Le 13 juin 2025, à 19h00, le président français Emmanuel Macron s’exprime depuis le Palais de l’Élysée lors d’une conférence de presse pour réagir aux frappes aériennes israéliennes contre des sites nucléaires et militaires iraniens dans le cadre de l’opération « Rising Lion ». Ses déclarations abordent l’escalade au Proche-Orient, les implications pour le Liban, la question palestinienne, et la position de la France face à la crise. Voici un compte rendu détaillé et factuel du contenu intégral de cette conférence.
Déclarations intégrales de la conférence de presse du 13 juin 2025
Macron ouvre la conférence en situant le contexte des frappes israéliennes, lancées dans la nuit du 12 au 13 juin 2025, contre des installations iraniennes, incluant les sites nucléaires de Natanz, Fordo et Ispahan, ainsi que des bases militaires à Téhéran, Kermanshah, Hamadan, Tabriz et Karaj. Il déclare : « L’Iran porte une lourde responsabilité dans la déstabilisation de la région. Son programme nucléaire, en violation des engagements internationaux, représente une menace pour la région, l’Europe et le monde entier. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde où l’Iran posséderait l’arme atomique. »
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Il précise que l’Iran a accumulé « près de 40 fois plus d’uranium enrichi que ce qui lui était autorisé » selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) du 12 juin 2025, qui constate l’impossibilité de garantir le caractère pacifique du programme iranien. Macron note que Téhéran est « proche d’un stade critique » permettant de produire des engins nucléaires, et que son programme balistique, capable d’atteindre l’Europe, amplifie cette menace. Il ajoute : « L’Iran fournit des missiles à la Russie dans la guerre en Ukraine, soutient des groupes dangereux comme le Hezbollah et les Houthis, et pratique un terrorisme revendiqué. »
Macron réaffirme « le droit d’Israël à se protéger et à assurer sa sécurité », saluant les « effets » des frappes israéliennes, qui ont ciblé plus de 200 sites, selon Tsahal, et neutralisé des figures clés comme Hossein Salami et Mohammad Bagheri des Gardiens de la révolution. Il précise que la France « n’a pas participé à la conduite de ces frappes » et que son soutien à Israël « n’est pas inconditionnel et sans limite ». Il déclare : « La France participera aux opérations de protection et de défense d’Israël en cas de représailles iraniennes, si elle est en situation de le faire. Mais je n’envisage aucunement de participer à une guerre régionale. »
Sur le Liban, Macron condamne les violations de l’espace aérien libanais par des missiles israéliens, notant que des débris de missiles d’interception sont tombés près de Tyr, causant des dégâts matériels mineurs. Il déclare : « Le Liban ne doit pas devenir une plateforme pour des conflits régionaux. Nous condamnons les survols israéliens, qui aggravent une situation déjà fragile. » Il appelle à la pleine application de la résolution 1701 de l’ONU, qui impose un cessez-le-feu au Liban-Sud et le désarmement des groupes armés, y compris le Hezbollah. Il annonce une augmentation de l’aide humanitaire française au Liban, avec 50 millions d’euros supplémentaires pour soutenir les populations affectées par la crise économique et les tensions régionales. Macron salue le rôle de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), où la France contribue avec 700 soldats, et appelle à un renforcement de son mandat pour garantir la stabilité.
Concernant la Palestine, Macron réaffirme son engagement pour la reconnaissance d’un « État palestinien démilitarisé », qu’il juge « indispensable à l’intégration régionale d’Israël et à la paix durable ». Il évoque une initiative franco-saoudienne, discutée le 13 juin 2025 lors d’une rencontre à Paris entre sociétés civiles israélienne et palestinienne, pour relancer les négociations sur la solution à deux États. Il déclare : « Une vie vaut une vie. Il ne peut y avoir de double standard dans la valeur des vies humaines, qu’elles soient israéliennes, palestiniennes ou libanaises. » Il appelle à un « cessez-le-feu permanent à Gaza » et annonce le report d’une conférence internationale de l’ONU sur la Palestine, initialement prévue fin juin 2025, en raison de l’escalade actuelle. Macron précise : « Cette conférence aura lieu dès que les conditions de sécurité le permettront, pour avancer vers la reconnaissance de l’État palestinien. »
Macron aborde les répercussions sécuritaires en France, annonçant un renforcement du dispositif Sentinelle avec 3 000 militaires supplémentaires pour sécuriser les lieux sensibles, notamment les institutions juives et les sites publics, face à des menaces potentielles liées à l’escalade. Il mentionne un Conseil de défense et de sécurité nationale tenu le matin du 13 juin pour évaluer les impacts régionaux et nationaux. Il déclare : « La France reste vigilante. Nous ne permettrons pas que ce conflit soit importé sur notre sol. »
Il insiste sur une « solution diplomatique » pour éviter un embrasement régional, appelant à la retenue des deux parties. Il salue les efforts de médiation d’Oman et des États-Unis, malgré l’incertitude entourant les négociations nucléaires prévues le 15 juin 2025. Macron condamne les représailles iraniennes, qui ont lancé environ 100 missiles balistiques et des drones contre Israël, causant trois morts et 64 blessés, selon Channel 12 Israel. Il déclare : « Toute escalade doit cesser. La France soutiendra les efforts de l’ONU pour ramener la paix. »
En conclusion de son propos, Macron appelle à une « coopération internationale renforcée » pour contrer la prolifération nucléaire et stabiliser le Proche-Orient. Il annonce que la France proposera une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour discuter des conséquences des frappes et des moyens d’éviter une guerre régionale. Il termine en réitérant son engagement pour « une paix juste et durable » au Proche-Orient, basée sur la coexistence de deux États, israélien et palestinien.
Réactions aux déclarations
En France, les déclarations de Macron suscitent des réactions contrastées. Les partis de droite, comme Les Républicains, soutiennent son appui à la sécurité d’Israël, mais critiquent son insistance sur un État palestinien comme inopportune en pleine crise. La France insoumise dénonce une position jugée trop favorable à Israël, réclamant une condamnation claire des frappes. En Israël, le gouvernement de Benjamin Netanyahou salue le soutien français, mais reste silencieux sur l’appel à la diplomatie. En Iran, les médias officiels qualifient les propos de Macron de « partialité pro-sioniste », tandis que le Guide suprême Ali Khamenei promet une « punition sévère » pour les frappes israéliennes.
Au Liban, le Premier ministre Nawaf Salam accueille favorablement l’aide humanitaire française, mais appelle à une pression internationale pour stopper les survols israéliens. Les représentants palestiniens, comme l’Autorité palestinienne, saluent l’engagement de Macron pour un État palestinien, mais regrettent le report de la conférence de l’ONU. L’ONU, par António Guterres, soutient l’appel de Macron à la désescalade, tandis que les États-Unis, informés des frappes, réaffirment leur soutien à Israël tout en prônant une solution diplomatique.
Contexte des déclarations
Les déclarations de Macron s’inscrivent dans un contexte d’escalade majeure au Proche-Orient, déclenchée par l’annonce iranienne du 12 juin 2025 d’une intensification de l’enrichissement d’uranium, suivie des frappes israéliennes. Ces frappes, impliquant environ 200 avions de combat, ont visé des sites stratégiques, causant 78 morts en Iran, selon Téhéran. Les représailles iraniennes, incluant des missiles hypersoniques Fattah et des drones Shahed, ont intensifié la crise, avec des impacts à Tel-Aviv, Haifa et Jérusalem. Le survol du Liban par des missiles israéliens, observé à Tyr, et les débris tombés au Liban-Sud aggravent la situation dans un pays déjà fragilisé par une crise économique et les tensions avec le Hezbollah.
Macron maintient une position équilibrée, soutenant la sécurité d’Israël tout en condamnant les actions déstabilisantes de l’Iran et en plaidant pour la cause palestinienne. Son appel à un État palestinien démilitarisé et à un cessez-le-feu à Gaza reflète sa volonté de lier la crise actuelle à une résolution plus large du conflit israélo-palestinien. Le renforcement de Sentinelle répond à des préoccupations internes, tandis que l’accent mis sur la diplomatie vise à préserver les relations avec les partenaires régionaux, comme l’Arabie saoudite, qui a dénoncé les frappes israéliennes, et les États-Unis, engagés dans des négociations nucléaires avec l’Iran.



