Beyrouth, ce 2 mars 2026 – Les Brigades Al-Quds, branche militaire du Mouvement du Jihad islamique en Palestine, ont annoncé dans un communiqué diffusé ce lundi la mort de leur commandant sur le territoire libanais, Adham Adnan Al-Othman, connu sous le nom de guerre « Abou Hamza ». Âgé de 41 ans, ce responsable a été tué lors d’une frappe aérienne israélienne menée ce jour même dans la banlieue sud de Beyrouth. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions exacerbées au Liban sud, marqué par des échanges de tirs initiés par des roquettes lancées depuis le territoire libanais vers le nord d’Israël, suivis de raids aériens israéliens qui ont causé des dizaines de victimes civiles et des dommages matériels importants. Le communiqué des Brigades Al-Quds, rédigé au nom d’Allah et citant un verset coranique, présente la mort d’Abou Hamza comme un acte de martyre et réaffirme l’engagement du groupe dans la voie du jihad contre l’entité sioniste.
Le communiqué des Brigades Al-Quds en détail
Dans leur déclaration, les Brigades Al-Quds ont ouvert leur message par une invocation au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, suivie d’un verset coranique : « Ils se réjouissent de ce qu’Allah leur a accordé de Sa grâce et se réjouissent de ceux qui ne les ont pas rejoints parmi leurs ancêtres. Il n’y a aucune crainte pour eux, et ils ne sont pas affligés. » Le texte proclame ensuite la « grande vérité d’Allah » et annonce formellement la mort en martyr d’Adham Adnan Al-Othman, désigné comme le commandant des Brigades Al-Quds sur le territoire libanais. Le communiqué précise que ce décès résulte d’une « attaque perfide sioniste qui a visé la banlieue sud de Beyrouth, lundi 2 mars 2026 ».
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Les Brigades Al-Quds décrivent Abou Hamza comme un « commandant exceptionnel qui a humilié l’ennemi et qui a mené une longue lutte contre l’entité sioniste ». Elles expriment leur deuil tout en promettant une poursuite de la résistance : « Nous, des Brigades Al-Quds, alors que nous pleurons un commandant exceptionnel qui a humilié l’ennemi et qui a mené une longue lutte contre l’entité sioniste, promettons à Allah que le sang pur versé par des milliers de combattants qui se vengeront et respecteront les commandements ne sera pas versé en vain. Nous affirmons que nous resterons sur la voie du Jihad et de la résistance jusqu’à la libération et au retour. » Le message se termine par une formule affirmant que « le Jihad est soit une victoire, soit le martyre », datée du 13 Ramadan 1447 AH, correspondant au 2 mars 2026.
Cette annonce marque la première reconnaissance publique par un groupe palestinien d’une perte dans les frappes israéliennes de ce jour à Beyrouth. Elle souligne la présence active des Brigades Al-Quds sur le sol libanais, un élément qui s’inscrit dans les dynamiques régionales impliquant des acteurs non étatiques alliés à l’Iran, aux côtés du Hezbollah. La banlieue sud de Beyrouth, où l’attaque a eu lieu, est un secteur densément peuplé et souvent associé aux activités de groupes résistants, ce qui a amplifié les conséquences civiles des raids.
Le contexte immédiat de l’attaque à Beyrouth
L’attaque israélienne mentionnée dans le communiqué a visé plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, dont Haret Hreik, Bir el-Abed et Hadath, ainsi que des positions dans la Békaa et au sud du Liban. Selon les données du centre d’opérations d’urgence du ministère de la Santé publique, dirigé par Rakan Nasreddine depuis février 2025, ces raids ont causé la mort de 31 civils et blessé au moins 149 personnes, avec des bilans actualisés au fil de la journée. Un bâtiment résidentiel à Ghobeiry a été particulièrement touché, provoquant un incendie visible et nécessitant l’intervention des équipes de secours pour extraire des victimes des débris. Les autorités libanaises ont rapporté que plusieurs familles entières ont été affectées, avec des enfants parmi les tués et les blessés.
L’armée israélienne a justifié ces opérations comme des frappes ciblées contre des responsables militaires, confirmant l’élimination de Hussein Makled, chef du quartier général du renseignement du Hezbollah, lors d’une frappe précise à Ghobeiry. Le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, a déclaré que ces actions pourraient s’étendre sur plusieurs jours, avec une posture offensive soutenue. Des avertissements d’évacuation en arabe ont été diffusés via des messages vocaux et des réseaux sociaux, ordonnant aux résidents de 53 localités dans le sud, la Békaa et la Békaa occidentale de s’éloigner d’au moins un kilomètre des zones ciblées, accompagnés de cartes géolocalisées.
Ces raids sont survenus en réponse aux tirs de roquettes initiés par le Hezbollah dans la nuit du 1er au 2 mars, visant une base militaire au sud de Haïfa. Le parti chiite a revendiqué ces actions comme une riposte à la mort de l’ayatollah Ali Khamenei lors des frappes américano-israéliennes du 28 février sur des sites militaires et navals iraniens. Cette escalade a rompu une trêve fragile établie en 2025, négociée sous les auspices des États-Unis et de la France, et a entraîné des déplacements massifs de population au Liban sud.
La présence des Brigades Al-Quds au Liban
L’annonce de la mort d’Abou Hamza met en lumière la présence opérationnelle des Brigades Al-Quds sur le territoire libanais, un aspect qui s’intègre dans les alliances régionales entre groupes résistants palestiniens et acteurs libanais comme le Hezbollah. Le Jihad islamique palestinien, fondé en 1981, entretient des liens étroits avec l’Iran, qui fournit un soutien logistique et financier à ses branches militaires. Adham Adnan Al-Othman, âgé de 41 ans, était désigné comme le commandant spécifique des Brigades Al-Quds au Liban, un rôle qui implique la coordination d’activités de résistance contre Israël depuis le sol libanais.
Cette présence n’est pas nouvelle. Les Brigades Al-Quds ont revendiqué par le passé des opérations lancées depuis le Liban sud, en coordination avec le Hezbollah, particulièrement lors des escalades liées au conflit à Gaza. Le territoire libanais sert de base arrière pour ces groupes, avec des transferts d’armes documentés par des rapports de l’ONU en 2025, indiquant une augmentation de 700 % des livraisons iraniennes via la Syrie. La mort d’Abou Hamza dans la banlieue sud de Beyrouth souligne l’exposition de ces responsables à des frappes ciblées israéliennes, qui visent souvent des figures clés des réseaux alliés à l’Iran.
Les réactions libanaises à l’escalade
Le gouvernement libanais, réuni en urgence ce matin au palais de Baabda sous la présidence de Joseph Aoun, a condamné les tirs de roquettes comme une violation des accords et des décisions du cabinet. Le Premier ministre Nawaf Salam a annoncé l’interdiction immédiate des activités sécuritaires et militaires du Hezbollah, l’obligation pour le parti de remettre ses armes à l’État et la limitation de son action au domaine politique. Ces mesures, appliquées en vertu de la Constitution et de l’accord de Taëf, mandatent l’armée et les forces de sécurité pour empêcher toute opération non étatique et arrêter les contrevenants.
L’armée libanaise, dirigée par le général Joseph Aoun qui cumule les fonctions de président depuis janvier 2025, a déployé des unités pour sécuriser les sites de lancement présumés à Shabiya et Sultaniya. Le plan de confinement des armes au nord du Litani, présenté le 16 février 2026 et approuvé par le cabinet, est en exécution accélérée, avec des inspections dans la Békaa. Le ministre de l’Intérieur, Ahmed Al-Hajjar, a rapporté des arrestations préventives de suspects liés à des milices, avec des barrages renforcés pour contrôler les mouvements.
La Commission nationale des droits de l’homme a qualifié les frappes israéliennes de violations graves du droit international humanitaire, potentiellement constitutives de crimes de guerre, citant l’absence d’avertissements préalables et le caractère indiscriminé des bombardements sur des zones résidentielles densément peuplées. Le principe de distinction, qui impose de différencier entre cibles militaires et civiles, a été invoqué, de même que le principe de précaution exigeant des mesures pour minimiser les dommages civils.
Les déplacements de population et l’aide humanitaire
Les évacuations ordonnées par les autorités libanaises touchent 52 localités au sud, avec des milliers de familles se dirigeant vers le nord et Beyrouth. La ministre des Affaires sociales, Hanine Sayyed, a annoncé l’ouverture de 171 centres d’hébergement, accueillant déjà 29 000 déplacés à 18h22. Ces centres, incluant des écoles officielles fermées demain mardi sur décision de la ministre Rima Karami, sont répartis pour équilibrer la charge. La Haute Commission de Secours distribue ses stocks aux centres, avec des hotlines diffusées pour orienter les déplacés.
Les familles déplacées subissent des conditions difficiles, avec des routes engorgées et des besoins immédiats en nourriture et soins. Le ministère de la Santé publique a mobilisé des ambulances pour les centres, tandis que la Croix-Rouge libanaise distribue des kits hygiéniques. Les pertes agricoles au sud, aggravées par les pulvérisations d’herbicides israéliens en février 2026, poussent de nombreux agriculteurs à fuir, augmentant le flux vers les centres de la Békaa.
Les implications régionales pour le Jihad islamique
La mort d’Abou Hamza s’inscrit dans une série d’éliminations ciblées par Israël contre des responsables de groupes alliés à l’Iran. Le Jihad islamique palestinien, actif principalement à Gaza mais avec des branches au Liban et en Syrie, a perdu plusieurs commandants dans des frappes similaires depuis 2024. Cette perte au Liban renforce les liens entre le groupe et le Hezbollah, qui partage des objectifs de résistance contre Israël.
Le communiqué des Brigades Al-Quds réaffirme l’engagement dans le jihad jusqu’à la libération, une position alignée sur celle du Hezbollah. Les transferts d’armes iraniens, documentés par l’ONU en 2025, soutiennent ces réseaux, avec des missiles et drones transitant via la Syrie. La présence palestinienne au Liban, héritage des camps de réfugiés depuis 1948, inclut des factions armées comme les Brigades Al-Quds, opérant dans des zones comme la banlieue sud de Beyrouth.
Les dynamiques internes libanaises
Les leaders politiques ont réagi aux décisions gouvernementales. Saad Hariri a appelé les chiites à rejeter les guerres par procuration. Gebran Bassil a soutenu le président Aoun et le cabinet, appelant à contenir la crise. Ashraf Rifi a qualifié les mesures d’excellentes, insistant sur l’exécution rapide.
Les opérations israéliennes incluent l’élimination confirmée de Hussein Makled du Hezbollah. Les Brigades Al-Quds, en annonçant la mort d’Abou Hamza, maintiennent leur rhétorique de résistance, avec des promesses de vengeance alignées sur les alliances régionales. Les déplacements vers les centres d’hébergement se poursuivent, avec 29 000 personnes hébergées à ce stade, et des distributions de stocks en cours dans la Békaa et le Mont-Liban. Les hotlines reçoivent des appels pour des transports, tandis que les barrages facilitent les convois sous contrôle sécuritaire.



