Frappes massives et avancées israéliennes dans le sud du Liban et la Békaa
Dans l’après-midi du 16 octobre, les forces israéliennes ont intensifié leurs opérations militaires au Liban, particulièrement dans le sud et la région de la Békaa. Aux environs de 12h, une série de frappes aériennes a touché plusieurs localités dans le sud du Liban. Les premières frappes ont ciblé la région de Nabatieh, où des missiles israéliens ont détruit le bâtiment de la mairie, tuant Ahmed Kahil, le maire de la ville, ainsi que plusieurs membres du conseil municipal. Le bilan des victimes s’est alourdi au fil des heures, atteignant 14 morts et 43 blessés à 15h.
Parallèlement, les raids ont également visé des localités de la Békaa, notamment Sar’in et al-Halaniya. Ces zones ont été frappées à plusieurs reprises, et des routes importantes reliant ces villages ont été endommagées, rendant difficile l’accès des secours. Trois soldats libanais ont été tués lors d’une attaque aérienne sur la route Rayak-Baalbek, et quatre autres ont été gravement blessés lorsqu’un raid a ciblé un convoi militaire aux environs de 13h30.
Vers 14h, les frappes israéliennes se sont intensifiées dans les zones proches de al-Yammouneh et Rayak. Des bâtiments résidentiels ont été détruits, causant 12 blessés, dont 3 dans un état critique. Les raids ont aussi touché des positions présumées du Hezbollah à Khiam et Aita al-Shaab. Les affrontements au sol ont également pris de l’ampleur avec des échanges de tirs nourris dans ces zones.
Avancée israélienne sur le territoire libanais
Sur le terrain, l’armée israélienne a poursuivi ses avancées dans le sud du Liban. Selon des rapports publiés vers 15h, les troupes israéliennes ont pénétré jusqu’à 1,5 km dans le territoire libanais à partir de la frontière sud. Bien que ces incursions soient limitées, elles marquent une escalade dans l’engagement terrestre d’Israël. Les forces israéliennes ont concentré leurs efforts sur plusieurs localités stratégiques, telles que Markaba et al-Qawzah, où des combats au sol ont éclaté avec le Hezbollah. Des échanges d’artillerie lourde ont été rapportés, causant des pertes de part et d’autre.
Vers 16h, les accrochages ont gagné en intensité aux alentours de Mesgav Am, où des combattants du Hezbollah ont revendiqué des frappes directes contre des positions israéliennes avec des roquettes. Le Hezbollah a aussi annoncé avoir ciblé un convoi israélien près de Tal al-Qab’ à Markaba, affirmant avoir infligé de lourdes pertes à l’ennemi. À 17h, les combats à courte distance se poursuivaient dans plusieurs zones, notamment près de Aita al-Shaab, où l’armée israélienne a essayé de renforcer ses positions.
Frappe aériennes supplémentaires et intensification des tirs de roquettes
Tout au long de l’après-midi, les frappes aériennes israéliennes se sont poursuivies, visant diverses localités dans le sud du Liban. À 15h, des raids ont frappé Tayri et Qabrikha, ainsi que des infrastructures supposées appartenir au Hezbollah dans la région de Froun et Adaisseh. Ces frappes ont également touché la région de Jebchit, provoquant des incendies dans plusieurs bâtiments.
Vers 16h, les sirènes ont retenti dans le nord d’Israël après des tirs de roquettes massifs provenant du sud du Liban. Le Hezbollah a revendiqué la responsabilité de ces tirs, affirmant avoir visé des positions militaires à Karmiel et Majd al-Kroum, provoquant plusieurs blessés. Les tirs de roquettes ont continué de manière sporadique, touchant également la zone de Ramat David vers 16h30.
En réponse, l’armée israélienne a intensifié ses frappes aériennes contre des positions du Hezbollah près de al-Qawzahet de Markaba. Les frappes ont visé des infrastructures militaires et des dépôts de munitions présumés. Les frappes ont également touché des zones civiles, notamment des habitations à al-Shahabiyeh et Houla, causant plusieurs blessés parmi la population.
Réactions politiques et diplomatiques
Sur le plan diplomatique, les déclarations internationales se sont multipliées pour appeler à un cessez-le-feu et à une résolution immédiate du conflit. Vers 14h, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à un cessez-le-feu immédiat au Liban et à Gaza, dénonçant l’escalade de la violence et insistant sur la nécessité de protéger les civils.
Le roi de Jordanie a également réaffirmé la nécessité d’une désescalade rapide lors de discussions avec des responsables iraniens, vers 16h30, et a souligné l’importance de maintenir la paix dans la région.
En Israël, le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré que toute négociation de cessez-le-feu devait se faire « sous le feu », insistant sur la poursuite des opérations militaires tant que le Hezbollah restait actif dans le sud du Liban. Cette déclaration, faite aux environs de 17h, a confirmé l’intention d’Israël de maintenir la pression militaire pour neutraliser les capacités de frappe du Hezbollah.
Situation humanitaire et déplacement des populations
Sur le plan humanitaire, la situation se détériore rapidement. Des dizaines de milliers de civils dans le sud du Liban ont été déplacés en raison des frappes aériennes et des combats au sol. Les régions de Nabatieh, Bint Jbeil et Marjayounsont particulièrement touchées. Vers 18h, les agences humanitaires internationales ont lancé des appels à l’aide pour venir en aide aux populations civiles prises au piège des combats. La Croix-Rouge libanaise a rapporté avoir évacué plusieurs blessés des zones de Nabatieh et de Yammouneh, bien que les routes endommagées et les bombardements incessants compliquent leurs efforts.
Les Nations Unies, par la voix de la coordinatrice spéciale pour le Liban, ont exprimé leur indignation face à la violence, en particulier après le bombardement de Nabatieh, qualifiant cette attaque de « violation flagrante du droit international humanitaire ». Plusieurs pays européens ont également réagi, appelant à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies pour discuter de la situation au Liban et à Gaza.



