Selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Liban fait face à une crise de déplacement interne sans précédent, avec 875 180 personnes déplacées en interne (PDI) au 6 novembre 2024. Cette vague de déplacements massifs a été déclenchée par les hostilités qui ont éclaté le 8 octobre 2023 le long de la frontière entre le Liban et Israël. L’intensification des affrontements depuis septembre a entraîné une augmentation constante des déplacements, avec une hausse de 41 789 individus (+5%) rien qu’entre le 23 octobre et le 6 novembre 2024.
Répartition géographique des personnes déplacées
Le rapport de l’OIM indique que les personnes déplacées proviennent principalement de certaines régions fortement affectées par les violences. Les gouvernorats les plus touchés sont :
- Nabatieh, qui compte 351 573 personnes déplacées, soit 40,2 % du total des PDI.
- Baalbek-Hermel avec 327 736 personnes déplacées (37,4 %).
- Mont-Liban, avec 80 032 PDI (9,1 %).
- Beyrouth et Bekaa, avec respectivement 16 937 (1,9 %) et 11 683 (1,3 %) personnes déplacées.
Parmi ces personnes déplacées, 60 % proviennent des districts de Tyr, Bint Jbeil et Nabatieh. Le district de Tyr à lui seul représente 32,2 % des déplacements, suivi par Bint Jbeil (16,5 %) et Nabatieh (11,6 %). D’autres districts, notamment Baalbek (9,5 %) et Saïda (5,1 %), sont également fortement affectés.
Où sont actuellement localisées les personnes déplacées ?
Les personnes déplacées se sont principalement installées dans les districts du Chouf, Beyrouth, Aley, Saïda et Akkar:
- Chouf accueille 18 % des PDI.
- Beyrouth en accueille 15 %, suivi par Aley avec 13 %, Saïda avec 8 % et Akkar avec 7 %.
Les autres districts partagent les 39 % restants. La concentration des PDI dans ces régions est due à la recherche de zones plus sûres et à la capacité d’accueil de ces localités.
Mouvements et préférences de localisation
Le rapport souligne que 78 % des déplacés ont choisi de se reloger en dehors de leur gouvernorat d’origine, contre 22 % qui sont restés à l’intérieur de leur gouvernorat. Parmi les déplacés originaires de Nabatieh, 99 % ont quitté leur gouvernorat pour chercher refuge ailleurs. Cependant, pour les personnes déplacées de la région du Mont-Liban, 84 % ont préféré rester au sein de leur gouvernorat.
Conditions de vie des déplacés
Environ 48 % des PDI, soit 420 086 individus, vivent actuellement chez des familles d’accueil. Un autre groupe important, représentant 28 % (245 050 personnes), loue des logements. De plus, 22 % des déplacés (192 540 personnes) ont trouvé refuge dans des abris collectifs, et un pourcentage plus réduit, 1 % (8 752 personnes), est logé dans des bâtiments inachevés, des tentes ou des installations de fortune.
Composition démographique
Le rapport de l’OIM précise que 54 % des PDI sont âgés de 19 à 57 ans. Par ailleurs, 15 % sont des enfants âgés de 6 à 12 ans, 12 % sont âgés de plus de 58 ans, et 6 % ont entre 3 et 5 ans. Les jeunes enfants de moins de 2 ans représentent 2 % des déplacés. Ces chiffres montrent l’impact intergénérationnel de cette crise de déplacement et la vulnérabilité accrue des personnes âgées et des enfants dans ce contexte.
Méthodologie de collecte des données
L’OIM a mené cette évaluation à l’échelle nationale en combinant des méthodes de collecte de données sur le terrain et à distance. En collaboration avec des représentants du gouvernement, des maires et des points de contact communautaires, l’OIM a mobilisé plus de 50 enquêteurs et 1 500 informateurs clés pour obtenir une évaluation précise de l’ampleur et des besoins des déplacés.



