Dans un contexte d’escalade militaire entre Israël et le Hezbollah dans le sud du Liban, le président français Emmanuel Macron a fermement rappelé l’importance du respect des résolutions de l’ONU, soulignant que l’État d’Israël lui-même est né d’une décision de cette organisation. Ses propos surviennent alors que l’armée israélienne mène une offensive terrestre contre le mouvement pro-iranien Hezbollah, dans une région où la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) est déployée pour garantir la paix.
Macron : « Israël ne doit pas s’affranchir des décisions de l’ONU »
Lors d’un Conseil des ministres tenu mercredi, Emmanuel Macron a exprimé son inquiétude face aux récentes actions d’Israël et a rappelé que le pays ne doit pas « s’affranchir des décisions de l’ONU ». Selon des participants, le chef de l’État a évoqué le vote de l’Assemblée générale des Nations unies de novembre 1947, qui avait approuvé le plan de partage de la Palestine, créant ainsi un État juif et un État arabe. « M. Netanyahou ne doit pas oublier que son pays a été créé par une décision de l’ONU », a lancé Macron, avant d’ajouter que ce n’est « pas le moment de s’affranchir des décisions de l’ONU », en référence notamment à la résolution 1701 du Conseil de sécurité adoptée en 2006.
Cette résolution, votée après la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, stipule que seules l’armée libanaise et les forces de la FINUL doivent être présentes au sud du fleuve Litani au Liban, interdisant toute autre présence militaire. Elle appelle également à la cessation des hostilités de part et d’autre de la frontière israélo-libanaise. Cependant, cette résolution semble aujourd’hui menacée par les récentes hostilités, Emmanuel Macron appelant ainsi au respect de cet accord international.
Les accusations de Netanyahou et les violations israéliennes contre la FINUL
Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a quant à lui accusé le Hezbollah d’utiliser « les installations et les positions de la FINUL comme couverture afin de mener ses attaques contre Israël ». Ces accusations ont conduit Israël à intensifier ses frappes dans le sud du Liban, causant des dommages collatéraux aux infrastructures des Nations unies et aux forces déployées sur place. Netanyahou a même exhorté Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, à mettre les Casques bleus « à l’abri immédiatement », sous-entendant que les positions de la FINUL étaient compromises.
De son côté, la FINUL, composée de 10 000 hommes dont 700 soldats français, a dénoncé des « violations choquantes » de la part d’Israël. Le week-end dernier, deux chars israéliens ont pénétré de force dans une de leurs positions. L’armée israélienne a déclaré qu’un de ses chars avait accidentellement percuté un poste de la FINUL alors qu’il tentait d’évacuer des soldats blessés. Cette explication n’a pas apaisé les tensions, Emmanuel Macron ayant jugé « tout à fait inacceptable » que les forces armées israéliennes ciblent délibérément les Casques bleus.
L’intensification des frappes et les efforts diplomatiques
Le président français n’a pas hésité à exprimer « sa grande inquiétude » concernant l’escalade des frappes israéliennes et leurs « conséquences dramatiques pour les populations civiles ». À cet égard, il a appelé à un cessez-le-feu immédiat, tout en exhortant le Hezbollah à cesser ses attaques contre Israël. La France, qui entretient un rôle diplomatique clé dans cette crise, tente par ailleurs de négocier une solution pacifique à travers des initiatives bilatérales. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a précisé que Macron « réitérerait ses condamnations » auprès de Netanyahou, poursuivant ainsi une pression diplomatique sur Israël pour qu’il se conforme aux décisions onusiennes.
Le contexte de l’assassinat de Hassan Nasrallah et la proposition franco-américaine
Cette offensive israélienne s’inscrit également dans un climat de tensions exacerbées par l’assassinat de Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, frappé lors d’une attaque aérienne israélienne en septembre dernier. Cet événement est survenu alors qu’une proposition franco-américaine était sur la table pour tenter de calmer les tensions dans la région. L’élimination de Nasrallah a non seulement envenimé la situation mais a aussi rendu caduque cette initiative diplomatique, ravivant les hostilités entre Israël et le Hezbollah.
Israël a intensifié ses opérations militaires dans la région en réponse à des tirs de roquettes provenant du sud du Liban, alors que le Hezbollah, affaibli par la perte de son leader, a juré vengeance. Le fragile équilibre instauré par la résolution 1701 semble aujourd’hui plus que jamais menacé, au grand désarroi des forces internationales présentes au Liban pour maintenir la paix.



