mercredi, janvier 14, 2026

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Les derniers développements sur la présidentielle au Liban : vers une sortie de crise ?

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Depuis plus de deux ans, le Liban traverse une vacance présidentielle sans précédent, laissant le pays sans président et paralysant ses institutions. Alors qu’une séance parlementaire est prévue pour le 9 janvier 2025, les consultations politiques, les pressions internationales et les défis économiques convergent, rendant la situation plus critique que jamais.

Consultations politiques : l’impasse persiste

Le président du Parlement, Nabih Berri, continue de jouer un rôle central dans les efforts de médiation entre les différents blocs politiques. Les discussions se concentrent sur deux figures principales : le général Joseph Aoun, chef de l’armée, perçu comme un candidat de consensus, et Sleiman Frangié, soutenu par le Hezbollah et ses alliés.
Cependant, les divisions restent profondes. Le Courant patriotique libre (CPL), dirigé par Gebran Bassil, a récemment exprimé son opposition à Frangié, accusant ce choix de renforcer les clivages confessionnels. De leur côté, les Forces Libanaises et les autres partis de l’opposition chrétienne insistent sur un candidat « réformiste » capable de répondre aux exigences de la communauté internationale. Cette impasse politique reflète l’incapacité des blocs à obtenir les 86 voix nécessaires pour élire un président au premier tour, conformément à la Constitution libanaise.

Pressions diplomatiques internationales

Sur le plan international, plusieurs acteurs cherchent à débloquer la situation. Le Qatar mène une médiation discrète, proposant une feuille de route qui inclut des garanties économiques en échange d’un consensus politique. Lors de sa dernière visite à Beyrouth, le ministre qatari des Affaires étrangères a rencontré les principaux responsables pour favoriser un accord.
Les États-Unis et la France jouent également un rôle clé. Washington soutient indirectement la candidature de Joseph Aoun, tout en insistant sur la nécessité de réformes économiques et judiciaires. De son côté, Paris maintient un dialogue ouvert avec toutes les parties, y compris le Hezbollah, mais semble hésiter à soutenir un candidat spécifique. Enfin, l’Arabie saoudite et l’Iran, puissances régionales influentes, restent des acteurs majeurs dans ce dossier, bien que leurs intérêts divergent.

Impact de la vacance présidentielle sur l’économie

L’absence de président a des conséquences désastreuses sur les institutions publiques et l’économie libanaise. Les réformes nécessaires pour débloquer les fonds du Fonds monétaire international (FMI) restent en suspens. Les nominations dans le secteur judiciaire et les institutions financières sont également gelées, aggravant la crise de confiance envers l’État.
Le gouverneur par intérim de la Banque centrale a récemment alerté sur l’épuisement des réserves de devises étrangères, mettant en péril les importations de biens essentiels. Pendant ce temps, les citoyens continuent de subir une inflation galopante, avec un taux de change qui a dépassé les 150 000 livres libanaises pour un dollar. Les experts soulignent que sans président capable de rassembler un gouvernement fonctionnel, le Liban risque un effondrement économique complet.

Réactions de la société civile et des chefs religieux

Face à l’inertie politique, la société civile multiplie les appels à l’action. Des mouvements citoyens organisent des manifestations pour dénoncer l’incompétence des dirigeants et exiger des réformes immédiates. Un manifestant interrogé lors d’un rassemblement à Beyrouth a déclaré : « Nous n’avons plus rien à perdre. Ils doivent trouver une solution, ou ils seront responsables de la disparition du Liban. »
Le patriarche maronite Béchara Raï a également intensifié ses interventions publiques, appelant les dirigeants politiques à surmonter leurs différends pour préserver l’unité nationale. Ses sermons récents mettent en garde contre les conséquences de la vacance présidentielle, qu’il qualifie de « danger existentiel pour le Liban ».

Scénarios possibles : vers une élection ou une aggravation de la crise ?

Plusieurs scénarios se dessinent pour les semaines à venir. Le premier, considéré comme le plus probable, serait l’élection de Joseph Aoun en tant que président de consensus, soutenu par une majorité parlementaire mixte. Ce choix pourrait satisfaire les exigences internationales tout en apaisant les tensions internes.
Un second scénario, plus pessimiste, serait le maintien de l’impasse, avec des répercussions dramatiques sur l’économie et la stabilité sociale. Dans ce cas, les manifestations populaires risquent de s’intensifier, ajoutant une pression supplémentaire sur la classe politique.
Enfin, un troisième scénario, bien que moins probable, impliquerait une ingérence internationale plus directe, avec une pression accrue des grandes puissances pour imposer une solution.

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Newsdesk Libnanews
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