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Le Liban assume la présidence du groupe du Proche-Orient à la FAO pour 2026

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Le 4 février 2026, lors d’une réunion périodique tenue au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome, la République libanaise a officiellement pris la tête du groupe régional du Proche-Orient pour l’année 2026. Cette passation de pouvoir, marquée par une cérémonie formelle dans la salle du roi Fayçal, a vu la présidence transférée de la délégation koweïtienne à celle du Liban, avec la République d’Irak désignée comme vice-présidente. Cet événement survient dans un contexte où les questions d’insécurité alimentaire et de développement agricole durable dominent les agendas régionaux, amplifiées par les instabilités géopolitiques et les effets du changement climatique qui affectent les chaînes d’approvisionnement et les ressources naturelles dans la zone.

La réunion a débuté par des allocutions prononcées par des figures clés de l’organisation, dont le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, et le président indépendant du conseil de l’organisation. Le représentant permanent du Koweït, Yousef Juhail, en tant que président sortant, a également pris la parole, suivi de l’intervention de la délégation libanaise, représentée par l’ambassadrice Carla Jazzar. Ces discours ont mis en lumière les accomplissements de la présidence précédente et les priorités à venir, soulignant l’importance d’une coordination accrue au sein du groupe pour aborder les défis communs.

Dans son intervention, l’ambassadrice Carla Jazzar a exprimé sa gratitude envers le Koweït pour son leadership responsable et efficace au cours des deux dernières années, particulièrement face aux défis régionaux et internationaux complexes qui ont marqué la période. Elle a déclaré : « Nous remercions et apprécions l’État frère du Koweït pour sa performance responsable et active pendant sa présidence précédente, surtout dans le contexte des défis régionaux et internationaux délicats que la région a connus au cours des deux dernières années. » Cette reconnaissance met en évidence les tensions persistantes dans la région, incluant les conflits armés, les crises économiques et les perturbations liées au climat, qui ont impacté la production agricole et la disponibilité des denrées alimentaires.

L’ambassadrice a ensuite réaffirmé l’engagement du Liban à poursuivre les efforts dans un esprit de consensus et de coopération, visant à renforcer l’unité du groupe et à suivre les dossiers prioritaires. Parmi ceux-ci, elle a mis en avant les questions liées aux réformes institutionnelles au sein de la FAO, en veillant à ce qu’elles prennent en compte les intérêts spécifiques des pays du Proche-Orient, ainsi que leurs particularités en matière de développement et de sécurité alimentaire. « Le Liban s’engage à continuer le travail dans un esprit de consensus et de coopération, à renforcer l’unité du groupe, et à suivre les dossiers prioritaires, en tête desquels les questions liées aux réformes institutionnelles au sein de l’organisation, en tenant compte des intérêts des pays du Proche-Orient et de leurs particularités développementales et alimentaires », a-t-elle précisé.

Les États membres participants à la réunion ont adressé leurs félicitations au Liban pour son accession à la présidence, affirmant leur soutien total. Ils ont insisté sur l’importance du travail collectif et de la coordination continue au cours de la période à venir, afin de renforcer la présence des pays de la région dans les processus décisionnels de l’organisation. Cette unanimité reflète une volonté partagée de consolider les positions régionales face aux enjeux globaux, tels que la volatilité des marchés alimentaires et les pressions environnementales.

Une passation dans un contexte critique

Cette prise de présidence par le Liban intervient à un moment délicat pour la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord, où les questions de sécurité alimentaire, de développement agricole durable et de réponse aux impacts du changement climatique exigent une action concertée. Le groupe régional du Proche-Orient à la FAO, qui regroupe des pays comme l’Afghanistan, l’Algérie, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, Chypre, Djibouti, l’Égypte, l’Iran, l’Irak, la Jordanie, le Koweït, le Kirghizistan, le Liban, la Libye, Malte, la Mauritanie, le Maroc, Oman, le Pakistan, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Somalie, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, le Turkménistan, les Émirats arabes unis, la Turquie et le Yémen, sert de plateforme pour coordonner les politiques agricoles et alimentaires.

Les priorités du groupe incluent la transformation des systèmes agroalimentaires pour les rendre plus résilients, l’amélioration de la nutrition et la promotion de diets saines, ainsi que le soutien aux communautés rurales vulnérables. Ces objectifs s’alignent sur les engagements pris lors de conférences régionales précédentes, où les ministres ont endossé des stratégies pour accélérer les transformations nécessaires face à la faim croissante et à la malnutrition.

Au Liban, ce rôle de leadership arrive alors que le pays fait face à ses propres défis internes en matière d’agriculture et de sécurité alimentaire. Des rapports récents indiquent qu’une part significative de la population libanaise est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë, exacerbée par les conflits récents et leurs répercussions sur l’économie et l’agriculture. Les hostilités de fin 2024 ont entraîné une détérioration supplémentaire, avec des impacts sur les récoltes et les chaînes d’approvisionnement, rendant la récupération lente et complexe.

Les implications pour la sécurité alimentaire régionale

La présidence libanaise du groupe met l’accent sur la nécessité de renforcer le dialogue régional pour aborder les vulnérabilités communes. Les pays du Proche-Orient font face à des défis tels que la pénurie d’eau, la dégradation des sols et les extrêmes climatiques, qui menacent la production agricole. Par exemple, la région dépend fortement des importations de céréales, rendant les populations sensibles aux fluctuations des prix mondiaux et aux disruptions logistiques.

Dans ce cadre, la réunion du 4 février a également confirmé l’organisation du prochain congrès régional de la FAO par les Émirats arabes unis, prévu les 20 et 21 avril 2026. Cette conférence représentera une opportunité pour discuter des avancées en matière de transformation des systèmes agroalimentaires, en s’appuyant sur les leçons tirées des initiatives comme l’Initiative Main dans la main de la FAO, qui a impliqué des pays comme le Soudan, la Syrie et le Yémen pour mobiliser des investissements ciblés.

Cependant, la réunion n’a pas été exempte de réserves. Le représentant de la République du Soudan a exprimé un avis réservé sur l’accueil de la conférence par les Émirats, lequel a été dûment noté et inscrit au procès-verbal, sans toutefois affecter l’adoption de la décision ni les préparatifs en cours. Cette nuance illustre les dynamiques internes au groupe, où les considérations politiques peuvent influencer les choix organisationnels, tout en maintenant un consensus sur les objectifs globaux.

Le rôle du Liban dans les forums internationaux

En assumant cette présidence, le Liban renforce son positionnement actif dans les instances internationales liées à l’agriculture et à l’alimentation. Ce rôle s’inscrit dans une tradition d’engagement du pays au sein de la FAO, où il a précédemment contribué à des discussions sur la résilience agricole et la gestion des ressources. L’ambassadrice Jazzar, dans son discours, a souligné l’importance de protéger les intérêts développementaux spécifiques de la région, incluant des approches adaptées aux contextes locaux pour les réformes institutionnelles.

Cette leadership offre au Liban une plateforme pour plaider en faveur de politiques qui intègrent les particularités alimentaires et agricoles des États membres, comme la promotion de l’agriculture durable dans des zones arides ou la lutte contre la perte et le gaspillage alimentaire. Les États membres ont réitéré leur engagement à un travail collectif, soulignant que « l’importance du travail collectif et de la coordination continue au cours de la période à venir, afin de renforcer la présence des pays de la région dans les processus décisionnels de l’organisation ».

Les priorités agricoles au Proche-Orient

Les défis agricoles dans la région du Proche-Orient englobent une gamme étendue de problématiques, des conflits prolongés aux changements environnementaux. Des pays comme le Yémen et la Syrie continuent de souffrir d’insécurité alimentaire chronique due aux instabilités internes, tandis que d’autres, comme l’Égypte et la Jordanie, gèrent des pressions sur les ressources en eau pour l’irrigation. La FAO, à travers son bureau régional pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, soutient des projets visant à renforcer la résilience, tels que la numérisation des villages pour booster le commerce électronique rural en Algérie, en Égypte, en Jordanie, en Libye, en Mauritanie, au Maroc et en Tunisie.

Au Liban, les récentes évaluations indiquent une aggravation de l’insécurité alimentaire, avec près d’un tiers de la population affectée par les escalades de conflits en 2024. Les dommages agricoles, incluant la perte de terres cultivables et d’infrastructures, soulignent l’urgence d’une coordination régionale pour partager les meilleures pratiques en matière de restauration des écosystèmes et de diversification des cultures.

La cérémonie de passation et ses détails protocolaires

La cérémonie de passation, intégrée à la réunion périodique, a suivi un protocole établi, avec des échanges formels entre les délégations koweïtienne et libanaise. Le directeur général Qu Dongyu a ouvert les débats en rappelant les objectifs stratégiques de la FAO pour la région, tandis que le président du conseil a mis l’accent sur l’indépendance et l’efficacité des mécanismes de gouvernance.

Les photographies de l’événement, capturant les participants dans la salle du roi Fayçal, montrent l’ambassadrice Carla Jazzar aux côtés de représentants iraniens et d’autres délégués, illustrant la diversité du groupe. Le transfert officiel de la présidence a été marqué par des applaudissements et des expressions de soutien, renforçant le sentiment d’unité.

Vers le congrès régional d’avril 2026

La confirmation de l’accueil par les Émirats arabes unis du congrès régional de la FAO les 20 et 21 avril 2026 représente un jalon immédiat pour la présidence libanaise. Ce rassemblement permettra d’évaluer les progrès en matière de transformation des systèmes agroalimentaires, en se concentrant sur des domaines comme la sécurité alimentaire et les diets saines.

Malgré la réserve soudanaise, notée au procès-verbal, les préparatifs avancent selon les procédures standards, indiquant que les divergences n’entravent pas les engagements collectifs. Cette conférence pourrait aborder des thèmes spécifiques à la région, tels que l’adaptation au changement climatique dans l’agriculture et la réduction de la dépendance aux importations alimentaires.

Les dynamiques internes du groupe

Le groupe du Proche-Orient à la FAO opère dans un cadre où les intérêts nationaux se croisent avec les impératifs régionaux. La désignation de l’Irak comme vice-président ajoute une couche de représentation, permettant une voix supplémentaire pour les pays confrontés à des reconstructions post-conflit. Les discussions lors de la réunion du 4 février ont reflété ces dynamiques, avec un consensus sur la nécessité de réformes qui respectent les spécificités locales.

Au sein de ce groupe, des initiatives comme la participation à l’Initiative des 1000 villages numériques démontrent des efforts concrets pour intégrer la technologie dans l’agriculture, aidant les petits producteurs à accéder à de nouveaux marchés. Ces projets, déployés dans plusieurs pays membres, soulignent l’approche pratique adoptée pour contrer les vulnérabilités.

L’engagement libanais en détail

L’ambassadrice Carla Jazzar, en tant que représentante permanente, joue un rôle pivotal dans cette présidence. Son discours a détaillé les intentions du Liban de maintenir une approche collaborative, en suivant les dossiers prioritaires avec diligence. Les félicitations des membres, accompagnées d’assurances de soutien, indiquent une confiance dans la capacité du Liban à guider le groupe.

Cette présidence coïncide avec des efforts nationaux au Liban pour valider des cadres stratégiques, comme la stratégie agricole nationale pour 2026-2035, qui intègre des évaluations environnementales et sociales pour une agriculture résiliente.

Les défis climatiques et leurs impacts immédiats

Le changement climatique reste un facteur critique dans la région, avec des effets immédiats sur les récoltes et les ressources en eau. Des pays comme le Liban et la Jordanie gèrent des sécheresses récurrentes, tandis que d’autres font face à des inondations. La présidence libanaise pourrait prioriser des discussions sur l’adaptation, en s’appuyant sur les engagements régionaux antérieurs pour transformer les systèmes agroalimentaires.

Les implications immédiates incluent une coordination accrue pour les réponses d’urgence, comme celles observées lors des crises récentes au Liban, où les dommages agricoles ont nécessité des évaluations rapides pour estimer les pertes et planifier la récupération.

La préparation du congrès émirati

Les préparatifs pour le congrès des 20 et 21 avril 2026 avancent, avec un focus sur les thèmes régionaux. La réserve soudanaise, bien que notée, n’altère pas le calendrier, permettant au groupe de se concentrer sur des sessions ministérielles pour évaluer les progrès en sécurité alimentaire et en résilience rurale. Ce rassemblement pourrait inclure des tables rondes sur la nutrition et le soutien aux communautés vulnérables, reflétant les priorités endossées précédemment.

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