mardi, février 24, 2026

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Liban : le portefeuille des Finances, un point de blocage dans la formation du gouvernement de Nawaf Salam

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La formation du nouveau gouvernement libanais sous la direction de Nawaf Salam est actuellement paralysée par des désaccords persistants, notamment sur l’attribution du portefeuille des Finances, que le duo chiite Hezbollah-Amal considère comme un droit acquis pour leur communauté. Cette question, qui fait écho aux discussions des accords de Taëf de 1989, divise les acteurs politiques et alimente les tensions.

Le portefeuille des Finances : une revendication historique

Le président du Parlement, Nabih Berri, a récemment réaffirmé que l’attribution du portefeuille des Finances à la communauté chiite n’est pas une tentative de tripartisme ou de quadripartisme dans le partage du pouvoir au Liban. Selon Berri, cette disposition aurait été approuvée lors des réunions de Taëf et ne fait que respecter un équilibre établi.

« Ce point a été approuvé à Taëf, pas simplement discuté, et c’est pourquoi j’y adhère », a déclaré Berri dans une interview accordée à Asas Media. Il a également détaillé ses discussions avec des personnalités clés des accords de Taëf, telles que Hussein al-Husseini, Rafik Hariri, Elias Hrawi et d’autres, pour justifier cette revendication.

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Cependant, cette affirmation est contestée. Boutros Harb, ancien député ayant participé aux réunions de Taëf, a démenti que cette disposition ait été officiellement adoptée. Selon lui, la question de l’attribution permanente du portefeuille des Finances à la communauté chiite n’a été qu’évoquée sans qu’aucun accord contraignant ne soit pris par les parlementaires présents.

Un blocage persistant pour Nawaf Salam

L’insistance du duo chiite sur le contrôle du portefeuille des Finances est l’un des principaux obstacles à la formation du gouvernement. Cette revendication reflète un enjeu plus large lié à l’équilibre confessionnel du système politique libanais, où les postes ministériels sont souvent le théâtre de rivalités intercommunautaires.

Selon le quotidien Nidaa al-Watan, le duo chiite aurait déjà « tranché en sa faveur » sur cette question, renforçant sa position malgré les désaccords avec d’autres forces politiques.

L’ancien député Yassine Jaber, proche de Nabih Berri et souvent pressenti pour ce portefeuille, n’est toutefois plus en lice pour des « raisons de santé », selon des rapports médiatiques. Cela complique encore davantage les négociations, alors que Nawaf Salam cherche à composer un cabinet capable de surmonter ces tensions.

Les accords de Taëf et leurs interprétations divergentes

Les accords de Taëf, qui ont mis fin à la guerre civile libanaise, ont établi les principes d’un équilibre confessionnel au sein des institutions libanaises. Cependant, leur interprétation continue de diviser la classe politique.

Pour Nabih Berri et ses alliés, l’attribution du portefeuille des Finances à un ministre chiite garantit un rôle clé dans le contreseing des décisions gouvernementales. Ce pouvoir conféré par le portefeuille des Finances est perçu comme un levier essentiel pour préserver les droits de la communauté chiite dans un système où l’exécutif est dominé par la présidence maronite et le Premier ministre sunnite.

Pour d’autres forces politiques, notamment les Forces libanaises et certains partis indépendants, cette revendication est perçue comme une tentative de monopole communautaire qui va à l’encontre des principes d’équilibre et de rotation des postes.

Une paralysie gouvernementale dans un contexte de crise

Cette impasse survient alors que le Liban traverse une crise sans précédent, marquée par une économie en effondrement, des institutions paralysées et des tensions sociales croissantes. La formation rapide d’un gouvernement fonctionnel est cruciale pour répondre aux attentes de la population et débloquer l’aide internationale, mais les divisions politiques retardent ce processus.

Nawaf Salam, connu pour son approche indépendante, fait face à une tâche herculéenne : composer un gouvernement qui réponde aux exigences des forces locales tout en satisfaisant les attentes de la communauté internationale. Cependant, la question du portefeuille des Finances illustre les défis structurels du système politique libanais, où les intérêts communautaires priment souvent sur l’intérêt national.

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Newsdesk Libnanews
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