Le patriarche maronite Beshara al-Rahi a déclaré que le Vatican agit en tant que « force morale » pour encourager les pays étrangers à soutenir l’élection d’un président au Liban, sans toutefois s’immiscer dans le choix des candidats. Lors d’une interview accordée à Radio Voix du Liban (100.5), il a exprimé l’impatience du pape face à l’absence d’un président dans le pays.
Critique de Nabih Berri
Al-Rahi a directement pointé du doigt le président du Parlement, Nabih Berri, le tenant pour responsable de l’impasse politique actuelle. « Le pape se demande pourquoi aucun président n’a encore été élu », a-t-il déclaré. « Nous disons que le responsable de cela est Nabih Berri, car il garde la clé du Parlement dans sa poche, ce qu’il n’a pas le droit de faire », a ajouté le patriarche, en appelant Berri à « ouvrir les portes du Parlement » pour permettre aux députés de procéder à l’élection présidentielle.
Appel à respecter le processus constitutionnel
Le patriarche al-Rahi a également critiqué l’exigence de certains acteurs politiques de parvenir à un accord préalable sur le choix du président, affirmant que cela constitue une violation de la Constitution. « Chaque Maronite a le droit de devenir président, et ils le savent », a-t-il déploré, tout en regrettant que ce processus constitutionnel soit de plus en plus lié aux développements du conflit au Liban et à Gaza. Selon lui, cette approche repousse encore davantage l’échéance présidentielle, alors que « le pays est en train de mourir ».
Un président à la hauteur des défis du Liban
Al-Rahi a souligné la nécessité d’élire un président qui jouisse de la confiance à la fois du peuple libanais et de la communauté internationale. Il a insisté sur l’importance d’avoir un dirigeant capable de traiter les questions de sécurité et d’économie, des dossiers cruciaux alors que le Liban traverse une crise profonde.
Neutralité et implication dans le conflit
Le patriarche a réitéré son appel à la neutralité du Liban, un principe qu’il considère comme étant au cœur du système libanais. « Après que nous en avons été éloignés, nous avons été impliqués dans une guerre que ni le gouvernement ni le peuple libanais ne souhaitent », a-t-il déclaré. Pour al-Rahi, le retour à la neutralité est essentiel pour stabiliser le Liban et le sortir des conflits régionaux dans lesquels il s’est trouvé mêlé, en particulier à travers l’implication du Hezbollah dans les combats en Syrie et dans les tensions avec Israël.



