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Pourquoi l’Iran attaque les Émirats arabes unis

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Les explosions qui ont secoué Dubaï et Abu Dhabi ce week-end marquent une escalade inédite dans le conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël. Ces attaques, menées par des missiles et des drones iraniens, ont visé des installations abritant des forces américaines aux Émirats arabes unis, entraînant des dommages collatéraux sur des infrastructures civiles et des pertes humaines. Ce développement, survenu dans la foulée des opérations conjointes américano-israéliennes contre Téhéran, met en lumière les tensions régionales exacerbées par les alliances stratégiques des Émirats.

Une riposte annoncée contre les bases américaines

Les frappes iraniennes sur les Émirats arabes unis interviennent en réponse directe aux attaques lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février 2026, qui ont abouti à la mort du guide suprême Ali Khamenei et à la destruction de sites nucléaires et militaires iraniens. Selon le ministère de la Défense des Émirats, ces assauts ont impliqué plus de 137 missiles et 209 drones iraniens, interceptés en grande partie par les systèmes de défense aérienne émiratis. Cependant, des débris issus de ces interceptions ont provoqué des incendies et des blessures, notamment au port de Jebel Ali à Dubaï et à l’aéroport international de la ville.

Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien, par la voix de son secrétaire Ali Larijani, a justifié ces opérations en déclarant : « Ces bases ne font pas partie du territoire de ces pays ; elles sont plutôt du sol américain. Nous ne cherchons pas à attaquer les pays de la région, mais lorsque des bases situées sur leur sol sont utilisées contre nous, nous ciblerons ces bases. » Cette déclaration, publiée sur les réseaux sociaux officiels iraniens, souligne que les Émirats, en hébergeant des installations militaires américaines comme la base aérienne d’Al Dhafra, se positionnent comme un allié clé de Washington dans la région. Al Dhafra, qui abrite des milliers de militaires américains et des avions de combat, a servi de plateforme pour les opérations contre l’Iran, selon des sources militaires américaines.

Les dommages rapportés aux Émirats incluent la mort de trois personnes – un Pakistanais, un Népalais et un Bangladais – et des blessures pour 58 autres, comme l’a indiqué le ministère de la Défense émirati dans un communiqué du 1er mars 2026. Des explosions ont été entendues dans les quartiers résidentiels de Dubaï, avec des débris tombant sur des habitations et provoquant des incendies mineurs. Le gouvernement de Dubaï a confirmé que des débris de drones interceptés ont endommagé deux maisons, blessant deux personnes, tandis que le port de Jebel Ali, hub logistique majeur, a subi un incendie à l’un de ses quais. L’aéroport international de Dubaï a également rapporté des dommages mineurs à un terminal, entraînant une suspension temporaire des vols.

Les liens stratégiques entre les Émirats et Israël

Au-delà de l’hébergement de bases américaines, les relations croissantes entre les Émirats arabes unis et Israël jouent un rôle central dans les motivations iraniennes. Depuis la signature des Accords d’Abraham en 2020, les Émirats ont normalisé leurs relations diplomatiques avec Israël, favorisant une coopération économique, technologique et sécuritaire approfondie. Cette alliance est perçue à Téhéran comme une menace directe, particulièrement dans le contexte des tensions régionales autour du programme nucléaire iranien et des activités des proxies iraniens comme les Houthis au Yémen ou le Hezbollah au Liban.

Des rapports d’intelligence, corroborés par des sources yéménites et internationales, indiquent que les Émirats ont facilité des opérations de surveillance contre l’Iran via l’île de Socotra, au large du Yémen, sous contrôle émirati depuis 2018. Cette île abrite une base d’espionnage conjointe émirato-israélienne, utilisée pour monitorer les mouvements navals iraniens dans le golfe d’Aden et le détroit de Bab el-Mandeb. Des réunions secrètes impliquant des officiers des services de sécurité émiratis, des agents du Mossad israélien et des operatives de la CIA y auraient eu lieu, planifiant des infiltrations en territoire iranien, notamment près de Bandar Abbas. Ces activités, bien que niées officiellement par Abu Dhabi, ont été documentées par des médias indépendants et des observateurs régionaux, renforçant la perception iranienne des Émirats comme un avant-poste hostile.

Le ministre des Affaires étrangères émirati, Cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, a réagi en condamnant fermement les attaques iraniennes lors d’appels téléphoniques avec ses homologues régionaux le 1er mars 2026. Il a déclaré : « Toute atteinte à la souveraineté d’un État constitue une menace directe pour la sécurité et la stabilité de l’ensemble de la région. Les Émirats ne toléreront aucun compromis sur leur sécurité ou leur souveraineté sous aucune circonstance. » Cette position reflète la stratégie des Émirats, qui cherchent à équilibrer leur alliance avec les États-Unis et Israël tout en maintenant un dialogue prudent avec l’Iran, comme en témoigne la récente détente économique entre Téhéran et Abu Dhabi avant l’escalade.

Rumeurs persistantes d’une base militaire israélienne

Parmi les facteurs alimentant les suspicions iraniennes figurent les rumeurs récurrentes d’une présence militaire israélienne aux Émirats. Bien que non confirmées officiellement, des sources sécuritaires ont rapporté l’existence d’installations conjointes près de Fujairah, un port stratégique sur la côte est des Émirats, face au golfe d’Oman. Ces sites auraient servi de hubs pour des opérations de renseignement contre l’Iran, incluant la surveillance de missiles et de navires iraniens. Des analystes militaires, citant des images satellites et des fuites d’intelligence, suggèrent que ces facilités ont été utilisées lors des frappes israéliennes de juin 2025 contre des sites nucléaires iraniens, où les Émirats auraient fourni un soutien logistique discret.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a évoqué ces rumeurs lors d’une conférence de presse, affirmant que l’attaque sur la base aérienne d’Al Udeid au Qatar – bien que distincte – s’inscrivait dans une logique de « défense légitime » contre des alliés perçus comme hostiles. Il a déclaré : « Cela n’a rien à voir avec les pays amis comme le Qatar ; c’est une réponse à l’agression américaine et israélienne depuis ces bases. » Appliquée aux Émirats, cette rhétorique indique que Téhéran considère les infrastructures émiraties comme des extensions des intérêts israéliens, particulièrement depuis que les Accords d’Abraham ont ouvert la voie à des échanges militaires, y compris des ventes d’armes et des entraînements conjoints.

Ces allégations ont été amplifiées par des incidents passés, comme les attaques de drones houthis – soutenus par l’Iran – sur Abu Dhabi en 2022, qui avaient déjà ciblé des installations pétrolières émiraties en représailles à l’implication des Émirats au Yémen. Le contexte actuel, avec l’Iran affaibli par les sanctions américaines et les pertes militaires, pousse Téhéran à adopter une posture plus agressive pour dissuader d’autres alliés régionaux de se joindre à la coalition anti-iranienne.

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