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Pourquoi l’Iran vise le Koweït

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Les explosions qui ont retenti à Koweït City ce week-end, le 28 février 2026, illustrent l’extension rapide du conflit entre l’Iran et la coalition américano-israélienne aux États du Golfe. Des missiles balistiques et des drones lancés par Téhéran ont visé la capitale koweïtienne et des installations militaires abritant des forces américaines, en réponse directe aux opérations conjointes ayant entraîné la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei et la destruction de sites nucléaires iraniens. Les autorités koweïtiennes ont rapporté des interceptions partielles par leurs systèmes de défense, mais des débris ont causé des dommages à des infrastructures civiles, dont l’aéroport international, soulignant les risques pour ce petit État pétrolier pris entre ses alliances sécuritaires et sa proximité géographique avec l’Iran.

Une riposte annoncée contre les bases américaines

Le ministère koweïtien de la Défense a confirmé que plus de 97 missiles balistiques et 283 drones iraniens ont été détectés en direction du Koweït, avec un focus sur la base aérienne d’Ali al-Salem, qui accueille des unités de l’armée de l’air américaine. Cette base, opérationnelle depuis les années 1990 et renforcée par des accords bilatéraux, sert de plateforme logistique pour les opérations américaines dans la région, incluant le ravitaillement en vol et le soutien aux missions de surveillance. Selon un communiqué du 1er mars 2026, les systèmes Patriot et les défenses koweïtiennes ont intercepté la majorité des projectiles, mais des impacts secondaires ont endommagé des hangars et des pistes, entraînant une suspension des opérations aériennes.

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Le Corps des gardiens de la Révolution islamique (IRGC) a revendiqué ces opérations via des déclarations officielles diffusées sur les médias iraniens, affirmant que les attaques visaient les « positions ennemies » ayant servi de base aux raids contre l’Iran. Le général Hossein Salami, commandant de l’IRGC, a déclaré : « Le Koweït, en hébergeant des forces américaines, s’expose à des ripostes légitimes. Nous ne ciblons pas les États arabes, mais les installations qui menacent notre souveraineté. » Cette justification reflète la perception iranienne des États du Golfe comme des extensions des intérêts américains, exacerbée par les sanctions et les opérations clandestines contre les infrastructures iraniennes.

Les dommages au Koweït incluent la mort d’une personne et des blessures pour 32 autres, majoritairement des travailleurs étrangers, selon le ministère de la Santé koweïtien. À Koweït City, des débris de missiles ont frappé un quartier résidentiel près de l’aéroport international, provoquant un incendie dans un terminal qui a mobilisé plus de 30 équipes de secours. Le pont Sheikh Jaber, reliant la capitale au nord du pays, a été fermé temporairement par précaution. Des résidents ont rapporté des secousses ressenties dans les immeubles du centre-ville, avec des sirènes anti-aériennes activées pour la première fois depuis l’invasion irakienne de 1990.

Les liens sécuritaires du Koweït avec les États-Unis

Les motivations iraniennes s’ancrent dans la présence américaine au Koweït, qui abrite environ 13 500 soldats des États-Unis, selon des données du Pentagone. Camp Arifjan, quartier général avancé du commandement central américain (Centcom), et la base d’Ali al-Salem sont des hubs pour les opérations logistiques et aériennes, ayant servi lors des campagnes contre l’État islamique et pour surveiller les routes maritimes du Golfe. Téhéran perçoit ces installations comme des menaces directes, particulièrement depuis l’assassinat du général Qassem Soleimani en 2020 par une frappe américaine.

Le ministre koweïtien des Affaires étrangères, Cheikh Salem Abdullah Al-Jaber Al-Sabah, a réagi lors d’une conférence de presse le 1er mars 2026 : « Toute atteinte à notre territoire est une violation flagrante du droit international. Le Koweït maintiendra sa souveraineté et coopérera avec ses alliés pour assurer la sécurité régionale. » Cette déclaration met en lumière la diplomatie équilibrée du Koweït, qui entretient des relations avec l’Iran – marquées par des échanges commerciaux et des médiations passées – tout en dépendant de Washington pour sa défense depuis la libération de 1991.

Les tensions entre l’Iran et le Koweït remontent à des différends territoriaux et énergétiques, comme le champ gazier d’Al-Durra, revendiqué par les deux pays. En 2023, Téhéran a menacé d’exploiter unilatéralement ce gisement partagé avec l’Arabie saoudite, provoquant des protestations koweïtiennes. Bien que des négociations aient repris en 2024, ces disputes alimentent les suspicions, l’Iran accusant le Koweït de favoriser les intérêts occidentaux au détriment de la solidarité régionale.

Rumeurs sur une coopération accrue avec Israël

Parmi les facteurs exacerbant les griefs iraniens figurent les allégations d’une collaboration discrète entre le Koweït et Israël en matière de sécurité. Bien que le Koweït n’ait pas adhéré aux Accords d’Abraham, des rapports d’intelligence indiquent des échanges de renseignements sur les menaces communes, via des tiers comme les États-Unis. Des sources sécuritaires régionales suggèrent que des équipements de surveillance israéliens ont été déployés près de la frontière irakienne pour monitorer les mouvements iraniens.

En 2025, des exercices militaires conjoints koweïto-américains ont inclus des simulations contre des missiles balistiques, renforçant ces suspicions. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanaani, a évoqué ces rumeurs lors d’une allocution : « Le Koweït, en tolérant des influences sionistes, met en péril la stabilité du Golfe. Nos actions sont une réponse à ces provocations. » Ces allégations ont été démenties par Koweït City, mais elles s’inscrivent dans un contexte de normalisation régionale perçue comme hostile à Téhéran.

Ces suspicions ont été amplifiées par des incidents passés, tels que les cyberattaques attribuées à l’Iran contre les infrastructures koweïtiennes en 2023, visant le secteur pétrolier. Le Koweït, avec une production quotidienne de 2,7 millions de barils, dépend de sa neutralité pour sécuriser ses exportations, mais sa proximité avec l’Irak – allié de l’Iran – le rend vulnérable.

Impact sur l’économie et la stabilité koweïtienne

Les attaques ont perturbé l’économie koweïtienne, centrée sur le pétrole et les investissements. La Bourse du Koweït a suspendu ses opérations le 1er mars 2026, après une chute de 5,4 % en ouverture. Le secteur énergétique, représenté par la Kuwait Petroleum Corporation, a renforcé la sécurité autour des installations de Mina Al-Ahmadi, où des débris ont causé un incendie mineur.

L’aéroport international du Koweït, hub pour Kuwait Airways, a suspendu les vols, affectant 50 000 passagers. La compagnie a annulé 150 vols, invoquant des risques liés aux interceptions. Le port de Shuwaikh, traitant 1 million de conteneurs annuellement, a vu ses activités ralenties. Le ministère de l’Énergie a assuré la stabilité des exportations, mais les prix du Brent ont grimpé de 10 %.

Sur le plan humanitaire, les hôpitaux de Koweït City ont traité des blessés, avec des cas de traumatismes. Le Croissant-Rouge koweïtien a aidé 100 familles évacuées près d’Ali al-Salem. Les expatriés, 70 % de la population de 4,8 millions, ont rapporté des départs précipités, surtout parmi les travailleurs sud-asiatiques.

Les dynamiques régionales et les réactions diplomatiques

Le Koweït, membre du CCG, a reçu un soutien de ses partenaires. Lors d’une réunion virtuelle le 1er mars 2026, les ministres des Affaires étrangères ont condamné les frappes iraniennes : « Toute agression contre le Koweït menace l’ensemble du Conseil. Nous coordonnerons nos défenses. » L’Arabie saoudite a partagé des données radar, tandis qu’Oman a proposé une médiation.

Les États-Unis ont renforcé Ali al-Salem avec des escadrons supplémentaires. Le secrétaire à la Défense Lloyd Austin a déclaré : « Nous défendrons nos alliés contre l’agression iranienne. » Israël a offert une expertise antimissile.

L’Iran maintient sa posture défensive. Le président par intérim a réuni le Conseil de sécurité pour évaluer les ripostes. Des manifestations à Téhéran ont dénoncé le Koweït comme complice.

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Newsdesk Libnanews
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