lundi, janvier 12, 2026

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Le Liban active pour la première fois le service Google Transit sur Google Maps

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Le ministère des Travaux publics et des Transports a annoncé ce lundi 12 janvier 2026 l’activation du service Google Transit au Liban, marquant une première dans l’histoire du pays. Cette initiative, intégrée à l’application Google Maps, permet aux usagers de planifier leurs déplacements en utilisant les moyens de transport public, avec des indications précises sur les itinéraires, les horaires et les arrêts. Le département ministériel, dirigé par Fayez Rasamny, a souligné que cette mesure représente une avancée qualitative vers une organisation plus efficace de la mobilité quotidienne.

Une étape décisive pour la modernisation des transports publics

L’annonce du ministère intervient dans un contexte où le secteur des transports publics au Liban cherche à se restructurer après des décennies de négligence. Selon le communiqué publié sur la plateforme X par le compte officiel du ministère, « pour la première fois en Liban, le service Google Transit est désormais disponible via Google Maps, constituant une étape qualitative vers l’organisation de la mobilité quotidienne et la facilitation de l’utilisation des transports publics ». Cette déclaration met en lumière les fonctionnalités offertes : les utilisateurs peuvent planifier leurs trajets via les moyens de transport collectifs, consulter les lignes et les parcours, obtenir des estimations des heures d’arrivée et de départ, et recevoir des instructions détaillées étape par étape.

Le service, qui repose sur l’intégration de données en temps réel ou estimées, transforme une pratique jusque-là dominée par l’information orale et l’expérience personnelle. Le ministère ajoute que « après des années de dépendance à la connaissance verbale et à l’essai-erreur, le secteur des transports publics entre dans une phase plus claire et plus organisée ». Cette activation n’est pas isolée ; elle s’inscrit dans une série d’initiatives récentes visant à relancer un système affaibli par les crises successives.

Le contexte historique des transports au Liban

Les transports publics au Liban ont une histoire marquée par des interruptions brutales et une reconstruction inachevée. Avant la guerre civile de 1975 à 1990, le pays disposait d’un réseau ferroviaire opérationnel reliant Beyrouth à d’autres régions, ainsi que des lignes de bus et de tramways dans les zones urbaines. La guerre a détruit une grande partie de ces infrastructures, laissant le secteur en ruines. Dans les décennies suivantes, la reconstruction s’est concentrée sur les routes pour les véhicules privés, au détriment des transports collectifs. Les bus publics ont quasiment disparu, remplacés par un système informel de vans, de taxis collectifs et de minibus privés, souvent sans régulation ni horaires fixes.

Cette informalité s’est accentuée avec la crise économique entamée en 2019, qui a entraîné une hyperinflation, une pénurie de carburant et une dégradation des infrastructures routières. Les usagers, confrontés à des coûts élevés pour les véhicules personnels, se sont tournés vers ces options informelles, mais avec des inconvénients majeurs : absence de fiabilité, surcharge des véhicules et risques sécuritaires. Des études, comme celle sur la faisabilité de la relance du réseau ferroviaire libanais, soulignent que l’absence d’un système structuré a contribué à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, le secteur des transports représentant environ 32,5 % des émissions totales du pays selon des rapports de 2025.

Les défis persistants du secteur

Malgré des progrès, les défis restent nombreux. Les infrastructures routières, bien que partiellement réhabilitées, souffrent encore de dégradations. En novembre 2025, plus de 530 kilomètres de routes ont été réparés à travers le pays, générant environ 1,3 million de jours de travail temporaires, mais cela ne couvre pas l’ensemble des besoins. Les embouteillages chroniques à Beyrouth et dans les zones urbaines augmentent les temps de trajet, tandis que la dépendance aux importations de carburant expose le secteur à des fluctuations internationales.

Le système informel, dominé par des opérateurs privés, manque de coordination. Les vans et minibus opèrent sans oversight gouvernemental structuré, rendant difficile l’intégration de technologies comme les GPS ou les applications de suivi. De plus, les disparités régionales persistent : les zones rurales et périphériques, comme la Békaa ou le sud, sont moins desservies que la capitale. La guerre civile a laissé des cicatrices, avec des réseaux fragmentés par les divisions confessionnelles et politiques, compliquant toute tentative de centralisation.

Les réformes engagées par le gouvernement Salam

Sous le cabinet de Nawaf Salam, formé en février 2025, des efforts concrets ont été déployés pour revitaliser les transports publics. Fayez Rasamny, nommé ministre des Travaux publics et des Transports, a priorisé les réformes infrastructurelles. En mars 2025, il a inauguré des portes numériques à l’aéroport de Beyrouth, affirmant que « les réformes sont une priorité absolue ». En avril 2025, le ministère a lancé trois nouvelles lignes de bus reliant Beyrouth à Tyr, Tripoli et la Békaa, avec des horaires et arrêts définis, répondant à une demande publique croissante.

Ces lignes, opérées avec des bus offerts par la France, ont été équipées de GPS pour un suivi en temps réel. En septembre 2025, l’Autorité pour le transport collectif dans le Grand Beyrouth (ACTCPT) a lancé une application mobile dédiée, permettant aux usagers de consulter les itinéraires et les mises à jour. Le ministre Rasamny a également annoncé en septembre 2025 que les travaux à l’aéroport de Qlayaat débuteraient en 2026, visant à décongestionner l’aéroport de Beyrouth. Ces initiatives ont coïncidé avec une approbation publique accrue du gouvernement, passant de 16 % à 62 % selon un sondage Gallup de 2025.

Fonctionnement détaillé du service Google Transit

Google Transit, intégré à Google Maps, utilise des données au format GTFS (General Transit Feed Specification) fournies par les autorités locales. Au Liban, ces données incluent les lignes de bus publiques, les arrêts et les horaires estimés. Les utilisateurs peuvent entrer une adresse de départ et d’arrivée, sélectionner l’option « transports en commun », et obtenir des suggestions d’itinéraires combinant bus, marches à pied et transferts éventuels.

Par exemple, un trajet de Beyrouth à Tripoli peut afficher les lignes disponibles, les temps d’attente et les distances à parcourir. Les estimations d’horaires sont basées sur des données historiques et en temps réel lorsque disponibles, bien que le système libanais repose encore largement sur des prévisions. L’annonce de l’ACTCPT le 8 janvier 2026 précède celle du ministère, indiquant une collaboration étroite : « Grande nouvelle : Google Transit est maintenant actif au Liban ! Un vrai game-changer pour les déplacements quotidiens ».

L’implication des autorités de transport

L’ACTCPT joue un rôle central dans cette activation. Créée pour gérer les transports collectifs dans le Grand Beyrouth, elle a fourni les données nécessaires à Google. En septembre 2025, son application mobile a intégré 11 lignes opérationnelles depuis avril, avec des mises à jour en temps réel. Les bus violets, reliant Tyr à Tripoli depuis août 2025, font partie de ce réseau, offrant des tarifs abordables à partir de 70 000 livres libanaises, avec des options de tickets uniques ou prépayés.

Le ministère, en coordination avec l’ACTCPT, a veillé à l’intégration des données. Des hotlines, comme le 03 114 664, restent disponibles pour des informations complémentaires. Cette collaboration reflète une approche progressive, comme l’a indiqué le ministre Rasamny en juillet 2025 : « Nous adoptons une approche étape par étape pour améliorer les infrastructures ».

Les retombées immédiates sur la mobilité quotidienne

L’activation de Google Transit facilite les déplacements pour des millions de Libanais. Dans un pays où les embouteillages coûtent des heures quotidiennement, cette outil permet d’optimiser les trajets, réduisant potentiellement les coûts et les émissions. Les usagers des zones périphériques, comme la Békaa, bénéficient d’informations sur les lignes interurbaines lancées en avril 2025, avec des arrêts sous les ponts pour une meilleure accessibilité.

Les témoignages initiaux, relayés sur des plateformes comme Reddit, soulignent l’utilité : les conducteurs peuvent adapter les arrêts, mais il est recommandé de s’en tenir aux points fixes. Cette flexibilité, combinée à la précision de Google Maps, marque un écart avec l’informalité passée.

Les intégrations avec les lignes existantes

Le service couvre les 11 lignes du Grand Beyrouth et les extensions vers Tyr, Tripoli et la Békaa. Par exemple, la ligne Beyrouth-Tyr opère avec des bus équipés de GPS, permettant un suivi via Google Transit. Les directives pour les transports non motorisés, publiées en novembre 2025 par le Programme des Nations unies pour le développement, complètent cela en promouvant des itinéraires piétons et cyclables intégrés aux suggestions de l’application.

Les perspectives d’amélioration infrastructurelle

Les réparations routières de novembre 2025, couvrant 530 kilomètres, soutiennent cette initiative en améliorant la fluidité des bus. Le plan de capacité financière pour les transports, aligné sur des aides internationales, prévoit des investissements supplémentaires en 2026. L’annonce des travaux à l’aéroport de Qlayaat, confirmée par le ministre Rasamny, vise à étendre les connexions multimodales. Ces développements, ancrés dans les besoins immédiats, renforcent l’intégration de technologies comme Google Transit dans le réseau existant.

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Newsdesk Libnanews
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