Le secteur du tourisme au Liban, déjà fragilisé par les crises économiques et politiques, a enregistré une diminution significative de 24 % des arrivées de visiteurs au cours des huit premiers mois de 2024. Selon les chiffres du Ministère du Tourisme, le nombre de visiteurs a atteint 933 976, contre 1 229 350 pour la même période en 2023, et 982 206 pour les huit premiers mois de 2022. Cette baisse intervient dans un contexte de tensions accrues dans la région, notamment avec l’éruption du conflit dans la bande de Gaza et les raids israéliens dans le sud du Liban, qui suscitent des préoccupations sur la sécurité et la stabilité politique.
Évolution mensuelle des arrivées
L’analyse mensuelle montre une baisse progressive des arrivées de touristes, avec des pics au cours des mois de l’été, bien que ceux-ci soient nettement inférieurs à ceux de l’année précédente. Le nombre de visiteurs s’élevait à :
- 77 712 en janvier
- 80 150 en février
- 79 771 en mars
- 102 657 en avril
- 116 477 en mai
- 173 308 en juin
- 195 992 en juillet
- 107 909 en août
Comparativement, les mêmes mois en 2023 avaient enregistré des chiffres nettement plus élevés, avec une baisse notable de 12 % en janvier, 6,5 % en février, 20,8 % en mars, 16,8 % en avril, 18 % en mai, 17,4 % en juin, 26,8 % en juillet et 48,7 % en août. Ces chiffres mettent en évidence un recul important de l’attractivité du Liban pour les visiteurs étrangers, en raison de l’instabilité géopolitique.
Origine des visiteurs
Le profil des visiteurs montre que les Européens constituent la principale source de touristes au Liban avec 41,2 % des arrivées, soit 384 491 visiteurs. Ils sont suivis par les visiteurs des pays arabes, qui représentent 24,4 % des arrivées avec 227 524 touristes. Les visiteurs en provenance des Amériques (20,7 %) comptabilisent 192 950 touristes, tandis que les arrivées en provenance d’Asie atteignent 47 676 (5,1 %), et celles en provenance d’Afrique s’élèvent à 43 986 (4,6 %). Enfin, 4,1 % des visiteurs (37 962) viennent d’Océanie.
Les chiffres montrent cependant des reculs marqués par rapport à l’année précédente dans la plupart des régions d’origine. Les visiteurs des Amériques ont diminué de 26 %, tout comme ceux des pays arabes, de l’Europe (25 % chacun) et de l’Asie (16,3 %). Seule l’Afrique a enregistré une légère augmentation de 3,6 %.
Impact de l’instabilité géopolitique
Les responsables du tourisme et les acteurs économiques attribuent cette baisse de la fréquentation touristique aux tensions accrues dans la région, en particulier le conflit entre Israël et Gaza, qui a directement affecté la perception de sécurité au Liban. Les affrontements ont généré des inquiétudes chez les touristes potentiels, dissuadant de nombreux visiteurs étrangers de se rendre au Liban, même pendant la haute saison estivale. Le pays souffre également de la dégradation de son image en raison des problèmes de sécurité liés aux incursions israéliennes dans le sud et aux instabilités internes.
Les troubles dans les pays voisins affectent souvent le tourisme au Liban, un secteur qui dépend largement de la perception de stabilité pour attirer des visiteurs. Le tourisme est l’un des piliers de l’économie libanaise, fournissant des revenus précieux et soutenant une grande partie des emplois dans les services, l’hôtellerie et la restauration. La baisse de fréquentation actuelle pourrait aggraver la situation économique du pays, déjà en proie à une crise prolongée.
Perspectives pour le secteur touristique
La baisse des arrivées touristiques a des répercussions profondes sur le secteur économique libanais, en particulier pour les entreprises locales dans les zones touristiques qui dépendent de la clientèle étrangère pour survivre. Les hôtels, les restaurants et les entreprises de loisirs enregistrent une chute de leurs revenus, ce qui menace leur viabilité et conduit à des pertes d’emplois. De plus, le manque de revenus provenant du tourisme limite la capacité du gouvernement à investir dans des infrastructures et à promouvoir la destination pour des saisons futures.
Pour rétablir la confiance et relancer le secteur, des efforts de communication et des mesures de sécurité renforcées seraient nécessaires. Cependant, sans une stabilisation durable de la région et une résolution des tensions politiques, le Liban pourrait continuer à perdre des parts de marché dans le tourisme au profit de destinations voisines plus stables.



