dimanche, février 22, 2026

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Point de la situation à 9h: frappes ce matin sur la banlieue Sud de Beyrouth

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Le Liban traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire contemporaine. La guerre entre Israël et le Hezbollah s’intensifie, tandis que la population civile, déjà fragilisée par des années de crises économiques et sociales, subit de plein fouet les répercussions des frappes israéliennes. Alors que les efforts diplomatiques pour instaurer un cessez-le-feu se multiplient, les hostilités ne montrent aucun signe de ralentissement. Ce conflit, qui ravage le sud du Liban et atteint même la capitale, Beyrouth, laisse le pays dévasté et les perspectives de paix de plus en plus lointaines.

1. Un front en feu

Les combats entre le Hezbollah et l’armée israélienne se sont intensifiés au sud du Liban, où la situation est critique. Aux premières heures de la journée, des frappes israéliennes ont touché la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah, visant notamment un dépôt d’armes souterrain à Haret Hreik. Selon les sources militaires israéliennes, cette frappe, menée en coordination avec les services de renseignement, visait des infrastructures critiques du Hezbollah. Ce n’est qu’une des nombreuses frappes qui ont eu lieu ces dernières heures. L’armée israélienne a confirmé avoir frappé plus de 140 cibles à travers le Liban, incluant des dépôts d’armes, des infrastructures militaires, et des positions stratégiques du Hezbollah.

Dans le sud, les combats s’intensifient autour des localités de Aita al-ShaabKhiam, et Toul. Des échanges de tirs violents ont eu lieu toute la nuit, le Hezbollah ripostant avec des salves de roquettes visant des cibles israéliennes. MTV a rapporté que près de 50 roquettes ont été tirées à l’aube depuis le sud du Liban vers Israël, touchant plusieurs cibles. Les sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs villes israéliennes, y compris à Safed, où des missiles ont été interceptés par les systèmes de défense aérienne israéliens.

L’escalade ne se limite pas aux seuls échanges de tirs. Sur le terrain, l’armée israélienne a lancé une opération terrestre avec l’appui de la Division 98, qui poursuit ses incursions contre les positions du Hezbollah dans le sud du Liban. Ces opérations, qui visent à repousser le Hezbollah loin des frontières israéliennes, semblent s’intensifier. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a indiqué que l’objectif principal était de créer les conditions nécessaires pour rétablir la sécurité dans le nord d’Israël et permettre aux résidents de retourner chez eux. Néanmoins, il a averti que cela prendrait du temps.

2. Le lourd tribut civil

La population civile libanaise, en particulier dans le sud du pays, paie un lourd tribut dans ce conflit. Les frappes israéliennes ont provoqué des destructions massives dans plusieurs localités, notamment à Qana, où une frappe a tué dix personnes et blessé quinze autres hier soir. Le Ministère de la Santé libanais a confirmé que la majorité des victimes étaient des civils, et les infrastructures locales sont gravement endommagées. Des frappes successives ont également touché les villes de KhiamHanine, et Toul, provoquant des destructions considérables.

Les hôpitaux de la région sont débordés, notamment à Tyr, où l’afflux de blessés dépasse largement la capacité d’accueil. Le personnel médical, déjà confronté à des pénuries chroniques de médicaments et d’équipements dus à la crise économique, est désormais submergé par la gravité de la situation. À Riyaq, dans la Békaa, une frappe israélienne a tué cinq civils, dont trois enfants, hier soir. Les secours peinent à atteindre les zones les plus touchées en raison des frappes continues et des routes endommagées.

La crise humanitaire s’intensifie également avec les déplacements massifs de populations. Selon MTV, des milliers de civils ont fui leurs maisons dans le sud du Liban, notamment dans les villages frontaliers. Wahbi Qatisha, ancien député et général libanais, a averti que le soutien au Hezbollah s’effritait dans certaines régions, les habitants étant de plus en plus exaspérés par les hostilités. Les civils qui n’ont pas encore quitté leurs maisons vivent dans la peur constante des bombardements, sans accès à des abris sûrs. Cette situation a conduit à une crise humanitaire majeure, les familles déplacées cherchant désespérément refuge dans des zones plus sécurisées.

3. Diplomatie en impasse

Alors que le front militaire s’intensifie, les efforts diplomatiques pour un cessez-le-feu peinent à aboutir. Nabih Berri, président du Parlement libanais, a indiqué que les espoirs de parvenir à une trêve reposaient désormais sur les efforts conjoints de la France et du Qatar, deux pays qui cherchent à négocier une résolution de cessation des hostilités. Cependant, les discussions sont rendues difficiles par l’intransigeance des deux parties. Benjamin Netanyahu, lors d’un appel avec le président français Emmanuel Macron, a affirmé qu’Israël ne cesserait pas ses opérations tant que la sécurité de son pays ne serait pas garantie.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a également entamé une tournée diplomatique en Jordanie, en Égypte, et en Turquie dans le but de faire pression pour un cessez-le-feu et stabiliser la situation. L’Iran, soutien majeur du Hezbollah, a réitéré qu’il réagirait fermement à toute « aventure militaire israélienne ». Dans une conversation téléphonique avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, Araqchi a exhorté les Nations Unies à utiliser tous leurs moyens pour stopper ce qu’il appelle les « crimes israéliens » au Liban et à Gaza.

Cependant, les efforts diplomatiques semblent dans l’impasse. Israël, soutenu par ses alliés internationaux, refuse tout compromis tant que le Hezbollah reste une menace active. MTV a également rapporté que les sanctions internationales contre le Hezbollah compliquent davantage la situation, en réduisant les possibilités de négociation et en accentuant la pression sur le Liban.

4. Un pays déchiré politiquement

La crise actuelle exacerbe les divisions internes au Liban. Le Hezbollah, dans une déclaration de son secrétaire général adjoint Naim Qassem, a réaffirmé son engagement à poursuivre la lutte contre Israël. Dans un discours télévisé hier soir, Qassem a déclaré que la résistance libanaise avait le droit de viser n’importe quelle cible en Israël en réponse aux attaques israéliennes qui touchent l’ensemble du territoire libanais. Il a également souligné que le Hezbollah ne se soumettrait pas à une « séparation » entre le Liban et la cause palestinienne, affirmant que la guerre actuelle est une résistance légitime contre l’expansionnisme israélien.

Cependant, au sein du gouvernement libanais, les tensions sont palpables. Le Premier ministre par intérim Najib Mikati a annoncé ce matin avoir reçu des garanties américaines concernant une réduction de l’escalade, mais il a reconnu que la situation restait très volatile. La classe politique libanaise est divisée entre ceux qui soutiennent le Hezbollah et ceux qui appellent à une résolution rapide par la voie diplomatique. Certains dirigeants, comme Antoine Zahra, ancien député, plaident pour le retour à une solution politique et la mise en œuvre effective du mandat des forces de maintien de la paix à la frontière.

Les critiques contre le Hezbollah s’intensifient également. Des figures politiques comme Wahbi Qatisha et Bilal Abdullah accusent le mouvement de mettre le Liban en première ligne d’un conflit destructeur. Abdullah a averti que la guerre actuelle servait les intérêts d’Israël dans la région, en faisant du Liban un obstacle à la réalisation de ses plans de redéfinition de l’ordre régional. Ces voix critiques appellent à la préservation de l’unité nationale et à éviter une guerre civile interne.

5. Une économie à l’agonie

L’économie libanaise, déjà frappée par une crise financière sans précédent depuis 2019, est au bord de l’effondrement en raison des destructions massives causées par les frappes israéliennes. Les secteurs agricoles et industriels, cruciaux pour l’approvisionnement alimentaire et le commerce intérieur, sont dévastés, notamment dans le sud du pays. Les frappes aériennes ont détruit des routes, des ponts, et des infrastructures électriques, paralysant la production et la distribution dans tout le pays.

En outre, la banlieue sud de Beyrouth, qui abrite une part importante des infrastructures économiques du pays, a été durement touchée par les frappes israéliennes répétées. Des pénuries de carburant, de médicaments, et de produits de première nécessité commencent à apparaître, accentuant les difficultés économiques. Selon MTV, des rumeurs ont circulé sur la possible interruption des importations de médicaments, aggravant la crise sanitaire. Le gouvernement tente de rassurer la population, mais les incertitudes économiques persistent.

Les sanctions internationales imposées au Hezbollah et à ses alliés limitent également les capacités de relance économique. La livre libanaise continue de se déprécier rapidement, et les fonds nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires et reconstruire les infrastructures manquent cruellement.

À 9 heures du matin, le Liban est pris dans une spirale de violence qui semble inarrêtable. Les frappes israéliennes se poursuivent sans relâche, touchant à la fois les infrastructures militaires et civiles, tandis que le Hezbollah intensifie ses attaques contre Israël. La diplomatie, bien que présente, reste inefficace face à l’intransigeance des belligérants. Le Liban, déjà déchiré par des crises économiques et politiques, fait face à une catastrophe humanitaire grandissante. Les perspectives de paix s’éloignent à mesure que la guerre s’intensifie, laissant un pays dévasté et des millions de personnes dans l’incertitude.

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