jeudi, février 12, 2026

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Melhem Khalaf plaide pour des élections législatives dans les délais en autorisant le vote direct des expatriés pour les 15 circonscriptions

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Le député Melhem Khalaf a insisté, lors d’un entretien accordé à la radio « Voix de tout le Liban », sur la nécessité impérieuse de respecter les échéances constitutionnelles pour les élections législatives prévues en mai 2026. Il a mis en avant l’urgence de permettre aux Libanais non résidents de voter directement pour les 15 circonscriptions au Liban, comme cela s’était produit en 2022, afin d’éviter toute manipulation des processus démocratiques. Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par des débats intenses autour de la faisabilité technique et légale du scrutin, notamment concernant la mise en place d’une seizième circonscription dédiée aux expatriés, prévue par la loi électorale actuelle.

Les nœuds gordiens du scrutin législatif

Au cœur des préoccupations soulevées par le député Khalaf figure l’impossibilité apparente de finaliser un mécanisme permettant aux non-résidents de voter dans une seizième circonscription distincte. Cette disposition, inscrite dans la loi électorale n° 44 de 2017, vise à ajouter six sièges parlementaires réservés aux expatriés, portant le total des députés à 134. Cependant, les défis logistiques et administratifs persistent, rendant cette option impraticable selon plusieurs acteurs impliqués. Le ministère des Affaires étrangères, chargé d’organiser le vote à l’étranger, et le ministère de l’Intérieur, responsable de la supervision globale, se heurtent à des contraintes liées à la vérification des identités, à la distribution des sièges par continents et à la coordination avec les ambassades et consulats libanais disséminés dans le monde.

Un autre point d’achoppement relevé par Khalaf concerne la carte magnétique, un outil censé moderniser le processus électoral en facilitant l’identification des électeurs. Introduite comme une mesure de sécurité pour prévenir les fraudes, cette carte pose des problèmes techniques récurrents, notamment en termes de production et de distribution à grande échelle. En 2018, lors des précédentes élections, une situation similaire avait émergé, où l’impossibilité d’implémenter pleinement cette technologie n’avait pas invalidé l’ensemble du processus. Khalaf propose ainsi de recourir à un avis consultatif de la Commission de législation et de consultations, rattachée au ministère de la Justice, pour contourner ces obstacles sans altérer fondamentalement la loi.

Le refus du Parlement d’examiner les amendements

Khalaf a pointé du doigt l’attitude du Parlement, qui s’abstient d’inscrire à l’ordre du jour les propositions de lois modificatives nécessaires pour résoudre ces impasses. Selon lui, le gouvernement ne dispose pas de la prérogative pour amender directement la loi électorale, ce qui rend indispensable une intervention législative. Cette inertie parlementaire, observée depuis plusieurs mois, alimente les suspicions d’une volonté délibérée de reporter le scrutin. Le président du Parlement, Nabih Berri, a récemment affirmé qu’il ne convoquerait pas de session dédiée à la modification de la loi, renvoyant la balle aux ministères concernés pour trouver des solutions administratives. Cette position a exacerbé les tensions au sein de l’hémicycle, où des députés issus de divers blocs, y compris ceux dits « souverains » comme les Forces libanaises, militent pour une réforme permettant aux expatriés de voter pour l’ensemble des 128 sièges, alignant ainsi leurs droits sur ceux des résidents.

Dans ce cadre, un projet de loi accéléré, soumis en mai 2025 par neuf députés, visait à appliquer aux non-résidents les mêmes règles de vote que pour les résidents, en modifiant l’article 122 de la loi électorale. Soutenu par 68 parlementaires et plusieurs blocs, ce texte proposait d’accorder aux expatriés le droit d’élire tous les membres du Parlement, sans se limiter aux six sièges supplémentaires. Pourtant, malgré ces appuis, le projet n’a pas été intégré aux agendas des sessions législatives, illustrant les clivages profonds entre les factions traditionnelles et les voix réformistes.

Le rôle pivotal des expatriés dans la dynamique électorale

Les Libanais de la diaspora, estimés à plus de quatre millions, représentent une force électorale significative, capable d’influencer les résultats dans plusieurs circonscriptions. En 2022, lors des dernières élections, environ 225 000 expatriés s’étaient inscrits pour voter, marquant une participation record malgré les défis logistiques posés par la pandémie de Covid-19 et la crise économique. Ce scrutin avait permis aux non-résidents de voter pour les 128 sièges depuis leurs pays d’accueil, une mesure exceptionnelle qui avait boosté la légitimité du processus. Khalaf insiste sur la reproduction de ce modèle, arguant que limiter le vote des expatriés à une circonscription dédiée risquerait de marginaliser leur impact et de violer le principe d’égalité devant le suffrage.

Le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a récemment lancé un appel aux expatriés pour qu’ils s’inscrivent avant le 20 novembre 2025, tout en rassurant que, en cas d’annulation du vote à l’étranger, ils pourraient toujours exercer leur droit au Liban. Cette déclaration reflète les incertitudes persistantes, amplifiées par des rumeurs de sanctions internationales si le vote des expatriés était entravé. Des sources au sein du ministère indiquent que des discussions sont en cours pour suspendre temporairement les articles relatifs à la seizième circonscription, permettant ainsi un retour au vote direct pour les 15 circonscriptions existantes.

Les précédents historiques et leurs leçons

L’histoire électorale libanaise est jalonnée de reports et d’ajustements de dernière minute. En 2018, les élections, initialement prévues en 2013, avaient été repoussées à plusieurs reprises en raison de désaccords sur la loi électorale. La Commission de législation avait alors émis un avis considérant que l’absence de carte magnétique n’invalidait pas le scrutin, pavant la voie à sa tenue. Khalaf invoque ce précédent pour plaider en faveur d’une solution similaire en 2026, évitant ainsi un vide institutionnel. De même, en 2022, malgré la crise économique qui a frappé le pays depuis 2019, avec une dévaluation de la livre libanaise de plus de 90 % et une inflation galopante, le vote des expatriés a été organisé avec succès, démontrant la résilience des institutions.

Ces expériences soulignent l’importance d’une coordination étroite entre les ministères. Le ministre de l’Intérieur, Ahmad al-Hajjar, a émis un circulaire ouvrant la période de candidatures, tout en précisant que les demandes pour la seizième circonscription ne seraient pas acceptées, suivant les directives gouvernementales. Cette mesure indique une reconnaissance implicite de l’impossibilité d’instaurer cette circonscription, due à l’absence de décrets d’application nécessaires.

Les clivages partisans face à la réforme

Les positions des partis politiques révèlent des intérêts divergents. Le duo chiite, composé du Hezbollah et d’Amal, ainsi que le Courant patriotique libre, s’opposent à une extension du vote des expatriés aux 128 sièges, craignant un renforcement des opposants dans les circonscriptions clés. À l’inverse, les groupes réformistes et les blocs sunnites ou druzes plaident pour une égalité totale, voyant dans la diaspora un réservoir de voix progressistes. Khalaf, issu du bloc des députés du changement élu en 2022, incarne cette mouvance qui a émergé des manifestations d’octobre 2019, réclamant une rupture avec les pratiques clientélistes.

Son parcours, marqué par une présidence de l’Ordre des avocats de Beyrouth remportée en 2019 comme indépendant, et un sit-in de 722 jours au Parlement jusqu’à l’élection du président Joseph Aoun en janvier 2025, illustre son engagement pour la transparence institutionnelle. Khalaf a souvent critiqué les retards dans les réformes, y compris lors des débats budgétaires de janvier 2026, où il a appelé à préserver l’unité nationale face aux divisions sectaires.

Les implications administratives immédiates

Le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, a alloué des fonds pour les élections, malgré les contraintes budgétaires imposées par une dette publique dépassant 100 milliards de dollars et un PIB en contraction. Des négociations avec la Banque mondiale et le FMI visent à stabiliser l’économie, mais les réformes structurelles, comme la restructuration bancaire, restent en suspens, impactant indirectement la préparation électorale.

Berri envisage une session législative le 1er mars pour suspendre les trois articles problématiques : le vote des expatriés, les mégacentres et la carte magnétique. Des sources indiquent un consensus émergent parmi les factions pour cette approche, évitant un report total du scrutin. Entre-temps, les candidatures affluent, avec des figures comme Khalaf consultant ses pairs pour former des listes, soulignant l’approche imminente de la décision sur sa propre candidature.

Les défis logistiques pour les expatriés

Organiser le vote à l’étranger implique une mobilisation massive : enregistrement en ligne, vérification des passeports et installation de bureaux de vote dans plus de 50 pays. En 2022, des irrégularités mineures avaient été signalées, comme des retards dans l’acheminement des bulletins, mais le processus global avait été salué par les observateurs internationaux. Aujourd’hui, avec la guerre en cours au sud du Liban et les tensions régionales impliquant Israël et le Hezbollah, la sécurité des ambassades ajoute une couche de complexité.

Raggi a soumis un projet de loi pour abroger les articles sur le vote des expatriés, affirmant qu’il agit par devoir constitutionnel, sans considération politique. Il a rassuré que les droits des non-résidents resteraient protégés, permettant un vote au Liban si nécessaire. Cette initiative reflète les efforts pour débloquer le processus, alors que des experts comme Saïd Malek arguent que le rôle du ministère des Affaires étrangères se limite à faciliter l’élection des 128 députés via les 15 circonscriptions, considérant la seizième comme obsolète.

Les dynamiques confessionnelles en jeu

Le système électoral libanais, basé sur le confessionnalisme, distribue les sièges selon les communautés : 64 pour les musulmans (27 chiites, 27 sunnites, 8 druzes, 2 alaouites) et 64 pour les chrétiens (34 maronites, 14 orthodoxes, etc.). L’ajout de six sièges pour les expatriés, équitablement répartis entre chrétiens et musulmans, visait à refléter la démographie diasporique, majoritairement chrétienne en Amérique et en Europe. Cependant, sans décrets précisant la répartition par continents, cette mesure reste lettre morte.

Des observateurs notent que les coalitions évoluent rapidement, influencées par les équilibres confessionnels : les sunnites à Tripoli, les chiites au sud, les maronites au Mont-Liban. Khalaf, orthodoxe de Beyrouth, incarne une voix transconfessionnelle, plaidant pour des listes capables de transcender ces divisions.

Les préparatifs techniques en cours

Le ministère de l’Intérieur a invité les corps électoraux à s’inscrire, avec une échéance fixée au 20 novembre 2025 pour les expatriés. Des simulations de vote électronique sont envisagées, bien que controversées en raison des risques de piratage. Des sources gouvernementales indiquent que des discussions avec les trois présidents – de la République, du gouvernement et du Parlement – visent à obtenir une fatwa constitutionnelle suspendant la seizième circonscription, permettant aux expatriés de voter au Liban pour les 15 circonscriptions.

Cette approche, si adoptée, maintiendrait le calendrier électoral, avec un premier tour le 10 mai 2026. Khalaf a souligné que toute manipulation des échéances constitutionnelles est inacceptable, appelant à une mobilisation pour garantir un scrutin transparent.

Les échos des débats parlementaires récents

Lors de la session budgétaire de janvier 2026, Khalaf a réitéré l’importance de l’unité nationale, critiquant les divisions qui entravent les réformes. D’autres députés, comme Najat Aoun Saliba, ont soutenu des amendements pour élargir le vote des expatriés, tandis que des blocs traditionnels résistent, craignant une dilution de leur influence.

Berri, dans une déclaration récente, a renvoyé la responsabilité aux ministères, affirmant que les élections se tiendront selon la loi actuelle. Cette posture ouvre la voie à des interprétations légales, où la Commission de législation pourrait déclarer les articles incriminés inapplicables, préservant le reste du cadre électoral.

Les implications immédiates pour les candidatures

Khalaf a indiqué consulter ses collègues pour former des listes, approchant d’une décision sur sa candidature. Cette prudence reflète les défis de constituer des alliances viables dans un paysage fragmenté. Des candidatures émergentes, issues des mouvements de 2019, visent à capitaliser sur le mécontentement populaire, tandis que les partis établis consolident leurs bases.

Le processus de candidature, ouvert depuis novembre 2025, voit un afflux modéré, avec des retraits possibles jusqu’au 1er mars 2026. Les autorités prévoient une participation accrue des expatriés, si le vote direct est autorisé, potentiellement altérant les équilibres dans des circonscriptions comme Beyrouth II ou le Mont-Liban.

Les tensions régionales et leur impact

Les élections interviennent alors que le Liban gère les retombées de la guerre au sud, avec des échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah depuis octobre 2023. Ces tensions sécuritaires compliquent la logistique, particulièrement pour les électeurs du sud chiite. Le gouvernement a alloué des fonds pour renforcer la sécurité des bureaux de vote, mais les risques persistent.

Des analystes notent que le scrutin pourrait influencer les dynamiques régionales, avec un Parlement renouvelé potentiellement plus assertif face aux ingérences extérieures. Khalaf, en plaidant pour le respect des délais, met l’accent sur la souveraineté nationale, évitant toute projection au-delà des faits immédiats.

Les mécanismes de supervision internationale

Des organisations comme l’Union européenne et les Nations unies préparent des missions d’observation, similaires à celles de 2022 qui avaient noté des améliorations malgré des irrégularités. Ces observateurs se concentrent sur la transparence, particulièrement pour le vote des expatriés, où des protocoles stricts sont requis pour éviter les contestations.

Le ministère des Affaires étrangères coordonne avec les ambassades pour faciliter les inscriptions, avec plus de 200 000 expatriés déjà enregistrés. Si le vote à l’étranger est suspendu, des mesures pour accueillir ces électeurs au Liban sont envisagées, incluant des facilités de transport.

Les débats sur la carte magnétique persistent

La carte magnétique, destinée à remplacer les tampons manuels, reste un point litigieux. Son implémentation partielle en 2022 a révélé des failles, comme des dysfonctionnements techniques dans certains centres. Khalaf propose de s’en passer, suivant l’avis de 2018, pour prioriser la tenue du scrutin.

Des experts constitutionnels, comme Saïd Malek, affirment que l’absence de cette carte n’invalide pas les élections, renforçant l’argument pour une solution pragmatique.

Les candidatures et les listes en formation

Khalaf, proche des députés du changement comme Paula Yacoubian et Ibrahim Mneimneh, évalue la formation de listes réformistes. Ces groupes, émergés en 2022, ont vu leur bloc se fragmenter, avec des départs comme ceux de Cynthia Zarazir, mais conservent une base militante.

D’autres figures, issues de la société civile, préparent des candidatures indépendantes, visant à défier les partis traditionnels dans des bastions comme Tripoli ou Saïda.

Les préparatifs budgétaires et logistiques

Le budget alloué aux élections, inclus dans la loi de finances 2026, couvre les salaires des superviseurs, l’impression des bulletins et la sécurisation des sites. Malgré la crise, des partenariats avec des ONG internationales aident à combler les lacunes.

Le calendrier prévoit une campagne de 60 jours avant le scrutin, avec des débats télévisés pour promouvoir la transparence.

Les appels à l’unité face aux divisions

Khalaf a réaffirmé que les échéances constitutionnelles ne sauraient être manipulées, insistant sur l’habilitation des expatriés à voter directement pour les 15 circonscriptions. Cette position, partagée par des députés comme Mark Daou, vise à préserver l’intégrité du processus.

Les discussions en cours entre les présidents et les ministres indiquent une recherche de consensus, avec une possible session parlementaire pour ajuster les articles problématiques, permettant ainsi aux élections de se dérouler comme prévu, avec les expatriés votant au Liban pour les circonscriptions existantes.

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