Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a surpris l’opinion publique ce matin en annonçant qu’il autorisait l’ouverture de négociations concernant la situation au Liban, mais avec une condition de taille : celles-ci auront lieu « sous le feu des armes ». Cette déclaration est intervenue alors que les combats entre Israël et le Hezbollah s’intensifient, particulièrement dans le sud du Liban et la région de la Bekaa.
Une position inflexible de Netanyahu
Depuis le début des hostilités, Israël a adopté une posture offensive vis-à-vis du Hezbollah, multipliant les frappes aériennes et les incursions dans le sud du Liban. La position de Netanyahu reste donc ferme : bien que des négociations puissent avoir lieu, elles ne s’arrêteront pas aux simples discussions et se dérouleront en parallèle des opérations militaires. Cette annonce intervient après des jours de spéculations sur une possible trêve temporaire, notamment sous la pression des États-Unis et de la France.
Netanyahu a déclaré ce matin : « Toute négociation concernant le Liban sera menée sous le feu. Nous continuons à frapper le Hezbollah avec toute notre force ». Cette posture témoigne de la volonté du gouvernement israélien de maintenir la pression sur le Hezbollah tout en répondant aux demandes internationales pour des discussions diplomatiques.
L’intensification des frappes israéliennes
Les déclarations de Netanyahu se sont accompagnées d’une intensification des frappes israéliennes sur le Liban. Au cours des dernières 24 heures, l’armée israélienne a ciblé plusieurs localités du sud du Liban et de la vallée de la Bekaa, notamment à Nabatiyeh, Zawtar, Kherbet Selem, Touline, et Tayr Debba. Ces frappes ont causé des destructions massives et un grand nombre de victimes civiles.
Des raids ont également touché la ville de Baalbek, avec plus de 40 frappes concentrées dans cette zone stratégique pendant la nuit. Ces attaques ont particulièrement visé des infrastructures présumées du Hezbollah, mais aussi des quartiers résidentiels, provoquant la mort de nombreux civils. Le ministère de la Santé libanais a rapporté que le bilan total des frappes d’hier s’élève à 81 morts et plus de 400 blessés.
Les réactions internationales
Face à l’escalade des violences, les puissances internationales, principalement les États-Unis et la France, continuent de pousser pour une trêve temporaire. Selon The Washington Post, deux responsables américains ont déclaré que des discussions sont en cours pour un cessez-le-feu de 21 jours le long de la frontière entre Israël et le Liban. Cependant, ces négociations sont entravées par la position de Netanyahu, qui insiste pour que toute discussion ait lieu tout en poursuivant les opérations militaires.
L’administration américaine a également mis en garde contre les risques d’une escalade incontrôlable si une solution diplomatique n’était pas rapidement trouvée. Des officiels américains ont exprimé leur espoir que le gouvernement libanais puisse obtenir l’approbation du Hezbollah pour un cessez-le-feu temporaire, mais rien ne garantit pour l’instant que cela soit possible.
L’ouverture des négociations sous les bombes
Malgré les bombardements continus, les premières étapes vers des négociations ont commencé à se dessiner. Des sources diplomatiques ont indiqué que des responsables israéliens et du Hezbollah ont reçu les détails d’une proposition conjointe des États-Unis et de la France, et devraient répondre sous peu. Cette proposition inclut une possible trêve temporaire de 21 jours, ainsi que des garanties de part et d’autre pour limiter les hostilités le long de la frontière.
Toutefois, le Hezbollah a déjà signalé qu’il ne signerait pas directement un accord de cessez-le-feu, préférant se maintenir dans une posture de résistance tant que les frappes israéliennes se poursuivent. Cette position pourrait compliquer davantage la situation sur le terrain, alors que chaque jour apporte son lot de nouvelles victimes.
La situation humanitaire au Liban
Le Liban est de plus en plus frappé par une crise humanitaire grave. Le Royaume-Uni a annoncé qu’il fournirait 5 millions de livres sterling pour soutenir les efforts humanitaires dans le pays, alors que l’ONU a commencé à distribuer des vivres et du matériel de première nécessité aux populations touchées. Cependant, ces efforts sont loin de suffire face à l’ampleur des destructions et des déplacements de populations.
De nombreux civils se retrouvent piégés dans les zones de combat, notamment dans le sud du Liban et la région de la Bekaa. Les hôpitaux sont submergés par l’afflux de blessés, et les infrastructures essentielles, telles que les routes et les écoles, ont été endommagées par les frappes.
L’Australie a demandé à ses 15 000 ressortissants de quitter immédiatement le Liban, en raison des risques accrus pour leur sécurité. D’autres pays occidentaux pourraient également suivre cet exemple dans les jours à venir si les hostilités se poursuivent à ce rythme.
Mikati appelle à la fin des violences
Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, s’est exprimé lors de la session d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU dans la nuit, appelant à un cessez-le-feu immédiat et dénonçant les violations israéliennes de la souveraineté libanaise. Mikati a mis en garde contre une intensification des combats et a exhorté la communauté internationale à trouver une solution politique rapide pour mettre fin à la crise.
« Le peuple libanais rejette la guerre et croit en la stabilité », a déclaré Mikati. Il a également souligné que les hôpitaux libanais étaient pleins à craquer, avec des centaines de blessés, et que le Liban faisait face à une cyber-agression israélienne susceptible de dégénérer en une attaque terrestre.
Quel avenir pour les négociations ?
Si Netanyahu a donné son feu vert pour des négociations, celles-ci seront menées dans un climat de guerre, une approche risquée qui pourrait entraver toute véritable avancée diplomatique. La position israélienne est claire : le Hezbollah doit reculer au nord du fleuve Litani, une condition qui risque de compliquer les négociations. Du côté du Hezbollah, toute concession sur ce point serait perçue comme une faiblesse, et l’organisation semble prête à continuer le combat.
Les jours à venir seront cruciaux pour déterminer si un cessez-le-feu temporaire peut être atteint, ou si la situation se détériorera encore davantage. La communauté internationale, notamment les États-Unis et la France, continue de jouer un rôle clé en coulisses pour éviter une guerre à grande échelle, mais le chemin vers une désescalade semble encore semé d’embûches.



