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Les Américains supportent 90 % des tarifs douaniers de Trump, confirme la Fed de New York

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Les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump depuis le début de son second mandat en 2025 continuent de peser lourdement sur l’économie américaine. Un rapport publié le 12 février 2026 par la Federal Reserve Bank of New York, basé sur des données du Bureau du recensement et des statistiques du commerce extérieur jusqu’en novembre 2025, révèle que près de 90 % du fardeau économique de ces mesures protectionnistes est supporté par les entreprises et les consommateurs américains. Cette analyse, qui examine l’évolution des taux tarifaires moyens passés de 2,6 % à 13 % au cours de l’année 2025, confirme que les exportateurs étrangers n’absorbent qu’une fraction minime des coûts, avec une transmission quasi totale vers les acheteurs aux États-Unis. Ces conclusions font écho à une étude antérieure de l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale, datée du 19 janvier 2026, qui estimait ce transfert à 96 %, soulignant les mécanismes d’une politique qui se retourne contre ceux qu’elle vise à protéger.

Les chercheurs de la Fed de New York ont scruté les données mensuelles, montrant une incidence de 94 % sur les États-Unis lors des huit premiers mois de 2025, descendant légèrement à 86 % en novembre, signe d’un ajustement marginal des prix d’exportation étrangers. Au total, un tarif de 10 % n’entraîne qu’une baisse de 1,4 % des prix à l’exportation en fin d’année, laissant les importateurs américains absorber le reste. Cette dynamique transforme les tarifs en une taxe intérieure, avec des recettes douanières en hausse de 200 milliards de dollars en 2025, mais à un coût élevé pour les ménages et les chaînes d’approvisionnement. L’analyse met en lumière des réorganisations forcées des flux commerciaux, avec des baisses de volumes importés et des hausses de prix qui se répercutent sur l’inflation et la croissance.

L’étude de Kiel, fondée sur plus de 25 millions d’expéditions représentant près de 4 000 milliards de dollars entre janvier 2024 et novembre 2025, avait déjà tiré des conclusions similaires. Les auteurs, utilisant des régressions sur les valeurs unitaires des importations et des études d’événements autour de chocs tarifaires spécifiques – comme ceux imposés au Brésil et à l’Inde –, ont démontré que les importateurs et consommateurs américains absorbent 96 % de la charge, contre seulement 4 % pour les exportateurs étrangers. Les volumes commerciaux ont chuté de 18 à 24 % pour les exportations indiennes vers les États-Unis, tant en valeur qu’en quantité, avec des ajustements principalement sur les volumes plutôt que sur les prix. Cette réduction entraîne une moindre variété de produits, des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et des pertes d’efficacité dues à des distorsions dans les habitudes de consommation.

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Les tarifs de la « Journée de la Libération » et leurs évolutions

Le 2 avril 2025, Donald Trump a proclamé la « Journée de la Libération », inaugurant une série de tarifs douaniers visant à réduire les déficits commerciaux et à relancer l’industrie nationale. Parmi les mesures emblématiques : un tarif de base de 10 % sur la plupart des importations, des taux plus élevés pour certains pays – 25 % sur le Canada et le Mexique à compter du 4 mars 2025, avec des exemptions pour les biens conformes à l’Accord États-Unis-Mexique-Canada –, et des surtaxes sectorielles. Les tarifs sur l’acier et l’aluminium ont été étendus le 12 mars 2025, atteignant 50 % sauf pour le Royaume-Uni, tandis que les automobiles et pièces détachées ont été frappées de 25 % dès le 3 avril.

D’autres ajustements ont suivi tout au long de l’année : un tarif de 50 % sur le cuivre à partir du 1er août 2025, 10 % sur le bois d’œuvre le 14 octobre, et des hausses progressives sur les meubles, armoires de cuisine et vanités de salle de bain, culminant à 50 % au 1er janvier 2026 avant une pause temporaire. La Chine a subi des mesures particulièrement draconiennes, avec des tarifs sur les produits liés au fentanyl débutant à 10 % le 4 février 2025, ajustés à 20 % puis redescendus à 10 % en novembre. Des tarifs réciproques, jusqu’à 50 % sur des partenaires comme le Brésil et l’Inde, ont été imposés, dépassant parfois 100 % pour la Chine en réponse à ses représailles.

Ces politiques ont porté le taux tarifaire moyen appliqué sur les importations à 15,8 % en moyenne pour 2025, et le taux effectif – intégrant les ajustements comportementaux – à 11,2 %, le plus élevé depuis 1943. Sans les tarifs imposés sous l’autorité de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), ces taux auraient été limités à 6,8 % et 4,6 %, respectivement, le plus haut depuis 1973. L’administration a défendu ces mesures en invoquant la protection de la sécurité nationale et la correction des déséquilibres commerciaux, affirmant que les pays étrangers absorberaient les coûts via des baisses de prix. Pourtant, les données de la Fed de New York indiquent que les prix d’exportation n’ont baissé que modestement, confirmant un transfert massif vers les États-Unis.

Un fardeau croissant pour les ménages américains

Les répercussions sur les ménages se font sentir de manière tangible. Selon des estimations du Tax Foundation, publiées en février 2026, les tarifs imposés représentent une augmentation d’impôt moyenne de 1 000 dollars par foyer en 2025, passant à 1 300 dollars en 2026. Ces chiffres ne capturent pas les coûts indirects liés à des biens alternatifs plus chers ou à une réduction du choix pour les consommateurs. Le Yale Budget Lab évalue le coût annuel moyen par foyer à 1 700 dollars en tenant compte des effets à court terme, avec des projections pour 2026 indiquant une aggravation due à l’accumulation des surtaxes.

Les biens de consommation courante ont vu leurs prix grimper : les produits ménagers non durables comme les fournitures de nettoyage et le papier toilette ont augmenté de 5 %, les meubles de maison de 8 %, et les vêtements de 14 % par rapport aux tendances pré-tarifaires d’octobre 2024 à mars 2025. Les achats plus importants, tels que les voitures et la construction de logements, sont également affectés, avec des hausses estimées rendant la construction de 450 000 logements neufs moins viable d’ici 2030. Dans l’automobile, les tarifs de 25 % sur les véhicules et pièces ont entraîné une perte de 103 000 emplois en 2025, avec des hausses de prix pour les consommateurs estimées à plusieurs milliers de dollars par unité.

L’inflation, promise comme éradiquée dès le premier jour du mandat, est restée au-dessus de l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale tout au long de 2025, atteignant 2,7 % en décembre. Des études, dont celle du Harvard Business School’s Tariff Tracker, attribuent jusqu’à 0,76 point de pourcentage à l’indice des prix à la consommation (CPI) pour les dix mois jusqu’en octobre 2025. Utilisant des données en temps réel de grands détaillants, des chercheurs ont observé une hausse de 5,4 % des prix au détail pour les biens tarifés depuis avril 2025, contribuant à élever l’inflation globale de 0,7 point. En janvier 2026, le CPI a légèrement refroidi à 2,4 %, mais les coûts du logement, de l’énergie et des biens essentiels restent élevés, exacerbés par les tarifs persistants.

Des effets contrastés sur l’emploi et la croissance

Le marché du travail montre des signes de ralentissement persistants. Le taux de chômage a grimpé de 4 % en janvier 2025 à 4,4 % en décembre, ajoutant 638 000 chômeurs supplémentaires. La durée moyenne pour retrouver un emploi après une perte s’est allongée à 10 semaines, avec des difficultés accrues pour les personnes de couleur et les jeunes de 16 à 24 ans, dont le chômage a bondi de 1,3 point. Les tarifs, en augmentant les coûts des intrants importés, ont réduit l’emploi de 503 000 équivalents temps plein avant représailles étrangères en 2025, dont 159 000 pour les tarifs sur l’acier, l’aluminium et les autos, et 344 000 pour ceux sous IEEPA. Avec les représailles affectant 223 milliards de dollars d’exportations américaines, la perte d’emplois s’élève à 141 000 supplémentaires.

La croissance du PIB réel a été impactée négativement de 0,5 point de pourcentage par an en 2025 et des projections pour 2026 indiquent une poursuite de cette tendance, rendant l’économie américaine 0,4 % plus petite à long terme, soit une perte annuelle de 125 milliards de dollars en termes de 2024. Les exportations chutent de 15 % à long terme. Bien que le PIB ait crû de 4,3 % au troisième trimestre 2025 – le plus rapide en deux ans –, les signes de ralentissement en fin d’année, exacerbés par un shutdown gouvernemental retardant les données, indiquent un malaise rampant plutôt qu’une récession classique. Le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2025 et 2026, attribuant près de 0,5 % et 0,3 % de la décélération aux tarifs américains, pour un coût global estimé à 800 milliards de dollars sur ces deux années.

Les défis des représailles étrangères

Les partenaires commerciaux ont réagi avec vigueur. La Chine a imposé des tarifs réciproques dépassant 100 % sur certains produits américains, tandis que le Canada et le Mexique ont ajusté leurs mesures en réponse aux 25 % initiaux. L’Union européenne prépare une réunion d’urgence à Bruxelles pour discuter de contre-tarifs face aux menaces américaines liées au Groenland, où Trump a promis 10 % en février 2025 et 25 % en juin si le Danemark ne cède pas le territoire. En janvier 2026, ces menaces se sont concrétisées avec des annonces de tarifs supplémentaires de 10 % sur huit pays européens – Danemark, Norvège, Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas et Finlande –, portant le taux effectif moyen à 17,5 % si appliqués.

Ces représailles amplifient les pertes : sans elles, les tarifs pourraient réduire le déficit commercial de 11 à 19 %, avec des gains modestes pour les États-Unis si les recettes réduisent les impôts sur le revenu. Mais avec des réponses bilatérales, les pertes de bien-être américain atteignent 3,38 % en tenant compte des chaînes d’approvisionnement, tandis que le commerce mondial recule d’au moins 4,9 % du PIB et l’emploi global de 0,58 %. Une analyse publiée dans ScienceDirect souligne que les tarifs optimaux unilatéraux seraient de 19 % uniformes sur tous les partenaires, basés sur le déficit global plutôt que bilatéral, divergent des mesures actuelles. Le déficit des biens et services pour 2025 a atteint un record de 1,2 trillion de dollars, selon le Bureau of Economic Analysis, malgré les tarifs, indiquant une importation persistante mais redirigée hors de Chine.

Les implications sectorielles immédiates

Dans l’automobile, les tarifs de 25 % sur les véhicules et pièces ont entraîné une perte de 103 000 emplois en 2025, avec des hausses de prix pour les consommateurs. General Motors a rapporté 1,1 milliard de dollars de pertes liées aux tarifs au dernier trimestre. L’acier et l’aluminium, à 50 %, ont coûté 27 000 emplois, malgré des exemptions partielles. Les tarifs sur le fentanyl depuis la Chine, ajustés plusieurs fois, visent à lutter contre la crise des opioïdes mais augmentent les coûts pour les industries dépendantes.

Les biens de consommation comme les machines à laver ont vu des hausses de 86 dollars par unité pour les lave-linge et 92 dollars pour les sèche-linge, totalisant plus de 1,5 milliard de dollars de coûts supplémentaires. Les intrants pour la construction, comme le bois d’œuvre à 10 %, contribuent à freiner le secteur immobilier. Les chercheurs du St. Louis Fed estiment que les tarifs expliquent 10,9 % de l’inflation annuelle PCE pour les 12 mois se terminant en août 2025, avec un effet moyen pondéré de 0,87 % sur les prix par catégorie de produits. En 2026, ces effets s’accumulent, avec des prévisions indiquant une perte supplémentaire de 1,3 million d’emplois si les tarifs persistent.

Les dynamiques distributives

Les impacts ne sont pas uniformes. Les tarifs réduisent les revenus après impôt de 0,3 % en moyenne pour les Section 232 et 0,9 % pour les IEEPA en 2026, avec une réduction moindre pour le top 1 %. Les ménages du bas de l’échelle subissent des pertes annuelles pré-substitution de plus de 1 000 dollars, s’établissant à 1 500 dollars post-substitution pour une hausse de prix de 1,1 %. Les 10 % les plus riches représentent désormais la moitié des dépenses, la plus haute proportion depuis 1989, accentuant les inégalités. Les tarifs sur les essentiels – nourriture, vêtements, biens ménagers – frappent plus durement les classes moyennes et populaires, effaçant les gains des baisses d’impôts.

Les perspectives judiciaires et politiques

Une affaire clé devant la Cour suprême pourrait invalider les tarifs IEEPA, potentiellement menant à des remboursements massifs pour les entreprises. En attendant, l’administration persiste, comme en témoigne la menace récente contre le Danemark et l’Europe pour le Groenland. Les économistes notent que les effets sur l’inflation et l’emploi, moins sévères que prévu en 2025, pourraient se matérialiser pleinement en 2026 avec l’accumulation des ajustements. Le Conference Board indique une confiance des consommateurs faible, avec une approbation négative de la gestion économique par Trump. Le shutdown gouvernemental de fin 2025 a retardé les statistiques, mais les tendances pointent vers une croissance ralentie.

Les tarifs sur l’énergie canadienne à 10 % et d’autres ajustements réciproques ajoutent à l’incertitude, avec des chaînes d’approvisionnement perturbées affectant des secteurs comme l’agriculture et la technologie. Les ajustements en cours, tels que la fin de l’exemption de minimis le 29 août 2025, visent à limiter les importations à bas coût mais augmentent les frais administratifs pour les petites entreprises. Les chercheurs de l’Institut de Kiel concluent que les tarifs de 2025 répètent les erreurs de la guerre commerciale de 2018-2019, sans preuve de dynamiques changées, transférant la richesse des consommateurs américains au Trésor plutôt que des producteurs étrangers. En février 2026, les données préliminaires du Bureau of Labor Statistics montrent une hausse des annonces de licenciements à 108 435 en janvier, le pire depuis 2009, tandis que les créations d’emplois chutent à 5 306, reflétant une prudence des employeurs face aux tarifs persistants et aux incertitudes commerciales.

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