Avec le soutien décisif du Courant Patriotique Libre (CPL) et de Taymour Joumblatt, Nawaf Salam se rapproche de la nomination comme Premier ministre désigné. Ce consensus grandissant le place au cœur des espoirs d’un changement attendu dans le paysage politique libanais, tandis que Najib Mikati, soutenu par le Hezbollah et le Mouvement Amal, semble en perte de vitesse.
Le parcours de Nawaf Salam : un diplomate au service du droit
Né à Beyrouth le 15 décembre 1953, Nawaf Salam est une figure de référence dans les cercles juridiques et diplomatiques, aussi bien au Liban qu’à l’international.
Une formation d’excellence : Salam est diplômé en sciences politiques de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) et en droit public de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où il a obtenu un doctorat. Il a également étudié à Harvard, où il a décroché une maîtrise en administration publique. Il s’est distingué comme enseignant en droit international et auteur de plusieurs publications influentes.
Une carrière au service de la diplomatie : Représentant du Liban auprès des Nations Unies de 2007 à 2017, Nawaf Salam a défendu les intérêts de son pays à des moments critiques, avant d’être élu juge à la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye en 2017. Son élection, un honneur pour le Liban, reflète son intégrité et son expertise.
Un homme de réformes : Salam est perçu comme une alternative crédible au système politique traditionnel. Réputé pour sa rigueur et son attachement aux principes de l’état de droit, il est soutenu par ceux qui réclament un renouveau politique.
Les attentes des Libanais : justice, transparence et redressement économique
Relancer la justice : La population exige une réactivation du système judiciaire, particulièrement sur les dossiers sensibles comme l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth. Les blocages systématiques ont érodé la confiance envers les institutions judiciaires, et Salam est attendu sur ce terrain.
Débloquer les fonds bancaires : Les restrictions bancaires imposées aux déposants depuis 2019 restent une priorité. Les Libanais espèrent des mesures concrètes pour rendre l’accès à leurs économies et stabiliser le système financier.
Négociations avec le FMI : La conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international est cruciale pour relancer une économie en plein effondrement. Un plan de réformes structurelles est attendu pour répondre aux exigences internationales et attirer des investissements.
Constitution d’un gouvernement efficace : La formation d’un cabinet compétent, représentatif et intègre est essentielle. Salam devra naviguer entre les exigences des blocs parlementaires et la nécessité de nommer des ministres capables de mener des réformes.
Les prochaines étapes : un processus sous haute tension
Si Nawaf Salam est désigné Premier ministre, il devra entamer immédiatement des consultations parlementaires pour constituer un gouvernement. Ce processus nécessitera des compromis pour satisfaire les différentes forces politiques tout en maintenant une cohérence réformiste. Le futur cabinet devra ensuite obtenir la confiance du Parlement avant de lancer un programme ambitieux axé sur les réformes économiques, institutionnelles et sociales.



