Beyrouth, 5 mars 2026. Le centre des opérations d’urgence du ministère de la Santé publique a annoncé ce jeudi après-midi que le bilan des agressions israéliennes sur le territoire libanais, depuis l’aube du lundi 2 mars jusqu’à l’après-midi du jeudi 5 mars, s’établit désormais à 102 martyrs et 638 blessés. Cette mise à jour, diffusée par l’Agence nationale d’information, reflète l’évolution des pertes humaines enregistrées au cours des quatre derniers jours dans les régions touchées par les opérations militaires en cours.
Le communiqué officiel du centre des opérations d’urgence précise que « la hssilat al-oudwan al-israili » – la récolte de l’agression israélienne – a atteint ces chiffres précis. Aucune ventilation détaillée par région, par âge ou par nature des blessures n’a été fournie dans l’annonce. Les données proviennent des hôpitaux publics et privés, des centres de santé primaires et des équipes mobiles de secours déployées sur le terrain.
Ce nouveau bilan intervient alors que les agressions se poursuivent dans plusieurs secteurs, notamment le Sud, la Bekaa et la banlieue sud de Beyrouth. Il marque une augmentation significative par rapport aux chiffres communiqués la veille, qui faisaient état de 72 morts et 437 blessés.
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Le suivi précis des services de santé publique
Le ministère de la Santé maintient un suivi horaire des admissions dans les établissements de référence à Beyrouth, Tyr, Nabatiyeh, Baalbek et dans les hôpitaux de la banlieue sud. Les équipes médicales ont compilé les données transmises en continu depuis les services d’urgences. Le centre des opérations d’urgence a insisté sur le caractère actualisé de ce décompte, arrêté à l’après-midi du 5 mars.
Aucun détail supplémentaire sur les circonstances exactes des décès ou des blessures n’a été communiqué. Le bilan ne distingue pas les civils des autres catégories de victimes. Les services du ministère ont simplement indiqué que les chiffres seraient révisés quotidiennement en fonction des informations reçues des hôpitaux.
Le contexte humanitaire et l’exode interne
Ces pertes s’inscrivent dans un mouvement d’exode massif déjà documenté par le ministère des Affaires sociales. La ministre Hanine Sayyed avait indiqué la veille que 83 847 personnes étaient inscrites dans les centres d’accueil officiels. Ces inscriptions concernent les familles enregistrées dans les structures gérées par l’État, principalement dans les gouvernorats du Sud, de Nabatiyeh, de la Bekaa et du Mont-Liban.
Les centres, installés dans des écoles publiques, des centres communautaires et des installations temporaires, fonctionnent sous la supervision de la Haute Commission de secours et de l’Unité de gestion des catastrophes du Grand Sérail. Chaque personne inscrite reçoit un numéro de référence et un accès prioritaire aux distributions de repas et de kits d’hygiène.
Les mesures gouvernementales engagées depuis le début des opérations
Le Premier ministre Nawaf Salam s’est adressé mercredi soir aux déplacés depuis le Grand Sérail. « À chaque mère qui a porté ses enfants dans la précipitation, à chaque famille qui a dû fermer la porte de sa maison, je dis : vous n’êtes pas seuls. Tout le Liban est votre maison », avait-il déclaré. Il a demandé aux ministres concernés d’écouter les besoins des déplacés et de les satisfaire dans les délais les plus brefs possibles dans la limite des moyens disponibles.
Le gouvernement a activé dès l’aube du 2 mars les mécanismes d’urgence. Des équipements supplémentaires sont acheminés progressivement vers les centres d’hébergement. Le Premier ministre suit personnellement l’évolution des situations heure par heure depuis la salle des opérations du Grand Sérail.
La mobilisation des ministères et des municipalités
Le ministère de la Santé coordonne avec le ministère des Affaires sociales et les municipalités des régions d’accueil. Les équipes médicales mobiles assurent un suivi sanitaire dans les sites les plus sollicités. Les municipalités du Mont-Liban et du Nord ont ouvert leurs portes aux déplacés et signalent leurs besoins en temps réel.
Aucune région du pays n’a été laissée à l’écart de cet effort national. Les ministres des secteurs concernés – santé, affaires sociales, éducation et travaux publics – rendent compte directement au Premier ministre de l’avancement des mesures prises dans leurs domaines respectifs.
Les axes routiers et les alertes de sécurité
L’armée israélienne a diffusé jeudi matin une nouvelle carte d’évacuation pour les quartiers de Bourj el-Barajneh, Hadath, Haret Hreik et Chiyah dans la banlieue sud de Beyrouth. Les habitants sont invités à se diriger vers l’est via l’axe Beyrouth–Damas ou vers le nord via l’axe Beyrouth–Tripoli, avec interdiction formelle de se déplacer vers le sud.
Ces instructions ont été publiées par le porte-parole de l’armée israélienne Avichai Adraee. Elles font suite à une carte similaire diffusée la veille pour les localités du Sud jusqu’au fleuve Litani.
La coordination avec la FINUL et les partenaires internationaux
L’armée libanaise maintient un niveau d’alerte maximal le long de la ligne bleue. Elle coordonne avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban les patrouilles destinées à documenter les mouvements et les violations. Le ministère des Affaires étrangères continue de transmettre aux missions diplomatiques accréditées à Beyrouth les éléments factuels sur les agressions enregistrées depuis le 2 mars.
Le président français Emmanuel Macron a joint par téléphone le Premier ministre Nawaf Salam mercredi soir pour lui exprimer le soutien de la France au gouvernement libanais et sa solidarité avec le peuple libanais. L’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa, a été reçu au Grand Sérail pour un entretien sur les développements en cours.
Le discours du cheikh Naim Qassem et la position du Hezbollah
Mercredi soir, le cheikh Naim Qassem, secrétaire général du Hezbollah, a prononcé une allocution dans laquelle il a rappelé que le parti avait accepté la voie diplomatique pour permettre à l’État d’assumer ses responsabilités, tout en soulignant que « la patience a des limites ». Il a estimé que les décisions gouvernementales prises les 5 et 7 août avaient affaibli la position de l’État et donné une légitimité à l’agression. Le secrétaire général a réaffirmé que la poursuite de l’occupation consacrait le droit à la résistance.
La situation à 15 h 43 heure libanaise ce jeudi 5 mars
Au moment de la publication du nouveau bilan par le ministère de la Santé, les équipes médicales poursuivent la compilation des données à partir des admissions hospitalières. La ministre Hanine Sayyed supervise l’enregistrement continu des arrivées dans les centres d’accueil officiels. Les unités de l’armée libanaise maintiennent leur déploiement le long de la ligne bleue et coordonnent avec la FINUL les patrouilles destinées à documenter les mouvements. Les services de la Haute Commission de secours acheminent des équipements supplémentaires vers les sites d’hébergement les plus sollicités. Les échanges d’informations entre les services de renseignement libanais et leurs partenaires internationaux se poursuivent en temps réel. Les missions diplomatiques accréditées à Beyrouth restent en contact permanent avec le palais de Baabda et le Grand Sérail. Les équipes médicales mobiles opèrent dans les zones affectées et les municipalités des régions d’accueil coordonnent les distributions d’aide. Le ministère des Affaires étrangères continue de transmettre les éléments factuels sur les violations enregistrées depuis le 2 mars. Les autorités suivent heure par heure l’évolution des positions dans le Sud-Liban et les besoins humanitaires immédiats des populations déplacées.


