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Le ministère libanais de l’Éducation autorise les directeurs d’écoles à suspendre les cours en raison de l’escalade des tensions régionales

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Le Liban, déjà marqué par des années de crises multiples, fait face à une nouvelle vague d’incertitudes liée aux récents développements sécuritaires dans la région. Dans un communiqué publié ce dimanche 28 février 2026, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, dirigé par la ministre Rima Karami, a demandé aux directeurs des écoles et lycées publics et privés d’évaluer la situation de leurs établissements et de décider s’il convient de poursuivre l’enseignement en présentiel ou de suspendre les cours pour la journée du lundi 1er mars 2026. Cette mesure, prise en réponse aux « évolutions graves » observées dans la région, reflète une approche décentralisée visant à prioriser la sécurité des élèves et du personnel éducatif tout en maintenant autant que possible la continuité pédagogique.

Ce communiqué intervient au moment où les tensions régionales atteignent un pic inédit, avec des frappes aériennes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran ayant abouti à la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le 28 février 2026. Ces attaques, qui ont visé des sites stratégiques à Téhéran et dans d’autres provinces iraniennes, ont provoqué une riposte immédiate de l’Iran, sous forme de tirs de missiles et de drones contre Israël et plusieurs États du Golfe abritant des bases militaires américaines. Selon des rapports officiels, ces échanges ont causé des dizaines de victimes civiles et militaires, avec des explosions rapportées à Tel-Aviv, Beit Shemesh en Israël, ainsi qu’à Dubaï et Abou Dhabi aux Émirats arabes unis. L’Iran a justifié ses contre-attaques comme une réponse à ce qu’il qualifie d’« agression flagrante » contre sa souveraineté, tandis que les États-Unis et Israël ont présenté leurs opérations comme des mesures préventives visant à neutraliser des menaces imminentes, notamment liées au programme nucléaire iranien et à ses soutiens régionaux.

Au Liban, ces événements ont suscité une vive appréhension, amplifiée par la proximité géographique et les liens historiques avec les acteurs impliqués. Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a condamné les frappes américano-israéliennes comme une « violation flagrante du droit international », selon un communiqué de son chef, Naim Qassem, publié le 28 février 2026. Qassem a affirmé que le mouvement « assumera son devoir de confrontation contre l’agression », mais sans annoncer d’actions militaires immédiates. Cette déclaration a été interprétée comme un signal de prudence, alors que le groupe reste affaibli par les opérations israéliennes antérieures dans le sud du Liban, qui ont ciblé des infrastructures de missiles et des tunnels depuis janvier 2026. Des sources militaires libanaises indiquent que l’armée libanaise a renforcé ses positions le long de la ligne bleue, la frontière avec Israël, pour prévenir tout débordement.

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Dans ce climat tendu, le communiqué du ministère de l’Éducation met l’accent sur la « sécurité absolue de la famille éducative » et sur la nécessité de tenir compte de la « réalité humaine et psychologique » des élèves et des enseignants. Il précise que les directeurs doivent baser leur décision sur les « données locales et les circonstances psychologiques et sociales entourant chaque école ». Cette flexibilité marque un écart par rapport aux approches plus centralisées adoptées lors de crises passées, comme la pandémie de Covid-19 en 2020 ou les intempéries de janvier 2026, où le ministère avait imposé des fermetures uniformes. Ici, l’objectif est d’adapter les mesures aux réalités locales, particulièrement dans les régions frontalières du sud, où les écoles ont déjà subi des interruptions dues aux échanges de tirs sporadiques entre Israël et le Hezbollah au cours des derniers mois.

La ministre Rima Karami, en poste depuis février 2025 au sein du gouvernement de Nawaf Salam, a réaffirmé dans des déclarations antérieures son engagement pour une éducation équitable et résiliente. Lors d’une visite conjointe avec l’Union européenne et l’Unicef dans des écoles du sud du Liban le 24 février 2026, elle avait déclaré : « Dès le premier jour de ma prise de fonction, j’étais convaincue de la nécessité d’accorder une attention particulière aux villages en première ligne, en signe de respect et d’appréciation profonde pour les sacrifices des habitants du sud face aux immenses défis qu’ils continuent d’affronter. » Cette visite avait permis d’annoncer un financement supplémentaire de 570 000 dollars américains pour soutenir la continuité de l’enseignement dans les zones affectées, incluant la fourniture de matériels pédagogiques et un appui aux enseignants. Ces initiatives s’inscrivent dans un partenariat plus large avec des organisations internationales, visant à renforcer la capacité des écoles publiques à rester opérationnelles malgré les défis sécuritaires et économiques persistants.

Les implications de cette décision sur le système éducatif libanais sont multiples. Le Liban compte environ 1,2 million d’élèves dans les écoles publiques et privées, selon les données du ministère pour l’année scolaire 2025-2026. La réduction de la semaine scolaire à quatre jours, annoncée en août 2025 pour faire face à la crise économique et aux pénuries d’énergie, avait déjà perturbé les programmes d’enseignement. Avec cette nouvelle mesure, des milliers d’élèves pourraient voir leurs cours suspendus, exacerbant les retards accumulés depuis la crise financière de 2019, qui a entraîné des grèves massives d’enseignants et une réduction de 50 % du curriculum pour la deuxième année consécutive en 2022. Des rapports de l’Unesco, datant d’octobre 2024, soulignent que plus de 700 000 enfants libanais, dont une large proportion de réfugiés syriens, risquent de décrocher scolairement en raison des interruptions récurrentes.

Sur le plan psychologique, le communiqué insiste sur l’importance d’un « accueil psychologique des élèves » et de l’allocation d’un « espace éducatif humain dans les classes pour l’expression et le dialogue calme ». Cette recommandation vise à préserver la « diversité des opinions » et à « sauvegarder l’unité de la communauté scolaire ». Dans un pays marqué par des divisions confessionnelles et politiques, les écoles représentent souvent un espace de cohésion sociale. Cependant, les tensions régionales actuelles pourraient accentuer les clivages, particulièrement dans les régions mixtes comme Beyrouth ou le sud, où les familles craignent des répercussions directes des ripostes iraniennes. Des témoignages de parents, relayés par des médias locaux, indiquent une augmentation des absences volontaires depuis le 28 février, avec des craintes liées aux alertes aériennes potentielles.

Le gouvernement libanais, sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam, a multiplié les efforts pour isoler le pays de l’escalade. Lors d’une allocution télévisée le 28 février 2026, Salam a déclaré : « Nous avons travaillé pour reprendre la décision de guerre et de paix, et la preuve est que, pour la première fois depuis 1969, le gouvernement libanais, via l’armée libanaise et les forces armées libanaises, a un contrôle opérationnel complet sur le sud du pays. » Il a ajouté que le Liban ne permettra pas à quiconque de l’entraîner dans une nouvelle « aventure », faisant référence au coût « extrêmement élevé » de la participation du Hezbollah à la « guerre de soutien à Gaza » depuis octobre 2023. Cette position marque un tournant dans la dynamique interne, avec un renforcement du rôle de l’armée libanaise dans le sud, conformément à la résolution 1701 de l’ONU, qui appelle au déploiement exclusif des forces gouvernementales au sud du Litani.

Les opérations militaires israéliennes en février 2026 ont d’ailleurs visé des sites du Hezbollah dans le sud et l’est du Liban, avec 44 frappes aériennes recensées, soit une diminution de 50 % par rapport à janvier, mais concentrées sur 16 sites dans le sud, 20 dans la Békaa et 8 dans le nord. Ces actions ont causé la mort de 14 personnes, dont 10 membres du Hezbollah et 2 du Hamas, selon des bilans officiels. Le Hezbollah a répondu par des tirs limités, mais sans escalade majeure, indiquant une volonté de contenir le conflit. Le Premier ministre Salam a également convoqué une réunion d’urgence du cabinet le 28 février pour évaluer la preparedness, affirmant que les stocks de carburant et de biens essentiels sont sécurisés pour au moins trois mois, et que l’aéroport de Beyrouth reste opérationnel malgré les annulations de vols.

Au niveau international, les réactions soulignent les risques d’une déstabilisation plus large. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à une « désescalade immédiate » dans un communiqué du 1er mars 2026, avertissant que les frappes pourraient « plonger la région dans une catastrophe ». Des pays comme la France et l’Égypte ont exprimé leur solidarité avec le Liban, avec une conférence prévue à Paris le 5 mars pour discuter du soutien économique et sécuritaire. L’Unicef, dans son rapport sur la réponse éducative d’urgence au Liban datant d’octobre 2024, met en garde contre les interruptions prolongées, notant que 21 % des écoles publiques dans le sud ont déjà fermé temporairement en 2025 en raison des tensions.

Dans les régions frontalières, les écoles comme celles de Jdeidet Marjayoun, visitées par la ministre Karami le 24 février, illustrent les défis quotidiens. Ces établissements, souvent équipés de abris anti-aériens rudimentaires, doivent équilibrer l’enseignement avec la préparation aux alertes. Le ministère a promis un suivi quotidien de la situation, avec des décisions ultérieures basées sur l’évolution des événements, pour garantir le droit des élèves à l’apprentissage dans toutes les circonstances.

Cette approche décentralisée pourrait servir de modèle pour d’autres secteurs, mais elle révèle aussi les limites des ressources étatiques. Avec une dette publique dépassant 150 % du PIB selon les rapports du FMI de 2025, le Liban peine à financer les salaires des enseignants, dont beaucoup ont émigré. La stratégie nationale d’éducation verte, lancée en novembre 2025 sous le patronage de Salam et représenté par Karami, intègre des éléments de résilience environnementale et sociale, mais les priorités sécuritaires actuelles pourraient la reléguer au second plan.

Le ministère réaffirme que l’école reste un « espace de sécurité, de dialogue et de respect de la pluralité », avec des décisions ancrées dans une « responsabilité nationale et éducative, loin de tout alignement ». Cette insistance sur la neutralité éducative face aux clivages régionaux souligne les efforts pour préserver un tissu social fragile, alors que les familles attendent avec anxiété les décisions locales pour le lundi 1er mars.

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Newsdesk Libnanews
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