samedi, janvier 31, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Le président Aoun reçoit le chef de l’UNTSO en visite d’adieu et insiste sur la nécessité de maintenir les observateurs de trêve au Liban

- Advertisement -

Dans un contexte marqué par des tensions persistantes à la frontière sud du Liban, le président de la République, le général Joseph Aoun, a reçu, ce vendredi 30 janvier 2026, au palais de Baabda, le major-général Patrick Gauchat, chef de la mission et chef d’état-major de l’Organisation des Nations unies pour la supervision de la trêve (UNTSO). Accompagné de la conseillère politique Maria Kantamigu et du colonel Henri Ruotsalainen, responsable du bureau de Beyrouth, le major-général Gauchat effectuait une visite d’adieu à l’occasion de la fin de sa mission au Liban et de son transfert vers un autre poste. Au cours de cette rencontre, les discussions ont porté sur les opérations des observateurs de trêve dans les pays où ils sont déployés, avec un accent particulier sur le Liban. Le président Aoun a remercié le major-général Gauchat pour les efforts déployés par lui et son équipe durant son mandat, lui souhaitant succès dans ses nouvelles responsabilités. Il a surtout souligné l’importance capitale de maintenir la présence des observateurs de trêve au Liban, compte tenu du rôle essentiel qu’ils jouent, d’autant que le Liban a réaffirmé à plusieurs reprises son engagement total envers l’accord de trêve et toutes ses dispositions.

Cette rencontre intervient alors que le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rudolf Heikal, a lui aussi reçu le major-général Gauchat dans son bureau à Yarzé, plus tôt dans la journée. Les échanges ont porté sur la situation générale au Liban et dans la région, avec une analyse des défis sécuritaires actuels. Ces deux audiences soulignent l’attention portée par les autorités libanaises à la coopération avec les mécanismes onusiens, dans un moment où les violations répétées du cessez-le-feu de novembre 2024 par les forces israéliennes continuent de menacer la stabilité fragile du sud du pays.

Les tensions frontalières persistantes

La frontière entre le Liban et Israël reste un foyer de tensions récurrentes, malgré l’accord de cessation des hostilités signé le 27 novembre 2024. Depuis cette date, les forces armées libanaises ont annoncé, le 20 janvier 2026, avoir assumé le contrôle opérationnel exclusif de la zone au sud du Litani, marquant une étape significative dans la mise en œuvre du plan gouvernemental approuvé pour rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Le président Aoun a déclaré à cette occasion que cette mesure mettrait fin à toute tentative d’entraîner le Liban dans des conflits extérieurs, alors que les parties impliquées poursuivent des négociations pour leurs intérêts nationaux. Pourtant, les incursions israéliennes n’ont pas cessé. Le ministère libanais des Affaires étrangères a déposé, le 26 janvier 2026, une plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, documentant 2 036 violations de la souveraineté libanaise par Israël au cours des trois derniers mois de 2025. Ces violations incluent des survols aériens, des incursions terrestres et des tirs directs, qui ont causé la mort de plus de 340 personnes selon le ministère libanais de la Santé.

Parmi les incidents les plus récents, le 12 janvier 2026, des observateurs de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) ont rapporté que deux chars Merkava israéliens, positionnés en territoire libanais près de Sarda, ont avancé plus profondément et que l’un d’eux a tiré trois obus, avec deux impacts à environ 150 mètres des casques bleus. Les forces onusiennes avaient préalablement informé l’armée israélienne de leurs activités dans la zone, conformément aux protocoles établis. Le 13 janvier 2026, deux obus de mortier, probablement des fusées éclairantes, ont frappé l’héliport et la porte principale d’une position onusienne au sud-ouest de Yaroun, forçant les soldats à se mettre à l’abri. Aucun blessé n’a été signalé, mais la FINUL a immédiatement transmis une demande d’arrêt des tirs aux forces de défense israéliennes. Le 16 janvier 2026, une patrouille de la FINUL près de Kafer Chouba a essuyé environ 30 balles de petit calibre provenant d’une position israélienne au sud de la Ligne bleue, suivies d’une centaine de tirs de mitrailleuse à 50 mètres des casques bleus. Ces actes ont été qualifiés de « tendance préoccupante » par la FINUL, qui a réitéré son appel à l’armée israélienne pour qu’elle cesse les comportements agressifs à proximité des forces de maintien de la paix.

Le rôle historique de l’UNTSO dans la région

L’Organisation des Nations unies pour la supervision de la trêve, établie en 1949 pour superviser les accords d’armistice arabo-israéliens, joue un rôle pivotal dans le maintien de la paix au Moyen-Orient. Avec son quartier général à Jérusalem et des bureaux de liaison à Beyrouth, au Caire et à Damas, l’UNTSO déploie actuellement 159 observateurs militaires, soutenus par 69 civils internationaux et 137 employés nationaux. En Liban, via le Groupe d’observateurs au Liban (OGL), l’UNTSO fournit des observateurs militaires non armés à la FINUL, aidant à surveiller les cessez-le-feu, à superviser les accords d’armistice et à prévenir l’escalade d’incidents isolés. Depuis sa création, l’UNTSO a enregistré 50 pertes humaines, dont 18 observateurs militaires et 18 soldats, témoignant des risques inhérents à sa mission.

Sous la direction du major-général Patrick Gauchat, nommé en octobre 2021, l’UNTSO a renforcé sa coopération avec les forces libanaises et onusiennes. En décembre 2024, Gauchat a été désigné chef intérimaire de la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD) au Golan, illustrant son expertise dans les zones sensibles. Sa mission au Liban s’achève alors que la région fait face à des menaces croissantes contre les casques bleus, comme l’a averti le sous-secrétaire général aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, le 16 janvier 2026, lors d’une session du Conseil de sécurité. Lacroix a souligné les risques sécuritaires accrus, les pressions budgétaires et l’incertitude politique affectant les opérations de paix au Moyen-Orient, tout en saluant la coopération « excellente » avec les autorités libanaises et l’armée libanaise.

La perspective de la fin du mandat de la FINUL

Avec l’arrivée de 2026, la FINUL entre dans sa dernière année d’opérations, après 48 ans de présence au Liban. Adoptée en août 2025, la résolution 2790 du Conseil de sécurité prolonge le mandat de la FINUL jusqu’au 31 août 2026, dans le cadre d’un processus de retrait progressif, sous pression des États-Unis et d’Israël. Composée de 10 800 soldats, la FINUL a pour mission de confirmer le retrait israélien du Liban, de restaurer la paix internationale et d’assister le gouvernement libanais à rétablir son autorité effective dans le sud. Pourtant, le Premier ministre Nawaf Salam, lors d’une visite à Paris le 25 janvier 2026, a affirmé que le Liban aura besoin d’une forme de force internationale après le départ de la FINUL, préférablement sous égide onusienne pour garantir impartialité et neutralité. « Nous aurons toujours besoin d’une présence internationale au sud », a-t-il déclaré après une rencontre avec le président français Emmanuel Macron.

Dans ce cadre, l’UNTSO est appelée à jouer un rôle accru. Contrairement à la FINUL, l’UNTSO ne sera pas dissoute et continuera à opérer via l’OGL pour soutenir la stabilité. Le 10 janvier 2025, l’OGL a repris ses opérations après la signature du cessez-le-feu, marquant un retour à des patrouilles actives. Le 21 janvier 2025, l’OGL est revenue à sa base de patrouille ouest dans le sud du Liban, renforçant la surveillance le long de la Ligne bleue. Ces développements interviennent alors que la FINUL a découvert, depuis le cessez-le-feu, plus de 405 caches d’armes dans sa zone d’opérations, toutes remises à l’armée libanaise.

Les engagements réitérés du Liban envers la résolution 1701

Le Liban a constamment réaffirmé son attachement à la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée en 2006 pour mettre fin aux hostilités entre le Hezbollah et Israël. Cette résolution appelle au déploiement exclusif des forces armées libanaises au sud du Litani, au désarmement des milices et au retrait complet des forces israéliennes. Le président Aoun, élu le 9 janvier 2025 après plus de deux ans de vacance présidentielle, a fait de la mise en œuvre de cette résolution une priorité. Ancien commandant en chef de l’armée, Aoun navigue entre les pressions américaines et israéliennes pour désarmer le Hezbollah et le refus interne de discuter des armes sous le feu. Le 29 janvier 2026, lors d’une déclaration, il a insisté sur le fait que le rétablissement du contrôle étatique mettrait fin aux ingérences extérieures, tout en évitant un nouveau conflit civil.

Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, soutient cette ligne. Le coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, reste en contact avec toutes les parties pour encourager les progrès dans l’application de la résolution 1701 et de l’accord de cessez-le-feu. Le 8 janvier 2026, le chef des opérations de paix de l’ONU a souligné le rôle de la FINUL dans la préservation de la stabilité et la mise en œuvre de la résolution, notant que aucun mandat de pré-retrait n’existe et que la mission opérera sous son autorisation actuelle jusqu’à fin décembre 2026.

Les défis sécuritaires immédiats au sud

Les opérations israéliennes contre le Hezbollah se poursuivent, avec une intensité notable entre le 19 et le 25 janvier 2026. Des frappes ont ciblé des actifs du Hezbollah au sud et au nord du Litani, atteignant même la frontière libano-syrienne près de Hermel. Le 21 janvier 2026, deux operatives du Hezbollah ont été tués et 19 personnes blessées dans des attaques. Le 30 janvier 2026, un drone israélien a frappé un véhicule à Siddiqin, dans le sud, tandis que des forces israéliennes se positionnaient près d’une maison détruite à l’est de Yaroun, sous une surveillance aérienne intensive. Une patrouille conjointe de l’armée libanaise et de la FINUL s’est dirigée vers la zone.

Le 28 janvier 2026, la FINUL a réaffirmé son engagement à soutenir la stabilité au sud du Liban, malgré des milliers de violations israéliennes de la résolution 1701 depuis le cessez-le-feu. Des murs construits par l’armée israélienne en territoire libanais près de Yaroun illustrent ces infractions. Par ailleurs, des soldats chinois de la FINUL ont réparé une route de 300 mètres dans un village libanais, démontrant les contributions humanitaires des casques bleus.

Les implications immédiates de la coopération libano-onusienne

La rencontre entre le général Heikal et le major-général Gauchat met en lumière la coordination étroite entre l’armée libanaise et les forces onusiennes. Depuis le cessez-le-feu, plus de 400 caches d’armes et infrastructures ont été remises à l’armée libanaise par la FINUL. Le 16 janvier 2026, une patrouille a découvert un dispositif explosif près d’Adeisse, connecté à un cordon détonant. Ces découvertes soulignent les efforts pour sécuriser la zone. Le 27 janvier 2026, lors d’une audition au Parlement britannique, des experts ont noté que l’élection d’Aoun et la nomination de Salam ont mis fin à un blocage politique de deux ans, permettant aux institutions étatiques de fonctionner plus efficacement. Le 26 janvier 2026, le président Aoun a rencontré le ministre d’État qatari des Affaires étrangères, discutant de la coopération régionale. Ces interactions diplomatiques, couplées aux opérations sur le terrain, illustrent les tentatives pour consolider la paix, alors que les violations israéliennes quotidiennes, incluant des tirs près des positions onusiennes, persistent et que l’armée libanaise renforce son déploiement au sud.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi