jeudi, janvier 29, 2026

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La proposition égyptienne de « gel » des armes du Hezbollah toujours sur la table

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Le Caire observe avec une inquiétude croissante les évolutions au Liban, en particulier les possibles actions militaires israéliennes, selon des sources informées au sein de la capitale égyptienne. Ces sources ont indiqué que l’approche égyptienne vise à contrecarrer les tentatives d’Israël de mobiliser un soutien américain pour une nouvelle offensive contre le Liban. Les propositions transmises par les émissaires égyptiens à Beyrouth demeurent d’actualité, reposant sur l’idée d’achever l’élimination des présences armées dans diverses régions libanaises et de parvenir à un accord avec le Hezbollah, par lequel ce dernier s’engage à ne pas mener d’actions militaires contre Israël, tandis que ses armes seraient placées sous la supervision de l’armée libanaise jusqu’à ce que les conditions politiques permettent d’aborder la question du désarmement définitif.

Cette initiative égyptienne, relayée récemment par des sources proches des discussions diplomatiques, s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes au Liban sud, où l’armée libanaise a annoncé le 8 janvier 2026 avoir achevé la première phase de son plan de désarmement. Ce plan, baptisé « Bouclier de la Patrie », vise à étendre l’autorité exclusive de l’État sur l’ensemble du territoire libanais, en conformité avec la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. L’armée a déclaré avoir atteint les objectifs de cette phase initiale de manière efficace et tangible, en renforçant sa présence opérationnelle, en sécurisant les zones vitales et en étendant son contrôle dans le secteur sud du Litani, à l’exception des terres encore occupées par Israël.

Les détails de cette première phase révèlent un déploiement massif des forces armées libanaises. Plus de 15 000 soldats ont été mobilisés dans la zone comprise entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, sur une profondeur d’environ 30 kilomètres. Les opérations ont inclus la saisie d’armes lourdes, la destruction de tunnels et de dépôts d’armes présumés appartenir à des groupes armés non étatiques, ainsi que la mise en place de postes de contrôle permanents. Le commandant de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, a personnellement supervisé ces manœuvres, en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui compte environ 10 800 Casques bleus. Des visites organisées pour des journalistes et des diplomates internationaux ont permis de constater la présence accrue de l’armée dans des villages comme Khiam, Marjayoun et Bint Jbeil, où des infrastructures militaires ont été démantelées.

Malgré ces avancées, les défis persistent. L’armée libanaise a admis que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour neutraliser les munitions non explosées et explorer d’éventuels réseaux souterrains restants. Le porte-parole de l’armée, le colonel Haissam Bou Ammar, a précisé lors d’une conférence de presse le 9 janvier 2026 que ces opérations se poursuivent sans interruption, tout en soulignant la coopération avec les unités de déminage de la FINUL. Cette phase a également impliqué la coordination avec les autorités locales pour assurer la sécurité des civils, dont plus de 200 000 ont été déplacés lors des conflits précédents et commencent à regagner leurs foyers sous escorte militaire.

Le rôle de l’Égypte dans ces dynamiques régionales

L’implication égyptienne remonte à novembre 2025, lorsque le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s’est rendu à Beyrouth pour rencontrer le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement, Nabih Berri. Lors de ces entretiens, Abdelatty a présenté une initiative révisée, inspirée d’un modèle de « containment des armes » similaire à celui appliqué à l’Armée républicaine irlandaise en Irlande du Nord. Cette proposition prévoit une zone démilitarisée étendue jusqu’au fleuve Awali, au nord du Litani, avec un engagement du Hezbollah à geler ses activités militaires au sud de ce périmètre. En échange, l’Égypte propose une médiation pour un retrait israélien complet des zones contestées, comme les fermes de Chebaa et la colline de Kfar Chouba.

Des sources diplomatiques égyptiennes ont indiqué que cette approche vise à préserver la stabilité régionale, en évitant une escalade qui pourrait impliquer l’Iran et d’autres acteurs. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi a discuté de ces enjeux avec son homologue américain Donald Trump lors du sommet de Davos en janvier 2026, insistant sur le fait que le Liban met en œuvre son plan de collecte des armes du Hezbollah, tandis qu’Israël n’a pas respecté ses engagements convenus avec les Américains. Al-Sisi a souligné l’importance d’une supervision internationale pour garantir l’application de la résolution 1701, qui appelle au désarmement de tous les groupes armés non étatiques au sud du Litani.

Les réactions israéliennes et les pressions internationales

Israël a réagi avec prudence à l’annonce libanaise du 8 janvier. Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou a qualifié les efforts libanais d’« encourageants mais loin d’être suffisants », affirmant que le Hezbollah continue de se réarmer et de reconstruire son infrastructure terroriste avec le soutien iranien. Netanyahou a rappelé que l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024 stipule explicitement le désarmement complet du Hezbollah, essentiel pour la sécurité d’Israël et l’avenir du Liban. Des frappes aériennes israéliennes ont continué dans le sud libanais, ciblant ce que l’armée israélienne décrit comme des sites de réarmement, notamment dans la vallée de la Bekaa et près de Tyr, où des drones ont détruit des dépôts présumés le 10 janvier 2026.

Les États-Unis exercent une pression soutenue sur Beyrouth. L’ambassadrice américaine au Liban, Michel Issa, a déclaré le 12 janvier que le respect des délais est crucial, avertissant que tout manquement pourrait entraîner des sanctions économiques et une suspension de l’aide militaire américaine, qui s’élève à plus de 150 millions de dollars annuels pour l’armée libanaise. Le Département d’État américain a salué la première phase comme un pas positif, mais insisté sur la nécessité d’étendre le désarmement à l’ensemble du territoire, en ligne avec la feuille de route américaine présentée par l’envoyé Tom Barrack en septembre 2025.

Du côté onusien, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a salué dans un communiqué du 9 janvier les progrès libanais, tout en appelant à une mise en œuvre intégrale de la résolution 1701. La FINUL, dirigée par le général italien Aroldo Lázaro Sáenz, a rapporté une augmentation de ses patrouilles conjointes avec l’armée libanaise, atteignant plus de 500 par semaine. Une résolution du Conseil de sécurité adoptée en août 2025 prévoit le retrait progressif des Casques bleus d’ici fin 2026, avec un délai d’un an à compter du 31 décembre 2026. Le Premier ministre Salam a indiqué le 28 janvier que le Liban aura besoin d’une force internationale pour combler le vide après ce retrait, proposant l’inclusion de troupes françaises et américaines pour vérifier le désarmement.

Les défis internes au Liban et la position du Hezbollah

Au sein du gouvernement libanais, formé le 8 février 2025 sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam, la question du désarmement occupe une place centrale. Le cabinet, composé de 24 ministres équilibrés entre confessions chrétienne et musulmane, inclut des figures clés comme le ministre de la Défense Michel Mnassah, chargé de superviser l’exécution militaire, et le ministre des Affaires étrangères Youssef Rajji, responsable des négociations internationales. Le vice-Premier ministre Tarek Mitri coordonne les aspects administratifs, tandis que le ministre de l’Intérieur Ahmed Al-Hajjar gère la sécurité intérieure. Le ministre des Télécommunications Charles el-Hajj et le ministre de l’Énergie et de l’Eau Joseph Saddi soutiennent les infrastructures critiques affectées par les tensions.

Le Hezbollah a fermement rejeté tout désarmement au nord du Litani. Le vice-président du conseil politique du Hezbollah, Mahmoud Qamati, a déclaré le 13 janvier que les armes de l’organisation constituent une « ligne rouge » non négociable, complémentaires au rôle de l’armée libanaise dans la défense nationale. Qamati a conditionné toute discussion future à un retrait israélien complet et à la préservation de la souveraineté libanaise. Des contacts sont en cours pour un compromis, incluant la confiscation progressive des armes près du Litani et le report des zones plus au nord, avec une possible reprise des discussions sur l’initiative britannique de « containment des armes ».

Le Premier ministre Salam a affirmé le 28 janvier que le Liban ne reculerait pas sur la deuxième phase du désarmement, qui a débuté il y a deux semaines et cible la zone entre les fleuves Litani et Awali. Salam a décrit la rhétorique récente du Hezbollah comme « plutôt dure », mais insisté sur la détermination gouvernementale. Cette phase implique des différences notables par rapport à la première, avec une emphase sur le dialogue politique pour éviter des confrontations internes. Des tensions domestiques émergent, alors que des partis comme les Forces libanaises, représentées par le ministre d’État Kamal Shehadi, soutiennent fermement le monopole étatique des armes.

Les implications immédiates sur la stabilité régionale

Les dynamiques entre Israël, le Hezbollah et le Liban influencent directement la stabilité régionale. Des contacts syro-libanais ont été signalés pour coordonner sur les armes, tandis que l’Iran continue de soutenir le Hezbollah, avec des livraisons d’armes via la vallée de la Bekaa rapportées par des observateurs internationaux. Le 20 janvier, l’armée israélienne a mené des frappes sur des cibles dans cette région, affirmant neutraliser des efforts de réarmement.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a visité le Liban en décembre 2025 pour évaluer le cessez-le-feu, notant des violations des deux côtés. Le rapport du coordinateur spécial de l’ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, présenté le 15 janvier 2026, souligne que plus de 100 incidents ont été enregistrés depuis novembre 2024, incluant des survols de drones israéliens et des tirs sporadiques du Hezbollah. Hennis-Plasschaert a appelé à une désescalade immédiate et à une application stricte de la résolution 1701.

Au niveau économique, le désarmement impacte la reconstruction du sud libanais. Le ministre des Finances, dont le poste est occupé par un indépendant aligné sur le bloc du Premier ministre, a présenté un budget 2026 débattu au Parlement les 27 et 28 janvier, intégrant des fonds pour le déploiement militaire estimés à 500 millions de dollars. Des aides internationales, conditionnées au progrès du désarmement, proviennent de la Banque mondiale et du FMI, avec des discussions en cours pour un prêt de 3 milliards de dollars.

Les négociations trilatérales à Naqoura, impliquant Israël, le Liban et la FINUL, se poursuivent pour résoudre les points frontaliers disputés. Le 25 janvier, une réunion a porté sur le retrait israélien de Ghajar et d’autres zones, avec des propositions pour une surveillance conjointe. Le ministre libanais des Affaires étrangères Rajji a insisté sur le respect mutuel des engagements, citant les 13 points de litige frontalier identifiés par l’ONU.

Dans la vallée de la Bekaa, des tensions persistent avec des indices de 84 sur 100 selon des évaluations sécuritaires, dues à l’impasse sur le désarmement. Le gouvernement libanais prépare un plan détaillé pour la phase deux, attendu dans les prochaines semaines, incluant des mesures pour intégrer d’anciens combattants du Hezbollah dans des structures civiles. Des sources militaires indiquent que plus de 5 000 armes légères ont été saisies depuis janvier, mais les armes lourdes restent un défi majeur.

Les efforts diplomatiques égyptiens se poursuivent, avec des émissaires prévus à Beyrouth fin janvier pour raffermir l’accord proposé. Le ministre égyptien Abdelatty a réitéré lors d’un appel avec son homologue libanais le 27 janvier l’engagement du Caire à médier, en coordination avec la Ligue arabe et l’Union européenne. Ces initiatives visent à prévenir une reprise des hostilités, alors que des exercices militaires israéliens près de la frontière ont été observés le 26 janvier, impliquant des divisions blindées.

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