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Liban : La crise des salaires dans la fonction publique menace d’embraser un pays au bord du gouffre

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Dans un Liban ravagé par une crise économique sans précédent, la question des salaires de la fonction publique est devenue un véritable baril de poudre. À l’approche de la session du Conseil des ministres du 2 septembre 2025, où le projet de budget 2025 sera débattu, les syndicats de la fonction publique, représentant environ 300 000 employés, menacent de déclencher des grèves massives dès septembre si leurs revendications pour une revalorisation salariale ne sont pas satisfaites. La dévaluation de la livre libanaise, qui a perdu 98 % de sa valeur depuis 2019, a réduit les salaires à des niveaux dérisoires, tandis que l’inflation galopante dans les secteurs de l’alimentation (70 % en 2024) et de l’énergie (85 %) rend la vie intenable pour les fonctionnaires. Dans un pays où les pertes bancaires, estimées entre 70 et 100 milliards de dollars, héritées des fraudes pré-2019, et l’absence de bilans publics depuis six ans ont détruit la confiance en l’État, le gel des embauches et des primes attise la colère. Cette crise sociale, portée par un sentiment d’abandon généralisé, risque de provoquer des troubles majeurs, paralysant les administrations, les écoles et les hôpitaux, et menaçant la stabilité d’un Liban déjà fragilisé par des fractures politiques et confessionnelles.

Des salaires pulvérisés par la crise économique

La fonction publique libanaise, qui compte environ 300 000 employés – dont 80 000 militaires, 20 000 enseignants et 15 000 soignants – est au bord de l’asphyxie. Avant 2019, un fonctionnaire moyen gagnait l’équivalent de 1 500 dollars par mois, un salaire qui permettait de faire partie de la classe moyenne. Aujourd’hui, avec la dévaluation de la livre libanaise, ce salaire s’est effondré à moins de 100 dollars, alors que le coût de la vie a explosé. L’inflation, qui a atteint un pic de 200 % en 2022, reste élevée, avec des hausses de 70 % pour l’alimentation et de 85 % pour l’énergie en 2024, selon les estimations des économistes. « Nos salaires ne suffisent même pas à acheter du pain ou à payer l’électricité. Nous sommes devenus des mendiants », déplore un employé du ministère de l’Éducation à Beyrouth.

Les syndicats, réunis sous la bannière de la Ligue des fonctionnaires publics, exigent une indexation des salaires sur l’inflation et une revalorisation des primes, estimant qu’une augmentation de 50 % est nécessaire pour retrouver un minimum de pouvoir d’achat. « Nous ne demandons pas un retour à 2019, mais juste de quoi survivre », explique un représentant syndical. Cependant, ces revendications se heurtent à l’incapacité financière de l’État, dont le PIB a chuté de 40 % depuis 2019 et dont les recettes fiscales, laminées par l’effondrement économique, ne couvrent qu’une fraction des dépenses publiques. « L’État nous abandonne. On nous demande de travailler pour rien, pendant que les élites vivent dans le luxe », s’indigne une infirmière de l’hôpital public de Saïda, reflétant un sentiment de trahison largement partagé.

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Un budget 2025 dans l’impasse

Le projet de budget 2025, qui sera débattu lors de la session du Conseil des ministres du 2 septembre, est au cœur des tensions. Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025 après l’élection du président Joseph Aoun, fait face à une équation budgétaire insoluble. Les caisses de l’État sont vides, et le déficit budgétaire, estimé à 20 % du PIB en 2024, limite toute marge de manœuvre. Le ministère des Finances, dirigé par un technocrate proche de Salam, privilégie la « stabilité macroéconomique », une stratégie qui se traduit par un gel des embauches dans la fonction publique et une suppression des primes, mesures destinées à éviter une hyperinflation. « Nous n’avons pas le choix. Toute augmentation salariale massive aggraverait la crise monétaire », justifie un haut fonctionnaire du ministère.

Pourtant, cette approche est perçue comme une provocation par les syndicats. Une proposition de revalorisation salariale de 10 %, avancée par le ministère, a été qualifiée d’« insultante » par la Ligue des fonctionnaires, qui exige une augmentation d’au moins 50 %. « On nous offre des miettes pendant que l’État dépense des millions dans des projets inutiles ou pour protéger les intérêts des banquiers », dénonce un leader syndical. Cette colère est alimentée par la crise bancaire, héritée des fraudes massives pré-2019, qui a engendré des pertes estimées entre 70 et 100 milliards de dollars. Les audits frauduleux, validés par des firmes internationales comme Deloitte et EY, ont permis aux banques de masquer leur insolvabilité, et l’absence de bilans publics depuis 2019 a détruit la confiance populaire. La loi de restructuration bancaire, adoptée le 31 juillet 2025, reste suspendue à une législation complémentaire, laissant les déposants dans l’incertitude.

La menace de grèves massives

Face à l’inaction du gouvernement, les syndicats de la fonction publique, regroupant enseignants, soignants et employés administratifs, ont annoncé leur intention de relancer des mouvements de grève dès septembre 2025. Ces menaces, portées par les enseignants, les soignants et les employés administratifs, pourraient paralyser les services publics essentiels. En 2024, les grèves dans l’éducation ont déjà entraîné la fermeture de nombreuses écoles publiques pendant des mois, privant des milliers d’élèves d’enseignement. Les soignants, confrontés à des pénuries de matériel dans les hôpitaux publics, menacent de cesser le travail si leurs salaires ne sont pas revalorisés. « Si rien ne change, nous arrêterons tout : écoles, hôpitaux, administrations. Le

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