La pulsion initie en chacun l’élan vers ce qui attire. La réflexion allie la perception de l’image au mouvement, pour initier un objectif, marquer le pas, développer une réponse, au besoin. La maintenance du souffle de vie émane des convenances qu’on protège et défend ainsi que des réticences qu’on démarque pour les éviter. Agirait-on ainsi finalement au pays des Cèdres comme la majeure partie de la population mondiale au quotidien: La poursuite du bonheur tout relatif de l’homme selon un ordre voulu, relationnel et social? Cependant, quand on discute entre libanais de la situation politique ou économique, nous écoutons souvent une intense mais tragique expression d’impuissance; verbale et gestuelle concernant l’état des choses. Il stagnerait dans un répétitif usé sans un brin de changement! Une avalanche de mots à chaque énonciation, entrecoupée de silences eux mêmes ponctués de mimiques ou de gestes interrogatifs dénués de crédibles motivations. Celà représente la gesticulation courante de nombreux citoyens et responsables. Le provisoire est devenu la norme d’une « vie » suspendue aux expectatives de tout genre. 

L’attente quasi permanente de l’inconnu -« min chouf chou bi sir »-va se substituer au vécu présent- » badna nchouf tay sir-« et à l »installation de repères cohérents. Depuis 1943 on ne va relater que la fierté du Pacte de coexistence sans le labeur nécessaire à une coexistence véritable. Nous avons tristement négligé une connaissance pragmatique du civisme, de la culture et de la religion des uns et des autres dans la pratique d’échanges véritablement respectueux des importantes différences. Néanmoins, le chaos interprétatif au gré de chaque « citoyen » va ne mener la volonté d’agir qu’à travers un océan de constats figés historiques malgré nos drames si actuels: Ils traduisent les impacts du riche passé biblique, des retombées de nos guerres civiles, des influences multiples et des dérèglements subis par les contextes, géopolitique et socio économique. Les accusations diffuses des gens vont coller à tout et à tous sans vraiment effleurer la conscience d’une responsabilité qu’ils vont finalement largement décider d’abandonner! A demander quel choix décider dans l’ici et le maintenant pour que ça change on  répond souvent implacablement: « C’est la fatalité des politiques adverses des uns et des autres et on n’y peut grand chose. »  

Regardons rien qu’un instant notre pauvre Liban et la réalité que nous constituons pour chaque attitude de déni. Va t-on sombrer ensemble en restant tributaires de cette léthargie et de notre immobilisme? Si oui jusqu’à quelle prochaine vague ou courant ? En sachant que nos vies et notre avenir sont en réel danger, ne rien faire que tourner en rond autour d’inconciliables intérêts et insouciances nous transformerait-il en des artisans de la mort lente de nos propres vies intérieures par l’anéantissement de tout élan vital ?!  

Joe Acoury