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Nouveaux indicateurs économiques au Liban : croissance faible et défis persistants

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Croissance économique limitée en 2024

Le Conseil économique et social libanais a publié ses dernières estimations de croissance, relayées par Al Sharq Al Awsat. Pour 2024, le taux de croissance réel du PIB s’est établi à 0,6 %, bien en deçà des 1,2 % initialement projetés. Cette performance modeste reflète les difficultés persistantes auxquelles fait face l’économie libanaise, marquée par une instabilité régionale et une demande interne atone. Pour 2025, les prévisions sont encore plus pessimistes, avec une croissance revue à la baisse à 0,4 %, selon les données du conseil. Ces chiffres traduisent un ralentissement économique qui complique les perspectives de relance dans un pays déjà fragilisé par des années de crise.

Cette faible croissance intervient dans un contexte où le Liban peine à surmonter les séquelles de la crise économique débutée en 2019, aggravée par l’explosion du port de Beyrouth en 2020 et les tensions géopolitiques régionales. Les analystes cités par le journal pointent du doigt l’absence de réformes structurelles et la dépendance aux facteurs externes comme principaux freins à une reprise plus robuste.

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Inflation galopante en 2025

L’inflation reste un défi majeur, avec un taux annuel dépassant les 110 %, selon les chiffres rapportés par Al Sharq Al Awsat. Cette hausse est principalement tirée par l’augmentation des prix des produits alimentaires et des carburants, deux secteurs essentiels pour les ménages libanais. Les denrées de base, comme le pain, l’huile et les légumes, ont vu leurs coûts grimper en flèche, tandis que les carburants, dont les prix fluctuent avec les cours mondiaux et le taux de change, continuent de peser sur le budget des familles et des entreprises.

Cette inflation élevée, bien qu’en ralentissement par rapport aux pics de 2023 (plus de 260 % selon la Banque mondiale), reste un fardeau pour une population dont le pouvoir d’achat s’est effondré. La stabilité relative du taux de change officiel, autour de 89 000 livres pour un dollar sur la plateforme Sayrafa, n’a pas suffi à enrayer la spirale des prix, exacerbée par la volatilité du marché parallèle.

Chômage et précarité en hausse

Le marché du travail libanais affiche des chiffres alarmants, avec un taux de chômage avoisinant les 32 %, selon les estimations du Conseil économique et social. Ce taux masque des disparités régionales importantes : les zones rurales et les régions du nord et de la Bekaa sont particulièrement touchées, tandis que Beyrouth conserve une activité économique plus résiliente. Les jeunes diplômés sont les plus affectés, avec plus de 45 % d’entre eux sans emploi stable, un phénomène qui alimente l’exode des talents vers l’étranger.

La précarité de l’emploi, combinée à la faiblesse des salaires – souvent payés en livres dévaluées –, accentue la vulnérabilité des travailleurs. Les ONG locales, citées par le journal, estiment que le taux de pauvreté monétaire dépasse désormais les 65 %, un niveau qui reflète la détérioration des conditions de vie pour une large majorité de la population.

Secteur agricole marginalisé

Malgré son rôle social crucial, le secteur agricole reste en marge de l’économie libanaise, ne contribuant qu’à 3,5 % du PIB, selon les données publiées. Cette faible part s’explique par un manque d’investissements, des infrastructures obsolètes et une concurrence accrue des produits importés. Les agriculteurs, qui soutiennent encore de nombreuses communautés rurales, peinent à accéder aux marchés et aux financements nécessaires pour moderniser leurs exploitations. Cette marginalisation contraste avec le potentiel du secteur, qui pourrait jouer un rôle clé dans la réduction de la dépendance aux importations alimentaires.

Difficultés des entreprises libanaises

Al Quds met en lumière les défis croissants auxquels font face les entreprises libanaises, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME). Les exportations industrielles, notamment dans l’agroalimentaire, le textile et la pharmacie, ont subi une contraction notable en 2024. Cette baisse est attribuée à des restrictions bancaires limitant l’accès aux devises étrangères, ainsi qu’à la volatilité du taux de change, qui complique l’approvisionnement en matières premières. La Chambre de commerce de Beyrouth, citée par le journal, alerte sur un risque de faillite pour 40 % des PME si les conditions d’accès au crédit ne s’améliorent pas rapidement.

Les entreprises locales, déjà fragilisées par des années de crise, doivent également composer avec une demande intérieure en berne et des coûts opérationnels en hausse. Cette situation menace des milliers d’emplois et accentue la pression sur une économie qui peine à se stabiliser.

Déficit commercial toujours élevé

Le commerce extérieur libanais reste marqué par un déséquilibre structurel, selon les chiffres rapportés par Al Quds. En 2024, les importations ont atteint 12,3 milliards de dollars, tandis que les exportations se sont limitées à 3,4 milliards, creusant un déficit commercial de près de 9 milliards de dollars. Bien que les importations aient légèrement diminué par rapport aux années précédentes, en raison d’une baisse de la demande interne, ce déficit continue d’exercer une pression sur la balance des paiements.

Les transferts des expatriés, estimés à 6,8 milliards de dollars en 2024, jouent un rôle crucial pour compenser ce déséquilibre. Ces fonds, provenant principalement des diasporas au Golfe, en Europe et en Amérique du Nord, restent une bouée de sauvetage pour l’économie, soutenant à la fois les ménages et les réserves de devises de la Banque du Liban.

Perspectives économiques incertaines

Les indicateurs publiés soulignent la fragilité persistante de l’économie libanaise. La faible croissance prévue pour 2025 (0,4 %), combinée à une inflation élevée et à un chômage galopant, laisse peu de marge de manœuvre pour une reprise significative. L’instabilité régionale, notamment les tensions au sud du pays, et l’absence de réformes structurelles exigées par le FMI compliquent davantage les perspectives. Les transferts des expatriés et une éventuelle amélioration des conditions de crédit pourraient atténuer certains effets, mais sans mesures concrètes, le Liban risque de stagner dans une crise prolongée.

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Newsdesk Libnanews
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