieu l’accueille dans Sa miséricorde, ainsi que pour les martyrs dirigeants qui l’accompagnaient.

Je remercie également tous ceux qui ont envoyé des messages et appelé nos frères bien-aimés, compte tenu de nos circonstances objectives. Je remercie également tous ceux qui ont salué la démarche du parti dans le choix du nouveau secrétaire général, une question qui a suscité une grande attention médiatique et privée. Je vous remercie tous au nom du parti, au nom de la résistance. Avec l’aide de Dieu, nous continuerons le chemin et préserverons l’héritage des martyrs.

Aujourd’hui, je vais parler de plusieurs sujets liés à notre situation et à notre position.

Premièrement, nous avons affronté au Liban deux batailles à deux périodes différentes. La première était la bataille de soutien à Gaza, qui a duré onze mois. Gaza, la résistante, la blessée, Gaza qui a offert ses martyrs. Nous nous sommes efforcés, dans notre travail et notre jihad, d’être à la hauteur pour apporter ce que nous pouvions à Gaza et soutenir la Palestine, tout en tenant compte des conditions libanaises et de ce qui pouvait être bénéfique pour Gaza sur le terrain. Et, louange à Dieu, nous avons accompli une grande mission. Nous sommes honorés de faire partie des rares qui ont soutenu la vérité, avec l’Irak de la grandeur, le Yémen de la dignité, et la République islamique d’Iran avec sa direction, ses gardiens et son peuple dans cette noble position, tandis que le monde observait passivement plus de 45 000 martyrs, 105 000 blessés, et 2,5 millions de déplacés souffrant de faim, de soif, et de destructions massives.

Où est donc le monde libre ? Malheureusement, cela sera jugé par les générations futures.

La deuxième bataille a débuté il y a deux mois, avec ses prémices le 17 septembre, autour de l’affaire des pagers. Nous l’avons appelée la bataille des premiers de la force, visant à repousser l’agression israélienne totale contre le Liban. En réalité, Israël n’a pas besoin de prétexte pour agir. Certains peuvent discuter du fait qu’il s’agissait d’une réaction au soutien à Gaza. Non, Israël n’a pas besoin de justification. D’ailleurs, nous avions approuvé l’idée de Biden et Macron, le 23 septembre, selon laquelle une solution pourrait être trouvée pour arrêter l’agression. Cependant, ils ont assassiné notre secrétaire général le 27 septembre, et la bataille a continué.


Le parti a traversé une véritable période de confusion et d’enquête pendant dix jours. Nous avons ensuite réorganisé nos rangs de manière spécifique, et nous avons pu retrouver notre équilibre sur les plans politique, résistant, médiatique et dans tous les autres domaines, grâce à Dieu. Certes, les pertes sont douloureuses et graves, elles auraient fait tomber des États, des partis et des armées. Mais, grâce à Dieu, nous disposons d’hommes dotés d’une grande force morale qui nous aident à rester fermes face à ces défis.

Netanyahou a annoncé ses objectifs majeurs : il ne visait pas seulement le Liban ou le nord de la Palestine, mais également une reconfiguration du Moyen-Orient, incluant le retour des réfugiés ou des déplacés de ces zones. Quelle a été la conclusion de cette bataille après deux mois ? Une résistance légendaire au Liban, reconnue par les amis comme par les ennemis. Nous nous attendions à ce que la ligne de front tienne quinze jours, après quoi Israël passerait à la deuxième phase. Cependant, cette ligne a tenu un mois et demi, ce qui témoigne de la résilience des résistants et de la crainte de l’ennemi face aux pertes qu’il a subies en tentant d’avancer.

Les pertes de l’ennemi, en débutant son offensive, se chiffrent à plus de 100 morts et plus de 1 000 blessés israéliens dans un court laps de temps. Pendant ce temps, les résistants, depuis la ligne de front, ont continué à lancer des missiles, même après que l’ennemi ait annoncé avoir pénétré dans ces zones. Par exemple, lorsque des missiles sont lancés de Maroun Al-Ras vers Haïfa, soit sur une distance de 40 kilomètres, cela signifie que les résistants sont toujours présents et actifs. Les tirs de missiles et de drones se poursuivent à un rythme élevé, entraînant le déplacement de centaines de milliers d’Israéliens hors de leurs foyers.

Ceci est le résultat de cette bataille et de cette confrontation. Même le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a changé les objectifs, affirmant que leur but n’était pas de détruire le Hezbollah. Ils sont passés à une deuxième phase parce qu’ils cherchaient une bataille leur offrant tous les avantages, mais ils sont incapables de la mener.

Il y a eu des tentatives d’incursion dans certains villages. Je tiens à clarifier quelque chose pour que les gens comprennent bien les choses. La résistance n’est pas une armée classique. Elle ne fonctionne pas pour empêcher une armée de progresser. La résistance combat l’armée là où elle avance. Si l’armée entre dans un ou plusieurs villages, les résistants se trouvent dans les vallées, les grottes, derrière les arbres, dans certaines maisons, dans des endroits fortifiés où ils se cachent. Si l’armée pénètre, ils se confrontent à elle et la combattent. C’est ainsi que fonctionne la résistance dans le cadre des affrontements.

Ce n’est donc pas important de dire si l’ennemi est entré ou non dans un village, ou s’il s’en est approché. Ce qui compte, c’est : combien de soldats ennemis ont été tués ce jour-là ? Combien ont été blessés ? Et où les résistants les ont-ils affrontés sur l’ensemble de la ligne de front ? Grâce à Dieu, les résistants se battent et affrontent l’ennemi.

La mission de la résistance est de tuer l’ennemi et d’empêcher qu’il établisse une occupation stable. Nous avons, en réalité, offert un modèle exceptionnel de résistance et de force dans cette confrontation. La combativité des résistants est remarquable. Parfois, certains frères demandent à se rendre en première ligne, et nous devons les retenir car il y a déjà des combattants là-bas, stables et solides.

Nous disposons de ressources suffisantes, grâce à Dieu. Je vous assure que, malgré les capacités mises en œuvre à différents endroits, il y a toujours un renfort pour les lignes de front, ainsi qu’un remplacement des résistants. Même les routes vers les villages en première ligne restent praticables. Alors, comment cela est-il possible alors que l’ennemi contrôle tout le ciel ? C’est une aide divine, et nos frères savent parfaitement naviguer dans cette géographie avec courage et audace.


Cet ennemi, attiré dans cette situation, subira de lourdes pertes. Au final, cette terre est la nôtre, ces jeunes sont nos jeunes, et la résistance fait partie de cette terre. L’occupant israélien ne pourra ni s’établir ni persister sur notre terre. Il est un occupant, et il sera chassé, si Dieu le veut.

Nous affirmons que les résultats sur le terrain détermineront la suite. Ces résultats incluent deux aspects : le combat terrestre et le lancement de missiles et de drones dans les profondeurs de l’entité usurpatrice. La résistance dispose de la capacité de continuer à ce rythme pendant longtemps. Vous pouvez remarquer que les frappes quotidiennes ne suivent pas un schéma fixe. Une fois, une colonie spécifique est ciblée, une autre fois une autre. Les distances varient également, allant de 40 à 150 kilomètres, selon un programme préalablement établi avec une coordination précise des tirs entre les différentes forces combattantes.


Israël ne pourra ni nous vaincre ni imposer ses conditions. Nous sommes des hommes de terrain, et nous y resterons, si Dieu le veut. Maintenant, arrive la question essentielle : quelle est la solution ? On parle d’un document de négociation. Nous avons reçu ce document, nous l’avons bien lu et exprimé nos observations. Ces remarques ont été partagées avec le président Nabih Berri, et elles sont en harmonie avec celles de la résistance et de l’État. Ces observations ont été transmises à l’émissaire américain et discutées en détail.

Nous avons décidé de ne pas évoquer le contenu de l’accord ni nos remarques dans les médias. Laissez ce débat se dérouler calmement pour voir s’il aboutira ou non. En fin de compte, l’ennemi israélien espère obtenir, à travers un accord, ce qu’il n’a pas pu obtenir sur le terrain. Cela est impossible.

Les remarques que nous avons faites montrent que nous sommes favorables à ce processus de négociation indirecte, sous l’égide du président Nabih Berri. Si l’autre partie est sérieuse à ce sujet, qu’elle nous le fasse savoir. Nous verrons alors quels en seront les résultats. Peut-on s’attendre à ce que ces négociations aboutissent rapidement à un cessez-le-feu et à l’arrêt de l’agression ? Personne ne peut le garantir, car cela dépend de la réponse israélienne et de la sincérité de Netanyahou.

Mais qu’il soit bien clair que nous négocions sous deux conditions. La première est l’arrêt complet et total de l’agression. La seconde est la préservation de la souveraineté libanaise, c’est-à-dire qu’il est interdit à l’ennemi israélien de tuer, d’attaquer ou de pénétrer à sa guise sous divers prétextes. Le Liban doit rester un État souverain. Nous nous préparons à une bataille longue et nous négocions actuellement, mais pas sous le feu, car Israël est également sous le feu.

En d’autres termes, nous avons décidé de mener deux voies en parallèle : le terrain, où les actions seront escaladées en fonction des données sur le terrain, et les négociations, qui ne suspendent en aucun cas les actions militaires. Si les négociations n’aboutissent pas, nous continuerons sur le terrain. Si elles réussissent, le terrain aura été un élément essentiel du succès de ces négociations.

Pour ceux qui disent que cette situation mène à une guerre d’usure, oui, ce sera une guerre d’usure pour l’ennemi israélien. Nous n’avons qu’une seule décision : la résilience et la persévérance, même si le temps s’étire. Si cela signifie un épuisement pour nous, alors soit. Mais nous le supportons, car nous défendons notre terre, notre pays, et le Liban. C’est une responsabilité qui nous incombe, ainsi qu’à d’autres. Nous avons choisi d’être les détenteurs des deux options promises : la victoire ou le martyre.


Nous avons foi en la promesse divine : « Ô vous qui croyez ! Si vous soutenez [la cause de] Dieu, Il vous soutiendra et affermira vos pas. » Un salut aux combattants sur le terrain, car ce sont eux qui nous insufflent cette énergie, cette force, cette détermination et cette position. Un salut également à nos familles qui nous entourent. Qui sont-elles ? Ce sont celles dont les enfants sont au front, tandis qu’eux-mêmes souffrent du déplacement, de la patience et de la douleur. Pourtant, ils restent toujours pleins de gratitude envers Dieu, avec l’espoir de la victoire et la volonté de sacrifier davantage de martyrs.

Ce modèle renforce la résistance et la rend plus forte face aux défis. Une scène m’a marqué : lors d’une interview télévisée, une femme a été interrogée sur le nombre de martyrs dans sa famille. Elle a répondu qu’elle avait trois fils martyrs, deux petits-enfants martyrs, et deux autres enfants plus jeunes martyrs, soit un total de sept. Lorsqu’on lui a demandé ses suggestions ou ses pensées, elle a dit : « Quoi que nous fassions, c’est peu en comparaison à Ahl Al-Bayt (la famille du Prophète). Tout cela est peu, mais c’est pour Toi. Honorez-moi devant Dame Zahra (Fatima), que la paix soit sur elle, et Dame Zaynab, que la paix soit sur elle. Aujourd’hui, si la résistance me demande de faire quelque chose, de me sacrifier, je suis prête à offrir ma vie et tout ce qu’il me reste. »

Avec des personnes comme cette femme, Dieu ne peut que les honorer ainsi que leurs compagnons résistants. Nous avons deux choix : la dignité ou l’humiliation. La dignité consiste à brandir l’épée et à combattre ; l’humiliation signifie la soumission, et il ne nous resterait plus rien. Hayhat minna al-zilla (l’humiliation est loin de nous). Nous ne l’accepterons pas, et c’est pourquoi nous restons sur le terrain.


Certains disent que le coût est lourd pour nous. Pourquoi ? Parce que nous faisons face à un ennemi sauvage qui tue des civils et détruit toute vie. Que devons-nous faire face à cette bête ? Fuir et lui céder tout sans résistance ? Laisser l’ennemi prendre tout gratuitement ? Non, jamais. Cet ennemi israélien ne peut pas agir ainsi.

Nous resterons sur le terrain et continuerons à combattre, peu importe le coût. Nous rendrons ce coût élevé pour l’ennemi également. Il souffrira, lui aussi. Ainsi, personne ne peut nous reprocher de réagir et de nous défendre. Si l’ennemi veut arrêter cette situation, qu’il cesse ses agressions. En attendant, nous restons dans une position de réponse et de défense.

Dans cette situation, avec les ressources dont nous disposons, pouvons-nous vaincre l’ennemi ? Je tiens à expliquer ce que signifie pour nous la victoire. On ne peut pas attendre d’une résistance, face à une armée dotée de capacités et de moyens avancés, qu’elle triomphe sans pertes ni sacrifices. Cela est impossible. Mais je vous le dis : les objectifs de l’ennemi déterminent notre victoire. Lorsque l’ennemi échoue à atteindre ses objectifs, cela signifie que nous avons triomphé. Toutes les résistances dans le monde paient un lourd tribut, mais leur valeur réside dans le fait qu’elles empêchent l’ennemi d’atteindre ses objectifs. C’est pour cela que nous disons qu’elles remportent la victoire.

Au Liban, nous sortirons plus forts, car nous avons tenu bon, sacrifié, donné, et empêché l’ennemi d’atteindre ses objectifs. Cela est également dû à notre cohésion et à notre solidarité. Je dis aux déplacés, à nos proches et à nos bien-aimés, dans leurs maisons ou dans les centres de déplacement : nous comprenons et apprécions vos sacrifices. Nous savons que vous supportez de lourdes épreuves. Mais nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour fournir de l’aide, avec la collaboration de nos frères, des associations et d’autres parties. Cela demande de la patience, et vous êtes les gens de la patience, comme vous le dites vous-mêmes. Avec l’aide de Dieu, nous continuerons à coopérer.


Ici, je tiens à adresser un salut particulier au mouvement Amal, à ses jeunes et à leurs familles. En vérité, entre le Hezbollah et Amal, il n’y a aucune différence, que ce soit dans la lutte, les sacrifices ou la présence sur le terrain. Nous sommes une seule famille, un même pays. J’aimerais d’ailleurs que tout le Liban suive cet exemple. Ceux qui soutiennent et aident les déplacés font partie intégrante de cette véritable résistance nationale. Aujourd’hui, nous résistons au Liban pour défendre notre pays et son peuple contre l’occupation israélienne, une occupation qui n’a été chassée que par la résistance et vaincue uniquement grâce à elle. Nous continuerons sur cette voie, si Dieu le veut.

Je renouvelle mes remerciements à tous les citoyens de notre nation, à toutes les familles, à toutes les communautés, à toutes les municipalités, et à tous ceux qui œuvrent. Sachez que cela représente pour vous un capital, ici-bas comme dans l’au-delà. Cela contribue à la construction de la nation et à notre coopération collective.


Il y avait un sujet que j’avais préparé, mais, vu le temps, je ne vais pas en parler maintenant, car il n’est pas directement lié aux détails actuels. Cependant, je tiens à vous dire qu’au milieu de cette bataille, nous réfléchissons aussi à l’avenir de notre nation de manière claire.

Nous n’avons pas changé ni altéré nos positions, et nous ne les changerons jamais. Nous croyons en la coopération entre l’armée, le peuple et la résistance, qui est le seul capital restant pour construire notre nation. Nous continuerons à avancer dans cette voie.

Quatre points doivent être gardés à l’esprit après l’arrêt de l’agression, si Dieu le veut :

  1. Nous reconstruirons ensemble, en collaboration avec l’État, toutes les personnes honorables et les pays et forces qui aideront à la reconstruction, afin que tout le Liban revienne plus beau et meilleur.
  2. Nous apporterons notre contribution active à l’élection du président de la République, à travers le Parlement et dans le respect des procédures constitutionnelles.
  3. Nos démarches politiques et notre gestion des affaires de l’État respecteront les accords de Taëf, en coopération avec les autres forces politiques.
  4. Nous serons présents sur le terrain politique, forts de notre représentation, de notre popularité et de notre poids, dans l’intérêt de la nation. Nous bâtirons et protégerons simultanément.

Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.

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