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L’or franchit le cap symbolique des 5000 dollars l’once au milieu d’un regain de tensions internationales

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Le marché de l’or a connu une ascension fulgurante ces derniers jours, avec le prix du métal jaune dépassant pour la première fois le seuil emblématique des 5000 dollars l’once ce 23 janvier 2026, selon les cotations en temps réel sur les principaux marchés mondiaux. Ce franchissement, enregistré à 4967,48 dollars avant une légère correction à 4930,40 dollars en milieu de séance, marque un tournant dans l’histoire récente des matières premières. Il survient dans un contexte marqué par une escalade des risques géopolitiques, une dépréciation du dollar américain et une demande accrue de la part des investisseurs institutionnels et privés. Ce mouvement, qui porte les gains annuels de l’or à près de 15 % depuis le début de 2026, reflète les incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale, amplifiées par les décisions politiques de l’administration Trump et les dynamiques monétaires globales.

Cette hausse intervient alors que les contrats à terme sur l’or pour février ont progressé de 0,4 % à 4932,08 dollars l’once, tandis que l’argent et le platine ont eux aussi atteint des sommets historiques, avec l’argent spot grimpant de plus de 3 % à 99,783 dollars l’once et le platine de plus de 5 % à 2721,45 dollars l’once. Les volumes d’échanges sur les plateformes comme le Comex ont explosé, témoignant d’un afflux massif de capitaux vers les métaux précieux. Les analystes soulignent que ce cap des 5000 dollars, bien que symbolique, illustre la transformation de l’or en actif refuge par excellence face à une conjoncture internationale instable.

Les tensions géopolitiques au cœur de la flambée

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Les récents développements sur la scène internationale ont joué un rôle déterminant dans cette poussée des cours de l’or. L’annonce par le président américain Donald Trump du déploiement d’une flotte navale vers l’Iran a ravivé les craintes d’un conflit au Moyen-Orient. Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche le 22 janvier 2026, Trump a déclaré : « Nous avons une armada en route dans cette direction, et peut-être que nous n’aurons pas à l’utiliser », ajoutant qu’il « préférerait ne rien voir se produire » en référence aux manifestations en Iran et au programme nucléaire du pays. Cette rhétorique musclée, qui fait écho à des interventions passées comme l’incursion américaine au Venezuela en début d’année, a provoqué une onde de choc sur les marchés.

Ces événements s’inscrivent dans une série de crises qui ont marqué les premiers mois de 2026. Par exemple, les menaces proférées par Washington concernant l’annexion du Groenland ont culminé en un accord controversé, impliquant le stationnement de missiles américains sur l’île, des droits miniers étendus et un renforcement de la présence de l’Otan. Bien que cet accord ait apaisé temporairement les tensions avec le Danemark, il a souligné la vulnérabilité des puissances moyennes européennes face aux négociations bilatérales imposées par les États-Unis. Ahmad Assiri, stratège chez Pepperstone Group Ltd., a commenté : « Il y a une prise de conscience croissante que les puissances moyennes européennes ne sont plus nécessairement assises à la table des négociations. Elles risquent de devenir des objets de négociation. »

Au-delà de ces incidents spécifiques, les tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur le Canada et le Mexique, justifiés par des préoccupations sécuritaires, ont exacerbé les incertitudes commerciales. Ces mesures, annoncées le 14 janvier 2026 par le département du Commerce américain, visent à protéger les chaînes d’approvisionnement critiques, mais elles ont entraîné une hausse des coûts pour les industries mondiales et une fuite vers les actifs non corrélés aux marchés actions. L’Organisation des Nations unies, par la voix de son secrétaire général António Guterres, a exprimé lors d’une session du Conseil de sécurité le 20 janvier 2026 : « Ces escalades unilatérales menacent la stabilité multilatérale et pourraient précipiter une fragmentation économique durable. » Ces déclarations officielles renforcent l’attrait de l’or comme bouclier contre les risques systémiques.

La faiblesse du dollar et les interrogations sur la politique monétaire

La dépréciation du dollar américain constitue un autre pilier de cette hausse spectaculaire. L’indice du dollar, mesurant la devise contre un panier de monnaies majeures, a reculé de 0,8 % sur la semaine, rendant les métaux précieux plus abordables pour les acheteurs étrangers. Cette tendance s’explique en partie par les signaux mitigés de l’économie américaine, avec une croissance du PIB révisée à 2,1 % au quatrième trimestre 2025, inférieure aux attentes, et un chômage stable à 3,7 %. Les investisseurs parient sur une poursuite des baisses de taux par la Réserve fédérale, dont la prochaine réunion est prévue la semaine prochaine.

Les attaques répétées de Donald Trump contre la Fed ont amplifié ces attentes. Le président a critiqué publiquement le chairman Jerome Powell, l’accusant de freiner la croissance par une politique trop restrictive. Le processus de sélection du prochain chairman, qui pourrait aboutir à un profil plus accommodant, alimente les spéculations sur une monétisation accrue de la dette publique. Dans ce contexte, le « commerce de débasement du dollar » gagne du terrain : les investisseurs se détournent des obligations souveraines et des devises pour se réfugier dans l’or, perçu comme une valeur intrinsèque stable. Les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans ont chuté à 3,2 %, rendant les alternatives non rémunératrices comme l’or plus attractives.

Sur le plan international, les préoccupations fiscales au Japon et aux États-Unis ont provoqué des ventes massives d’obligations d’État. Le ministère japonais des Finances a rapporté le 21 janvier 2026 une augmentation de 5 % du déficit budgétaire, poussant les traders à pivoter vers l’or. Un porte-parole du Trésor américain a indiqué lors d’un briefing : « Les niveaux d’endettement restent gérables, mais les marchés surveillent de près les trajectoires fiscales. » Ces dynamiques monétaires, couplées à une inflation persistante à 2,8 % aux États-Unis, soutiennent la thèse d’une érosion du pouvoir d’achat des devises fiat, favorisant ainsi l’or.

La demande accrue des banques centrales et des investisseurs privés

Les banques centrales ont accéléré leurs achats d’or, contribuant significativement à la pression haussière sur les prix. Selon les données du Conseil mondial de l’or, les institutions ont acquis environ 60 tonnes par mois en moyenne depuis le début de 2025, portant la part de l’or dans les réserves totales à près de 30 %, un record historique. La Banque populaire de Chine a ajouté 0,9 tonne en décembre 2025, prolongeant une série de 14 mois d’achats nets, pour un total annuel de 27 tonnes. La Reserve Bank of India, quant à elle, a ralenti à 4 tonnes sur l’année, mais la valorisation des prix a fait grimper la part de l’or dans ses réserves de 10 % à 16 %.

Cette stratégie de diversification reflète une méfiance croissante envers le dollar, dont la part dans les réserves de change mondiales a atteint son plus bas niveau en 25 ans. Nikolaos Panigirtzoglou, analyste chez JPMorgan, a noté dans un rapport du 15 janvier 2026 : « En supposant que les achats des banques centrales ont suivi le rythme des trois premiers trimestres de l’année, la part de l’actif refuge pourrait avoir atteint un nouveau record proche de 30 %. » Les flux sortants des réserves en dollars ont ainsi alimenté les investissements en or.

Du côté des investisseurs privés, la demande retail a explosé, comme en témoigne la hausse de 4,4 % des ventes en ligne au Royaume-Uni en décembre 2025, largement attribuable à l’or et l’argent. Les importations indiennes d’or ont atteint 35-40 tonnes en décembre, malgré une hausse de 6 % des prix landed, portées par les achats liés aux mariages et une multiplication par deux des ventes de pièces. Les premiums restent alignés sur les spots mondiaux, mais les programmes d’échange représentent désormais plus de 40 % des transactions en joaillerie, signalant une accumulation prudente. Les ETF adossés à l’or, comme le SPDR Gold, ont enregistré des gains de plus de 75 % sur l’année écoulée, contrastant avec le déclin de l’indice dollar.

Les contraintes d’approvisionnement et les perspectives du secteur minier

L’offre limitée d’or accentue la dynamique haussière. Les mineurs nord-américains prévoient une production de 19,2 millions d’onces en 2026, en baisse de 2 % par rapport à 2025, les prévisions antérieures ayant surestimé les outputs. Les coûts tout inclus (all-in sustaining costs) devraient augmenter de 3 % à 1600 dollars l’once, au-dessus du consensus du marché. Malgré cela, la rentabilité reste robuste, avec un EBITDA total projeté en hausse de 41 % à 65 milliards de dollars.

Ces contraintes structurelles, combinées à une demande physique résiliente en Asie, fragilisent les plafonds de prix. Ahmad Assiri a relevé : « L’offre d’or n’est tout simplement pas suffisante pour diversifier les tensions du marché américain et politiques, ce qui rend les plafonds de prix plutôt fragiles. » Les investisseurs institutionnels, comme Ray Dalio de Bridgewater Associates et Jeff Gundlach de DoubleLine Capital, ont récemment plaidé pour une allocation accrue en or, justifiant 20-30 % dans les portefeuilles depuis 2020.

Les prévisions des institutions financières

Les analystes revoient leurs projections à la hausse. Goldman Sachs a relevé sa prévision de fin d’année 2026 à 5400 dollars l’once, contre 4900 précédemment, citant une demande privée et centrale intensifiée. Les analystes Daan Struyven et Lina Thomas ont indiqué : « Les risques sont significativement biaisés à la hausse car les investisseurs du secteur privé pourraient diversifier davantage face à l’incertitude politique globale persistante. »

Bank of America anticipe 6000 dollars l’once d’ici le printemps 2026, basé sur des gains historiques de 300 % en moyenne lors des bull markets sur 43 mois. Michael Hartnett, analyste chez BofA, estime qu’une augmentation de 14 % de la demande d’investissement – conforme aux moyennes trimestrielles récentes – suffirait à atteindre ce niveau. L’or reste sous-investi à 4 % des marchés financiers (0,5 % chez les investisseurs fortunés), tandis que les banques centrales le détiennent à 15 % des réserves, en deçà de l’optimum modélisé à 30 %.

Ces estimations soulignent les implications immédiates des événements récents : les ventes en obligations japonaises et américaines se poursuivent, avec des traders pivotant vers l’or face à une inflation supérieure à 2 % lors des cycles d’assouplissement américain, où l’or progresse en moyenne de 13 %. Les données du ministère libanais des Finances, bien que hors sujet direct, illustrent des dynamiques similaires dans les économies émergentes, avec une dette et une inflation croissantes renforçant l’attrait des métaux précieux. Les importations physiques en Chine et en Inde maintiennent une pression ascendante, tandis que les stocks aux échanges diminuent, signalant une rareté accrue.

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