samedi, février 21, 2026

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L’émissaire de l’ONU en Syrie appelle à la levée rapide des sanctions occidentales après la chute d’Assad

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L’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, Geir Pedersen, a exhorté ce dimanche à une levée rapide des sanctions occidentales imposées à Damas. Cette déclaration intervient dans un contexte inédit marqué par l’éviction de Bachar al-Assad, une figure centrale du conflit syrien depuis 2011.

Un conflit aux conséquences dévastatrices

Depuis plus d’une décennie, la Syrie est soumise à des sanctions strictes de la part des États-Unis, de l’Union européenne et d’autres puissances internationales. Ces mesures visent à sanctionner les réponses répressives du régime Assad face aux manifestations pacifiques de 2011, qui ont dégénéré en une guerre civile sanglante. Ce conflit a coûté la vie à près de 500 000 personnes et forcé la moitié des 23 millions de Syriens à fuir leur foyer.

Les infrastructures du pays sont en ruines, et les sanctions ont largement entravé les efforts de reconstruction dans les zones sous contrôle gouvernemental. Ces restrictions, destinées à empêcher toute réhabilitation sans solution politique, compliquent également l’acheminement de l’aide humanitaire.

L’appel de Geir Pedersen

Lors de sa visite à Damas, Geir Pedersen a souligné l’urgence de mettre fin aux sanctions pour relancer la reconstruction du pays. « Nous espérons voir une levée rapide des sanctions pour permettre une mobilisation autour de la reconstruction de la Syrie », a-t-il déclaré à la presse.

Cette visite a coïncidé avec une période de transition politique fragile. Après la chute d’Assad, un gouvernement intérimaire a été mis en place par les anciens groupes d’opposition, dirigé par l’organisation militante Hayat Tahrir al-Sham (HTS). Ce groupe, considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, pourrait néanmoins voir son statut réévalué par l’administration Biden, ouvrant potentiellement la voie à une coopération internationale accrue.

Un gouvernement intérimaire sous pression

Le gouvernement de transition, dominé par HTS, a annoncé qu’il resterait en place jusqu’à mars 2024. Cependant, les modalités de mise en œuvre d’une administration permanente restent floues.

Geir Pedersen a insisté sur l’importance d’un processus politique inclusif. « Nous devons engager un processus politique qui inclut tous les Syriens », a-t-il affirmé, tout en insistant sur le fait que cette démarche devait être dirigée par les Syriens eux-mêmes. Il a également appelé à une justice pour les crimes commis durant le conflit.

Sanctions et perspectives de reconstruction

L’impact des sanctions sur la population syrienne est un point de discorde au sein de la communauté internationale. Si les mesures visent officiellement à sanctionner le régime Assad, leurs conséquences se répercutent directement sur les civils. Le manque de ressources pour la reconstruction et les difficultés d’accès à l’aide humanitaire aggravent une situation déjà catastrophique.

Pour les experts, une levée des sanctions pourrait accélérer la reprise économique et améliorer la vie des Syriens. Néanmoins, certains observateurs craignent que cette mesure ne bénéficie indirectement à des acteurs controversés, comme HTS.

Un défi pour la communauté internationale

La chute d’Assad et la transition politique en cours placent la communauté internationale face à des défis complexes. D’un côté, la nécessité de fournir une aide humanitaire urgente et de reconstruire un pays dévasté. De l’autre, le risque de voir les ressources profiter à des groupes désignés comme terroristes ou à des factions divisées.

Le rôle des puissances étrangères, notamment les États-Unis, la Russie et la Turquie, reste déterminant. Washington pourrait assouplir certaines restrictions pour faciliter les efforts de reconstruction et soutenir le processus de transition. Cependant, ces initiatives devront s’accompagner de garanties pour éviter tout détournement des ressources.

Une transition politique sous surveillance

Le futur politique de la Syrie demeure incertain. Alors que HTS contrôle le gouvernement intérimaire, des questions subsistent quant à sa légitimité et à sa capacité à diriger un processus inclusif. La désignation d’HTS comme groupe terroriste complique également les négociations internationales. Si les sanctions à son encontre sont levées, cela pourrait marquer un tournant dans la position des États-Unis et d’autres puissances occidentales.

Parallèlement, le rôle des Nations unies sera crucial pour garantir une transition équitable et éviter que les anciens conflits ne ressurgissent sous de nouvelles formes. La mise en place d’un mécanisme de justice et d’imputabilité pour les crimes de guerre, demandée par Pedersen, sera essentielle pour consolider la paix et la stabilité.

Une crise humanitaire persistante

Malgré les récents développements politiques, la situation humanitaire en Syrie reste critique. Plus de 12 millions de Syriens dépendent de l’aide internationale pour survivre. Les infrastructures de santé, d’éducation et d’énergie sont en grande partie détruites. La levée des sanctions pourrait permettre une relance économique et un retour des investisseurs étrangers, mais ces efforts devront s’accompagner de réformes politiques profondes.

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Newsdesk Libnanews
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