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Liban : Premiers éléments de réponse à la proposition américaine sur le désarmement du Hezbollah

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Les autorités libanaises ont amorcé, ces derniers jours, une première réponse aux propositions formulées par l’envoyé spécial américain Tom Barrack concernant la question sensible du désarmement du Hezbollah au sud du Liban. Les contours de cette réponse, encore en cours de finalisation, révèlent un schéma graduel fondé sur la réciprocité entre retrait israélien et remise partielle des armes par le mouvement chiite.

La proposition américaine : vers une approche par étapes

La proposition initiale, soumise par Tom Barrack aux autorités libanaises, prévoit un processus en plusieurs phases. L’idée directrice repose sur un échange progressif : des gestes militaires concrets de la part d’Israël en contrepartie de mesures libanaises sur le terrain, notamment un début de désarmement du Hezbollah au nord du fleuve Litani. Ce scénario s’inscrit dans le prolongement des efforts de Washington pour réduire les tensions dans le sud du Liban et répondre aux inquiétudes israéliennes en matière de sécurité.

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L’émissaire américain a transmis aux dirigeants libanais un document de travail articulé autour de deux points principaux : le retrait israélien de certaines positions stratégiques encore occupées, notamment des collines disputées, et un engagement libanais sur un calendrier progressif de remise des armes par les milices opérant au nord du Litani. Cette approche, qualifiée par certains observateurs de « diplomatie séquentielle », s’inscrit dans le cadre plus large des négociations indirectes entre le Liban et Israël.

La réponse libanaise : conditions et lignes rouges

Selon des sources proches des milieux politiques libanais, les autorités de Beyrouth ont transmis un premier retour informel à l’émissaire américain. La réponse insiste sur la nécessité d’un retrait israélien préalable d’une ou deux collines actuellement sous contrôle de Tsahal, sans préciser officiellement lesquelles. Cette exigence est présentée comme un geste de bonne foi permettant de créer un climat de confiance indispensable à l’ouverture de discussions plus larges sur la question du désarmement.

Des consultations intensives ont eu lieu au cours du week-end entre le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président de la Chambre Nabih Berri. Ces rencontres ont permis d’établir un socle commun de revendications libanaises, centré sur le respect de la souveraineté nationale et le refus de toute pression extérieure visant à imposer un calendrier unilatéral de désarmement.

Le rôle clé de Nabih Berri : médiateur entre le gouvernement et le Hezbollah

Dans ce contexte, Nabih Berri joue un rôle central. Selon des sources politiques, le président du Parlement s’est chargé de transmettre le contenu de la réponse gouvernementale au Hezbollah. Des visiteurs de Ain el-Tineh et du Grand Sérail rapportent que Berri a personnellement informé les cadres dirigeants du Hezbollah des grandes lignes du projet libanais.

Berri attend désormais, dans un délai de 48 heures, une réaction officielle de la formation dirigée par Naim Kassem. Cette temporalité correspond à l’échéance fixée par le gouvernement pour affiner la position libanaise avant de la communiquer formellement à la partie américaine.

Les attentes du Hezbollah : prudence et calculs stratégiques

Du côté du Hezbollah, la prudence reste de mise. Des sources politiques indiquent que le mouvement préfère attendre la version finale du document américain avant de formuler une réponse officielle. Des cadres proches du parti ont laissé entendre que toute décision sera prise après un examen approfondi du texte final, prévu pour le week-end.

Le Hezbollah reste attaché à plusieurs lignes rouges : le maintien de ses capacités défensives face à Israël, le refus d’un désarmement unilatéral et la garantie d’un calendrier basé sur des mesures réciproques vérifiables sur le terrain. Le mouvement considère également que toute décision en la matière doit faire l’objet d’un consensus national validé par les principales forces politiques du pays.

Les consultations au sein du gouvernement : entre scepticisme et volonté d’apaisement

Les discussions internes au sein de l’exécutif libanais révèlent des divergences de fond entre les différentes composantes politiques. Certains ministres plaident pour une position ferme exigeant un retrait israélien intégral avant tout geste du Hezbollah. D’autres, plus pragmatiques, considèrent qu’une approche graduelle pourrait ouvrir la voie à un règlement durable de la crise au sud du pays.

Le Premier ministre Nawaf Salam aurait insisté, lors des derniers conseils des ministres, sur la nécessité de préserver l’unité nationale face à une question aussi sensible. Il a également rappelé que toute décision sur le désarmement devra passer par un processus constitutionnel, impliquant le Parlement et les instances sécuritaires compétentes.

La pression internationale : Washington maintient la pression

Les États-Unis continuent de faire pression sur Beyrouth pour obtenir des avancées concrètes. Tom Barrack, lors de ses derniers entretiens, aurait souligné que la patience de Washington n’est pas infinie. Il a évoqué la possibilité de revoir l’aide économique et militaire au Liban en cas d’immobilisme prolongé.

De plus, des sources diplomatiques indiquent que les partenaires européens du Liban suivent de près l’évolution de la situation. L’Union européenne a rappelé son soutien à la stabilité du Liban tout en encourageant des avancées sur les dossiers sécuritaires.

Les positions israéliennes : attentes et prudence

Israël, de son côté, n’a pas encore officiellement commenté les propositions libanaises en réponse à l’initiative de Tom Barrack. Toutefois, des analystes israéliens estiment que Tel-Aviv pourrait accepter des gestes limités, comme un retrait de certaines positions secondaires, en échange de garanties concrètes sur le début d’un processus de désarmement du Hezbollah.

Les médias israéliens évoquent aussi une possible coordination étroite avec Washington pour assurer un suivi de la mise en œuvre de tout accord éventuel. Toutefois, des doutes persistent quant à la volonté réelle d’Israël de procéder à un retrait plus large avant des étapes significatives sur le terrain libanais.

La réaction de l’opinion publique libanaise : entre inquiétude et méfiance

Au sein de la population libanaise, les réactions sont partagées. Certains voient dans cette dynamique une opportunité de sortir d’une instabilité sécuritaire chronique. D’autres redoutent une remise en cause de la capacité de défense nationale face à Israël.

Des organisations de la société civile appellent à un débat national transparent avant toute prise de décision. Des pétitions circulent, appelant à préserver les équilibres internes et à refuser toute démarche précipitée sous pression étrangère.

Les prochains jalons : un calendrier encore flou

Dans l’attente de la réponse officielle du Hezbollah, le gouvernement libanais s’emploie à finaliser sa position définitive. Un nouveau round de consultations est prévu dans les prochains jours. Le texte final sera ensuite soumis à validation avant d’être transmis aux autorités américaines.

L’issue de ce processus reste incertaine. Plusieurs observateurs estiment que les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si le Liban et les États-Unis parviendront à s’accorder sur un schéma réaliste de désescalade.

Dans les coulisses, les négociations se poursuivent. Le rôle de Nabih Berri, la position du Hezbollah et les prochaines décisions israéliennes pèseront lourdement sur la trajectoire de ce dossier à haute intensité diplomatique et sécuritaire.

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Newsdesk Libnanews
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