mercredi, février 25, 2026

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Nabih Berri convoque le Parlement pour élire un président en janvier : « Une décision libanaise avant tout »

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Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a annoncé lundi qu’une session parlementaire se tiendra le 9 janvier prochain afin d’élire un président de la République, une initiative visant à briser plus de deux ans de paralysie politique. Cette décision marque une étape importante pour réactiver les institutions étatiques, gravement affaiblies par l’absence prolongée de chef de l’État.

Un appel à la souveraineté nationale

Dans une interview publiée lundi dans le journal Al-Joumhouria, Nabih Berri a tenu à préciser que cette initiative est entièrement libanaise. « Même l’envoyé français Jean-Yves Le Drian, qui était présent lors d’une partie de la session parlementaire, n’a pas été informé à l’avance de ma décision », a-t-il affirmé. Cette déclaration souligne la volonté de Berri de maintenir la souveraineté libanaise dans un contexte marqué par une forte implication internationale.

Berri a également insisté sur le fait que le prochain président sera « fabriqué au Liban » et non dicté par des influences extérieures. « J’ai demandé au groupe des cinq nations sur le Liban, qui comprend les États-Unis, la France, l’Arabie saoudite, le Qatar et l’Égypte, de nous aider à atteindre ce que nous voulons, pas ce qu’ils veulent », a-t-il ajouté.

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La nécessité d’un consensus

L’un des points essentiels pour Nabih Berri est de trouver un consensus national autour du futur président. Celui-ci devra obtenir au moins 86 voix pour garantir une large acceptation dans le pays. « Il ne doit pas nécessairement être proche d’Amal ou du Hezbollah, mais il est impératif qu’il ne soit pas en opposition avec le Hezbollah ou tout autre composant libanais », a déclaré Berri.

Ce positionnement vise à apaiser les tensions internes tout en maintenant un équilibre entre les différentes forces politiques et communautaires du pays. Cette approche pragmatique pourrait permettre de dépasser les divisions qui ont empêché toute avancée depuis plus de deux ans.

Le rôle des acteurs internationaux

L’annonce de Berri intervient dans un contexte où les acteurs internationaux jouent un rôle croissant dans les affaires libanaises. La visite récente de Jean-Yves Le Drian, envoyé spécial de la France pour le Liban, avait notamment pour objectif de relancer les discussions entre les principaux blocs politiques. Toutefois, Berri a tenu à rappeler que l’élection présidentielle doit rester une décision souveraine.

La position de Berri reflète une certaine méfiance envers les ingérences étrangères, tout en reconnaissant la nécessité d’un soutien international. Le groupe des cinq nations, qui suit de près la crise libanaise, est perçu comme un facilitateur potentiel, à condition que son rôle reste limité à une assistance et non à une imposition.

Un pays en crise

L’absence prolongée de président a aggravé une situation déjà critique au Liban. Depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre 2022, le pays est sans chef de l’État, ce qui a bloqué de nombreuses réformes nécessaires pour sortir d’une crise économique sans précédent. Les institutions publiques sont dysfonctionnelles, et la confiance de la population dans la classe politique est au plus bas.

Cette paralysie politique a également freiné les négociations avec les institutions financières internationales, comme le Fonds monétaire international (FMI), qui conditionnent leur aide à la mise en œuvre de réformes structurelles.

Les défis de l’élection

Le chemin vers l’élection d’un président reste semé d’embûches. Les divisions entre les principaux blocs politiques, notamment entre le camp soutenant le Hezbollah et ses alliés, et celui de l’opposition, compliquent la tâche. Le quorum de 86 voix nécessaire pour élire un président au premier tour est difficile à atteindre sans un consensus large.

En outre, l’initiative de Berri pourrait susciter des résistances, notamment de la part des acteurs régionaux qui ont des intérêts divergents au Liban. Les discussions autour du futur président risquent donc de refléter non seulement les dynamiques internes, mais aussi les rivalités géopolitiques qui traversent le pays.

Une opportunité pour relancer les institutions

Malgré les obstacles, l’initiative de Nabih Berri représente une opportunité pour le Liban de tourner la page de l’impasse politique. L’élection d’un président pourrait permettre de débloquer plusieurs dossiers cruciaux, notamment les réformes économiques et la reconstruction de la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants.

Berri a appelé toutes les forces politiques à faire preuve de responsabilité et à saisir cette occasion pour mettre fin à la paralysie. « La priorité est de sortir le pays de l’impasse et de redonner espoir à la population », a-t-il conclu.

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Newsdesk Libnanews
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