Les États-Unis ont suspendu leur coordination avec l’armée libanaise dans le but explicite d’augmenter la pression pour le départ du commandant en chef des forces armées, le général Rodolphe Haykal. Cette décision, prise au cœur d’une guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah, marque une escalade dans les relations bilatérales entre Washington et Beyrouth. Elle intervient alors que le Liban fait face à des frappes israéliennes massives et que le gouvernement de Nawaf Salam tente d’imposer un plan de désarmement.
Selon des informations concordantes issues de sources diplomatiques, la mesure américaine vise directement à contraindre les autorités libanaises à accélérer le processus de mise hors jeu du Hezbollah en tant que force militaire autonome. Le général Haykal, nommé à la tête de l’armée en mars 2025 après l’accession de Joseph Aoun à la présidence de la République, se trouve ainsi au centre d’une tension inédite entre les exigences extérieures et les équilibres internes du pays.
Le message transmis par Washington à Beyrouth mardi dernier est sans ambiguïté : désarmer le Hezbollah, empêcher tout lancement de missiles depuis le territoire libanais, confisquer les armes illégales et entamer des négociations directes avec Israël. Le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, s’emploie à formuler une réponse à cette exigence claire tout en gérant les opérations militaires en cours.
Cette suspension de coopération s’inscrit dans une chronologie de pressions progressives. Dès novembre 2025, les autorités américaines avaient annulé des visites prévues du général Haykal à Washington en raison de divergences sur le dossier du désarmement. L’aide financière et technique accordée à l’armée libanaise, qui s’élevait encore à 230 millions de dollars en octobre 2025 pour renforcer les capacités de sécurité et de démantèlement d’armes, et à 14,2 millions de dollars en septembre 2025 pour améliorer le contrôle des caches d’armement, se trouve désormais suspendue dans ses aspects opérationnels.
L’armée libanaise, traditionnellement soutenue par les États-Unis depuis des décennies pour devenir le pilier de la souveraineté étatique, voit ainsi ses programmes d’entraînement et d’équipement directement impactés. Historiquement, Washington a investi des centaines de millions de dollars pour équiper les forces armées libanaises, notamment en vue de sécuriser la frontière sud et d’appliquer les résolutions internationales.
Parallèlement à cette décision américaine, le président Donald Trump a commenté publiquement la situation mercredi, lors d’une intervention à Washington. « Nous travaillons très dur là-dessus. Nous aimons le Liban. Nous aimons le peuple libanais et nous travaillons très dur. Nous devons nous débarrasser… le Hezbollah a été un désastre pendant de nombreuses années », a déclaré le président américain en réponse à une question d’un journaliste de la chaîne MTV.
Ces propos interviennent au moment où les hostilités entre Israël et le Hezbollah connaissent une nouvelle intensification. Mercredi, l’armée israélienne a lancé une vague à grande échelle de frappes sur les infrastructures du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, connue sous le nom de Dahiyeh. Le porte-parole militaire israélien, Avichay Adraee, a annoncé sur la plateforme X que les forces israéliennes « agiront bientôt avec une grande force contre les installations, les intérêts et les capacités militaires » du Hezbollah dans cette zone.
Au moins dix frappes aériennes violentes et simultanées ont visé plusieurs secteurs de Dahiyeh, bastion traditionnel du mouvement chiite armé. Ces bombardements font suite à un barrage important de roquettes lancé par le Hezbollah vers le nord d’Israël au cours des dernières heures. Le Hezbollah a revendiqué une nouvelle opération en précisant qu’elle constituait une réponse à « l’agression criminelle contre des dizaines de villes et villages libanais ainsi que contre la banlieue sud de Beyrouth ».
Dans des communiqués successifs, le Hezbollah a indiqué que ses combattants avaient visé des sites dans le nord d’Israël avec des dizaines de roquettes. Par la suite, le mouvement a annoncé avoir frappé le quartier général du commandement nord de l’armée israélienne près de Safed ainsi que deux bases militaires à Haifa à l’aide de volées de missiles avancés. Le porte-parole israélien Avichay Adraee a réagi en affirmant que « nous leur répondrons » et en promettant une riposte sévère.
Cette escalade militaire intervient dans un contexte où le gouvernement libanais, sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam, a déclaré illégales les activités militaires du Hezbollah dès le 2 mars 2026. Le cabinet a ordonné aux forces de sécurité d’appliquer par tous les moyens un plan de désarmement annoncé initialement en août 2025. Ce plan prévoit plusieurs phases : d’abord le contrôle du sud du fleuve Litani, puis une extension progressive au-delà de cette ligne de démarcation historique.
La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2006 à l’issue de la guerre entre Israël et le Hezbollah, reste le cadre juridique international de référence. Elle exige le déploiement exclusif de l’armée libanaise et des forces de la Finul au sud du Litani, le désarmement de tous les groupes armés non étatiques et le respect de la souveraineté libanaise sur l’ensemble du territoire. Des appels répétés au Conseil de sécurité ont été lancés ces derniers mois pour une application pleine et entière de ce texte, sans que des progrès décisifs n’aient été enregistrés jusqu’à présent.
Le général Rodolphe Haykal, qui dirige l’armée depuis mars 2025, se trouve confronté à des attentes contradictoires. D’un côté, le gouvernement Salam pousse pour que les forces armées exercent le monopole de la violence légitime et appliquent le plan de désarmement. De l’autre, les pressions extérieures, notamment américaines, exigent des résultats concrets et immédiats. Le commandant a régulièrement souligné les difficultés opérationnelles liées aux attaques israéliennes continues, qui compliquent tout déploiement massif de troupes dans les zones de combat.
La mesure américaine de suspension de coopération est rejetée au Liban, où elle est perçue comme particulièrement inopportune alors que la guerre se poursuit. Plusieurs acteurs internationaux sont intervenus pour éviter tout préjudice au général Haykal à ce stade précis des opérations. Ces interventions visent à préserver la stabilité de l’institution militaire, considérée comme le dernier rempart de l’État face à l’effondrement progressif des structures de gouvernance.
Le plan gouvernemental libanais, présenté en quatre points principaux, prévoit une trêve complète, le désarmement du Hezbollah, une aide internationale renforcée à l’armée libanaise pour lui permettre de contrôler les zones de tension, et l’ouverture de négociations directes entre le Liban et Israël. Ce dernier volet constitue une rupture potentielle avec la doctrine traditionnelle du pays, qui évitait jusqu’à présent tout contact officiel direct avec l’État hébreu.
La banlieue sud de Beyrouth, Dahiyeh, concentre depuis des années les infrastructures civiles et militaires du Hezbollah. Les frappes israéliennes de mercredi ont visé spécifiquement des centres de commandement, des sites de stockage d’armes et des positions de tir. Les habitants de la zone, déjà éprouvés par des mois de conflit, ont été contraints à de nouveaux déplacements. Le bilan humain global du conflit, depuis son intensification en 2023, dépasse les 570 morts côté libanais selon les chiffres les plus récents disponibles, tandis que plus de 700 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays.
Le Hezbollah, pour sa part, maintient une posture défensive tout en multipliant les opérations de riposte. Ses communiqués insistent sur le caractère proportionnel de ses actions par rapport aux agressions subies. Les missiles avancés utilisés contre Safed et Haifa démontrent une capacité de frappe qui dépasse les simples roquettes de courte portée employées au début des hostilités.
Les tensions confessionnelles et régionales, traditionnelles au Liban, influencent également la gestion de la crise. Le Premier ministre Nawaf Salam, issu d’une formation sunnite modérée, insiste sur la nécessité de restaurer l’autorité exclusive de l’État. Le président Joseph Aoun, ancien commandant de l’armée lui-même, joue un rôle de médiation entre les différentes composantes politiques. Le général Haykal, quant à lui, met en avant la nécessité de préserver l’unité nationale face aux pressions extérieures.
La coopération historique entre les États-Unis et l’armée libanaise remonte à plusieurs décennies. Washington a fourni formation, équipements et renseignements pour permettre aux forces armées de contrer les menaces non étatiques, notamment le Hezbollah. Cette aide s’est intensifiée après 2006, précisément pour soutenir l’application de la résolution 1701. Les programmes récents incluaient le renforcement des capacités de détection et de démantèlement de caches d’armes dans le sud du pays.
La suspension actuelle affecte directement ces programmes. Les unités spécialisées formées avec l’appui américain se retrouvent privées de certains soutiens logistiques au moment où les besoins opérationnels sont les plus élevés. L’armée libanaise, forte de plus de 60 000 hommes, assure déjà la sécurité intérieure et tente de maintenir un déploiement limité au sud malgré les bombardements israéliens répétés.
Les négociations directes avec Israël, exigées par Washington, représentent un tournant potentiel dans la diplomatie libanaise. Jusqu’à présent, les contacts passaient exclusivement par des intermédiaires internationaux ou des canaux indirects via l’ONU. Le plan gouvernemental propose d’intégrer ces négociations dans un cadre plus large incluant une trêve complète et un engagement international pour la reconstruction.
La Finul, force des Nations unies déployée au sud du Liban, continue ses patrouilles malgré les risques accrus. Son mandat, prolongé régulièrement par le Conseil de sécurité, repose sur la coopération avec l’armée libanaise pour éviter tout vide sécuritaire. Les incidents récents entre patrouilles et éléments armés ont cependant souligné la fragilité de la situation sur le terrain.
Dans les zones frontalières, les villages chiites du sud, historiquement proches du Hezbollah, subissent des frappes ciblées tandis que les populations sunnites et chrétiennes du nord et de l’est observent avec inquiétude l’évolution des événements. Le gouvernement Salam a multiplié les appels à l’unité nationale pour faire face à la crise.
Les dernières heures ont vu se poursuivre les opérations militaires. L’armée israélienne maintient sa posture offensive sur Dahiyeh tandis que le Hezbollah annonce de nouvelles ripostes calibrées. Le porte-parole Avichay Adraee a réitéré la détermination de son pays à agir avec force contre toute infrastructure du mouvement chiite. De son côté, le Hezbollah précise que ses opérations visent exclusivement des objectifs militaires dans le nord d’Israël.
Le général Haykal continue d’assurer le commandement opérationnel de l’armée malgré les pressions extérieures. Les unités déployées dans les zones sensibles maintiennent leurs positions tout en évitant tout engagement direct susceptible d’élargir le conflit. Le cabinet Salam, réuni en sessions extraordinaires, examine les modalités de réponse au message américain tout en coordonnant les efforts humanitaires pour les populations déplacées.
Les acteurs internationaux, y compris certains pays européens et arabes, ont fait part de leur préoccupation face à la suspension américaine. Ils insistent sur la nécessité de préserver la cohésion de l’armée libanaise comme élément stabilisateur. Des discussions sont en cours au sein du Conseil de sécurité pour évaluer l’impact de ces développements sur la mise en œuvre de la résolution 1701.
Les frappes sur Dahiyeh ont visé des secteurs précis : les quartiers de Haret Hreik, Bir Hassan et Chiyah ont enregistré des explosions successives. Les infrastructures touchées incluent des entrepôts souterrains et des centres de communication. Le Hezbollah a confirmé que ses forces ont évacué certaines positions avant les bombardements, limitant ainsi les pertes potentielles en vies humaines.
Les missiles lancés vers Haifa ont survolé des distances significatives, démontrant une précision accrue par rapport aux phases initiales du conflit. Le quartier général près de Safed, cible symbolique, abrite les opérations de commandement israéliennes pour le front nord. La riposte promise par Israël pourrait inclure de nouvelles vagues aériennes dans les heures à venir.
Le Liban, pays de quatre millions d’habitants confronté à une crise économique chronique, voit ses infrastructures civiles déjà affaiblies subir de nouveaux dommages. Les routes d’approvisionnement vers le sud restent perturbées tandis que les hôpitaux de Beyrouth accueillent un flux continu de blessés.
Le général Haykal, dans ses communications internes, insiste sur le rôle de l’armée comme garante de la stabilité nationale. Son maintien à la tête des forces armées apparaît, pour de nombreux observateurs libanais, essentiel à la cohésion des troupes face à la multiplicité des menaces.
Les négociations directes, si elles devaient s’ouvrir, concerneraient prioritairement les modalités d’un cessez-le-feu durable et le retrait des forces non étatiques des zones frontalières. Le gouvernement Salam prépare un document de position détaillé qui sera transmis aux intermédiaires américains dans les prochains jours.
Les derniers développements militaires confirment une intensification des opérations dans la banlieue sud de Beyrouth. Les frappes israéliennes se poursuivent par vagues successives tandis que le Hezbollah maintient un rythme soutenu de lancements de roquettes et de missiles vers le territoire israélien. Le porte-parole de l’armée israélienne continue de diffuser des avertissements sur les réseaux sociaux, indiquant que les réponses seront proportionnelles aux provocations enregistrées.
L’armée libanaise, bien que privée temporairement de certains appuis américains, maintient ses positions défensives autour de la capitale et dans les régions sensibles. Le commandement central coordonne les mouvements de troupes en fonction des alertes aériennes et des rapports de terrain transmis par les unités déployées.
Le Hezbollah, de son côté, diffuse régulièrement des communiqués détaillant les cibles visées et les résultats obtenus. Les opérations annoncées mercredi incluent des volées de missiles avancés qui ont franchi les systèmes de défense israéliens dans plusieurs secteurs du nord du pays.
Les populations civiles des deux côtés de la frontière continuent d’être affectées. Les autorités libanaises recensent de nouveaux déplacements vers les zones plus sûres du nord et de l’est tandis que les services d’urgence israéliens rapportent des interruptions dans les activités normales des localités frontalières.
Le cadre international demeure centré sur la résolution 1701. Les discussions au sein des instances onusiennes portent sur les moyens d’accélérer le déploiement de l’armée libanaise dans les zones actuellement contrôlées par des éléments armés non étatiques. La Finul maintient ses effectifs et ses patrouilles malgré les risques accrus liés aux bombardements.
Le gouvernement libanais, réuni sous la présidence de Joseph Aoun et la direction exécutive de Nawaf Salam, continue d’examiner les différentes options pour répondre aux exigences américaines tout en préservant la souveraineté nationale. Le général Rodolphe Haykal participe aux réunions de sécurité où sont évaluées les capacités opérationnelles restantes de l’institution militaire.
Les frappes de la nuit dernière sur Dahiyeh ont été décrites comme les plus intenses depuis plusieurs semaines. Les sites touchés incluent des positions stratégiques dont l’identification précise reste classifiée. Le Hezbollah a immédiatement annoncé une riposte calibrée qui s’est traduite par de nouveaux tirs de roquettes vers des bases militaires israéliennes.
Le porte-parole Avichay Adraee a réitéré que « nous répondrons à eux » en référence aux annonces du Hezbollah. Cette déclaration intervient alors que les sirènes d’alerte retentissent encore dans plusieurs localités du nord d’Israël.
L’ensemble de ces événements se déroule dans un climat de tension diplomatique où la suspension américaine de coopération avec l’armée libanaise constitue le dernier levier utilisé par Washington pour obtenir des avancées concrètes sur le dossier du désarmement et des négociations directes. Le général Haykal demeure à son poste tandis que les parties concernées évaluent les conséquences immédiates de cette décision sur le terrain.
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