mardi, janvier 13, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Perspective: Liste grise de la GAFI, une nouvelle épreuve pour le Liban

- Advertisement -

En 2024, l’inclusion du Liban sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) a marqué un nouveau revers pour un pays déjà confronté à des défis économiques colossaux. Cette décision, qui reflète les lacunes du Liban dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, a des répercussions profondes sur ses relations économiques et bancaires internationales.

Pour beaucoup, ce classement n’est pas une surprise. Depuis des années, les institutions financières internationales alertaient sur les faiblesses structurelles du Liban en matière de régulation et de transparence. Mais pour les Libanais ordinaires, déjà écrasés par la crise, cette décision représente une couche supplémentaire de difficulté, compliquant les flux financiers et isolant davantage un système bancaire en détresse.

Comprendre la liste grise et ses implications

La liste grise de la GAFI n’est pas une sanction formelle, mais elle agit comme un avertissement sévère. Elle signale que le Liban présente des lacunes stratégiques dans la lutte contre les flux financiers illicites, bien qu’il ait accepté de collaborer pour les corriger. Concrètement, cela entraîne une surveillance accrue des transactions financières internationales en provenance ou à destination du Liban.

Pour les banques libanaises, cette surveillance signifie davantage de contrôle, des délais prolongés et une augmentation des coûts. Les banques internationales, déjà réticentes à traiter avec le Liban, pourraient resserrer encore leurs liens, compliquant les transferts de fonds essentiels pour des millions de Libanais, en particulier ceux vivant à l’étranger.

Un coup dur pour les transferts de fonds

Les transferts de fonds de la diaspora, qui représentent près de 40 % des revenus du pays, sont directement impactés par cette décision. Chaque transaction est désormais soumise à un contrôle renforcé, ralentissant les processus et augmentant les frais. Pour les familles libanaises qui dépendent de ces transferts pour survivre, les conséquences sont immédiates : des retards dans les paiements, des frais supplémentaires et une incertitude constante.

Selon des experts financiers, cette situation pourrait également encourager le recours à des canaux non officiels pour contourner les restrictions, augmentant les risques de blanchiment d’argent. Cette spirale pose un défi majeur pour les autorités libanaises, qui peinent déjà à regagner la confiance de leurs citoyens et de leurs partenaires internationaux.

Des relations bancaires internationales en péril

Pour le système bancaire libanais, déjà fragilisé par des années de crise, l’inscription sur la liste grise complique encore davantage les relations avec les banques étrangères. La plupart des banques internationales hésitent à maintenir des correspondances bancaires avec le Liban, un élément pourtant essentiel pour le commerce et les échanges financiers.

Les entreprises libanaises, déjà confrontées à des difficultés d’accès aux devises, voient leurs opérations internationales ralenties ou bloquées. Cette situation freine les importations de produits de première nécessité, aggravant la crise sociale et économique dans le pays.

Des opportunités perdues pour le commerce et les investissements

L’inscription sur la liste grise envoie un signal négatif aux investisseurs étrangers. Dans un contexte où le Liban cherche désespérément à attirer des capitaux pour financer sa reprise économique, ce classement renforce l’image d’un pays à risque, mal préparé à protéger les investissements.

Le commerce, lui aussi, en pâtit. Les entreprises internationales hésitent à conclure des accords commerciaux avec des partenaires libanais, craignant des complications administratives ou des retards dans les paiements. Cette situation, combinée à l’effondrement de la livre libanaise, crée un environnement particulièrement hostile pour les affaires.

Un effort nécessaire pour sortir de la liste grise

Pour espérer sortir de cette liste, le Liban doit s’engager dans une série de réformes profondes. La première étape est la mise en conformité avec les recommandations de la GAFI, ce qui implique :

  • Une transparence accrue dans les transactions financières.
  • Une surveillance renforcée des flux d’argent.
  • Des sanctions claires contre les responsables de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.

Mais ces réformes ne peuvent réussir sans une volonté politique forte et une coopération entre les différentes institutions du pays. Jusqu’à présent, l’absence de consensus et les résistances internes ont ralenti les efforts, renforçant l’impression que le Liban est incapable de relever les défis auxquels il est confronté.

Un impact durable sur les citoyens

Pour les Libanais, les conséquences de l’inscription sur la liste grise sont douloureuses. Cette décision renforce les obstacles quotidiens auxquels ils sont confrontés, rendant chaque transaction financière plus coûteuse et plus compliquée. Elle souligne également l’incapacité des dirigeants à mettre en œuvre des réformes nécessaires pour stabiliser le pays.

Mais malgré ces défis, l’espoir reste permis. Des partenaires internationaux, conscients de l’importance stratégique du Liban, continuent d’offrir leur soutien. Avec une action concertée et un engagement réel en faveur du changement, le Liban pourrait non seulement sortir de cette liste, mais aussi poser les bases d’un système financier plus transparent et plus résilient.

L’inscription du Liban sur la liste grise de la GAFI est un rappel brutal des défis structurels auxquels le pays est confronté. Mais c’est aussi une opportunité, une chance pour le Liban de prouver qu’il peut se réformer et regagner la confiance de ses partenaires. Pour cela, il faudra non seulement des réformes techniques, mais aussi une véritable volonté de changement, portée par une vision claire de l’avenir.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi