Dans le cadre des ripostes iraniennes aux frappes américano-israéliennes lancées le 28 février 2026 contre des sites stratégiques en Iran, Téhéran a tiré deux missiles balistiques en direction de l’île de Chypre ce samedi 28 février, selon des déclarations du secrétaire d’État britannique à la Défense, John Healey. Cette action, qui marque une extension potentielle du conflit vers l’Europe, cible une zone où le Royaume-Uni maintient deux bases militaires souveraines, Akrotiri et Dhekelia, abritant plusieurs milliers de soldats. Bien que les missiles n’aient pas atteint leur cible présumée et aient été interceptés ou soient tombés en mer, cet incident souligne l’indiscrimination croissante des contre-attaques iraniennes, qui ont déjà touché des installations en Israël, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, au Koweït et en Irak. Le gouvernement britannique, qui n’a pas participé aux opérations initiales menées par Washington et Jérusalem, a confirmé que ses forces à Chypre n’étaient probablement pas visées délibérément, mais a exprimé des préoccupations quant aux risques pour ses actifs régionaux.
Cet épisode survient au deuxième jour d’une escalade militaire sans précédent au Moyen-Orient, initiée par les bombardements conjoints des États-Unis et d’Israël sur plus de 900 cibles en Iran, incluant des installations nucléaires, des sièges du renseignement et des bases des Gardiens de la révolution. Ces frappes, qualifiées d’opération de « décapitation » par des sources militaires américaines, ont entraîné la mort confirmée du guide suprême Ali Khamenei et d’autres hauts dirigeants iraniens, comme annoncée par les médias d’État à Téhéran. En réponse, l’Iran a lancé des salves de missiles et de drones vers 35 bases alliées dans la région, causant des dommages à des infrastructures pétrolières et militaires, avec un bilan provisoire dépassant les 500 morts en Iran, dont plus de 120 civils. Les tirs vers Chypre, une île membre de l’Union européenne depuis 2004, représentent une première incursion potentielle du conflit sur le sol européen, bien que les missiles aient été neutralisés avant d’atteindre l’île.
Les détails des tirs iraniens sur Chypre
Selon John Healey, interrogé ce dimanche 1er mars sur la chaîne Sky News, les deux missiles balistiques ont été lancés depuis le territoire iranien et se dirigeaient vers Chypre, mais « nous sommes à peu près certains qu’ils n’étaient pas ciblés sur Chypre ». Des sources militaires britanniques ont précisé que ces projectiles, capables de causer des dommages significatifs, ont été interceptés, potentiellement par des systèmes de défense aérienne alliés ou ont chuté en mer avant d’atteindre l’île. Une source confirmée a indiqué que les missiles étaient en fait destinés à atteindre Chypre mais sont tombés courts, atterrissant dans l’eau. Cette information corrobore des rapports initiaux selon lesquels les tirs faisaient partie d’une vague plus large de représailles indiscriminées, visant à démontrer la portée des capacités balistiques iraniennes tout en évitant une confrontation directe avec des puissances européennes.
Chypre, divisée depuis l’invasion turque de 1974, abrite les bases britanniques d’Akrotiri et de Dhekelia, retenues comme territoires souverains par le Royaume-Uni lors de l’indépendance de l’île en 1960. Ces installations, couvrant environ 3 % de la superficie de Chypre, servent de points d’appui logistique pour les opérations au Moyen-Orient, incluant des missions de reconnaissance et de ravitaillement. Des milliers de militaires britanniques y sont stationnés, accompagnés de familles et de civils, rendant l’île vulnérable à des menaces extérieures. Healey a également révélé que des personnels britanniques à Bahreïn étaient à quelques centaines de mètres d’un impact de missile iranien, illustrant les risques pour les forces du Royaume-Uni déployées dans la région. Le ministre britannique a ajouté que le gouvernement évalue actuellement le niveau de menace terroriste au Royaume-Uni en réponse à ces événements.
Le contexte des ripostes iraniennes
Ces tirs s’inscrivent dans une série de contre-attaques lancées par l’Iran depuis le début des frappes américano-israéliennes. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a revendiqué des attaques sur 27 bases hébergeant des troupes américaines et israéliennes, avec des missiles touchant des sites en Irak du Nord, en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn. Une vidéo vérifiée montre une explosion à la périphérie de la base de la Cinquième Flotte américaine à Bahreïn, tandis que des rapports font état d’impacts sur une raffinerie dans ce même pays et sur des infrastructures portuaires à Dubaï. L’Iran a déclaré que tous les actifs américains et israéliens dans la région sont désormais des « cibles légitimes militaires », avec un bilan provisoire de plus de 200 morts en Iran lors des frappes initiales, incluant 85 dans une école près de Minab.
Les autorités iraniennes, via les médias d’État, ont promis une vengeance pour la mort de Khamenei, qualifiée d’« assassinat cynique » par des alliés comme la Russie. Le président Masoud Pezeshkian, dont la mort avait été rumorée mais démentie, a déclaré que la revanche est un « droit légitime et un devoir » pour Téhéran, et que l’Iran ferait tout pour l’accomplir. Ces déclarations interviennent alors que les forces américaines et israéliennes ont poursuivi leurs opérations ce dimanche, frappant plus de 300 cibles supplémentaires, dont des installations navales dans le détroit d’Ormuz et des complexes nucléaires à Natanz. Des images satellites montrent des destructions massives au quartier général des Gardiens de la révolution à Téhéran.
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