Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a fermement condamné la poursuite de l’agression israélienne contre le Liban, qualifiant les actions de l’État hébreu de « crimes de guerre » impliquant « meurtres et destructions ». Il a exhorté la communauté internationale, restée jusqu’ici silencieuse, à exercer une pression maximale sur Israël pour mettre fin à son offensive.
Lors d’une déclaration relayée par l’Agence nationale de l’information (ANI), M. Mikati a réaffirmé l’engagement du gouvernement libanais envers la Résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, exprimant sa volonté de renforcer la présence de l’armée libanaise dans le sud du pays. Il a également accueilli favorablement toutes les initiatives appelant à un cessez-le-feu immédiat.
Cependant, le Premier ministre a déploré que « l’ennemi israélien ait rejeté toutes les solutions proposées » et poursuive ses « crimes de guerre contre diverses régions libanaises, allant jusqu’à cibler des sites archéologiques », ce qu’il considère comme « une autre crime contre l’humanité qui doit être stoppé ».
Appel à la protection des civils et du patrimoine culturel
M. Mikati a insisté sur la nécessité de protéger les civils, ainsi que les équipes médicales et de secours, des attaques israéliennes. Il a remis aux ambassadeurs un rapport du ministère de la Santé détaillant les dommages subis par le secteur de la santé à cause des raids israéliens.
Il a également souligné que les agressions continues d’Israël, notamment les attaques sur des villes comme Baalbek et Tyr, ont entraîné le déplacement de villages entiers et menacent des sites patrimoniaux et culturels inestimables. « Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat pour arrêter cette violence insensée et protéger le patrimoine culturel de notre pays, y compris les sites archéologiques antiques de Baalbek et de Tyr », a-t-il déclaré.
Démarches diplomatiques auprès des grandes puissances
Dans le cadre des efforts pour mettre fin à l’escalade, M. Mikati a rencontré à Beyrouth les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que l’ambassadrice de l’Union européenne, en présence du ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib. Il a demandé au ministère des Affaires étrangères de transmettre également son message aux membres non permanents du Conseil de sécurité.
L’ambassadrice de l’Union européenne, Sandra De Waele, a exprimé après la réunion le soutien de l’UE au Liban et a insisté sur « la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat ». Elle a également évoqué les différentes formes d’aide apportées par l’UE au Liban, notamment l’assistance humanitaire et le soutien au secteur éducatif.
Renforcement de l’armée libanaise
Le Premier ministre a annoncé que le gouvernement avait déjà approuvé une décision visant à renforcer la présence de l’armée dans le sud et à recruter 1 500 nouveaux soldats. « Lors de la prochaine session, nous discuterons également de certaines mesures exécutives pour soutenir ce processus de recrutement », a-t-il précisé.
Solidarité nationale face à la crise
Par ailleurs, M. Mikati a reçu plusieurs responsables libanais, dont le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, et les députés Fadi Alameh et Bilal Abdallah. Ces derniers ont souligné l’importance de coordonner les efforts pour dénoncer les violations israéliennes contre le secteur de la santé et pour assurer la distribution équitable de l’aide humanitaire aux déplacés.
Les responsables ont également appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures « rapides et décisives » pour protéger les « trésors historiques » du Liban, affirmant qu’ils font partie non seulement de l’identité nationale, mais aussi du patrimoine mondial.



