Dans un climat de tension grandissante au Liban, et selon des rapports provenant de médias israéliens, le Hezbollah aurait perdu deux de ses figures les plus influentes : Hassan Nasrallah, son secrétaire général de longue date, et Hashem Safieddine, considéré comme son successeur potentiel. Ces assassinats, survenus à quelques jours d’intervalle, bouleversent la hiérarchie du mouvement chiite libanais et laissent la place à Ibrahim Amin El Sayed pour prendre les rênes du Hezbollah.
Qui est Ibrahim Amin El Sayed ?
Né dans le village de Haouch al-Nabi dans le district de Baalbek, dans l’est du Liban, Ibrahim Amin El Sayed a d’abord étudié dans les séminaires religieux de Qom, en Iran. Sous le pseudonyme « Ibrahim al-Amine, » il a commencé sa carrière politique au sein du mouvement Amal, où il a représenté le parti en Iran au début des années 1980. Cependant, à la demande de la République islamique, il s’est retourné contre le leader d’Amal, Nabih Berri, et a publiquement annoncé sa défection lors d’une conférence de presse à Téhéran. Ce changement de cap l’a conduit à rejoindre les rangs du Hezbollah naissant.
El Sayed s’est rapidement intégré à la direction du Hezbollah sous l’autorité spirituelle de l’Ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah. Il a joué un rôle fondamental en tant que porte-parole officiel du mouvement et, à ce titre, a proclamé le manifeste du Hezbollah, la Lettre Ouverte, le 16 février 1985. Ce document marqua un tournant pour le Hezbollah, définissant ses principes et objectifs, notamment sa lutte contre Israël.
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Activités politiques et éducation
En plus de son engagement religieux et politique, Ibrahim Amin El Sayed a un solide parcours académique. Il a obtenu un baccalauréat en chimie à l’Université libanaise en 1981, suivi d’un master en chimie physique de l’Université de Strasbourg en 1984. Il a ensuite poursuivi un doctorat en chimie et physique à l’Université d’Orléans en 1987. De retour au Liban, il est devenu professeur dans plusieurs facultés de l’Université libanaise, notamment dans les collèges de sciences, médecine, odontologie et pharmacologie. Cette double compétence en tant que clerc religieux et scientifique souligne la complexité de son profil, combinant foi et science au service de son mouvement.
Montée en puissance au sein du Hezbollah
Le rôle d’Ibrahim Amin El Sayed dans l’expansion du Hezbollah ne peut être sous-estimé. Après avoir joué un rôle dans l’élaboration de la doctrine du Hezbollah, il a été envoyé à Beyrouth en tant que représentant officiel du Hezbollah, chargé de diffuser le message du parti dans les banlieues chiites du sud de la capitale. À cette époque, il était en position d’autorité sur Hassan Nasrallah. Ensemble, ils ont également servi d’agents de liaison entre le Hezbollah et l’ambassade d’Iran à Beyrouth, collaborant avec Mohammad Nourani, le chargé d’affaires iranien.
Au fil des années, Ibrahim Amin El Sayed a gravi les échelons de la direction du Hezbollah. Lors du deuxième conclave du parti en 1991, il aurait été nommé secrétaire général adjoint, bien que certaines sources attribuent ce rôle à Naim Qassem. En 1992, El Sayed a été élu au Parlement libanais en tant que représentant du Hezbollah pour le district de la Bekaa, où il a dirigé le bloc « Loyauté à la Résistance ». Il a été réélu en 1996, consolidant sa position dans la scène politique libanaise.
Leadership et influence actuelle
En 1994, Ibrahim Amin El Sayed a aidé à établir l’Association du Centre islamique pour l’orientation et l’enseignement supérieur du Hezbollah. En 2001, il a été élu au Conseil de la Shura du Hezbollah lors de son sixième conclave et a succédé à Mohammad Raad à la tête du Conseil politique du parti, poste qu’il occupe encore aujourd’hui.
Son Rôle au Sein du Hezbollah
En tant que chef du Conseil politique, El Sayed a supervisé de nombreuses initiatives politiques, y compris les relations du Hezbollah avec d’autres partis libanais, ses alliances régionales, et ses interactions avec des acteurs internationaux. Son rôle est celui d’un stratège politique, jouant un rôle pivot dans la prise de décision du Hezbollah, en particulier sur des questions délicates telles que les relations avec Israël, la Syrie, et les dynamiques internes libanaises.
Son ascension à la tête du Hezbollah, suite aux assassinats de Nasrallah et Safieddine, ferait de lui le nouveau leader du mouvement. Il devra, dès lors, affronter de nombreux défis, dont la nécessité de maintenir la cohésion interne du Hezbollah tout en faisant face à une pression accrue de la part d’Israël et des puissances occidentales. Il est également probable qu’il devra naviguer entre les intérêts iraniens et les besoins du Hezbollah au Liban, tout en restant fidèle à l’idéologie du mouvement.
Les Assassinats de Nasrallah et Safieddine
L’assassinat présumé de Hassan Nasrallah, longtemps leader du Hezbollah et figure emblématique de la résistance contre Israël, constitue un coup dur pour le mouvement. Sous sa direction, le Hezbollah est devenu une force militaire et politique redoutable au Liban et un acteur régional influent. La disparition de Nasrallah laisserait un vide considérable, et la mort supposée de Hashem Safieddine, son successeur pressenti, quelques jours plus tard, exacerbe cette crise de leadership.
Ces assassinats, s’ils sont confirmés, ouvriraient une période d’incertitude pour le Hezbollah. El Sayed, avec son expérience et son rôle influent dans le Conseil politique, semble être le choix naturel pour diriger le mouvement dans cette période critique.
Les Enjeux pour le Futur
Ibrahim Amin El Sayed se retrouverait dans une position délicate. Le Hezbollah, tout en continuant de maintenir une posture de résistance face à Israël, doit également gérer des tensions internes dues à la situation économique désastreuse du Liban et à la méfiance croissante d’une partie de la population à l’égard des partis politiques en général. Le nouveau dirigeant devra naviguer dans ces eaux troubles, tout en consolidant l’héritage de ses prédécesseurs.
Sa capacité à mener le Hezbollah dans une période post-Nasrallah et à maintenir ses alliances stratégiques avec l’Iran et la Syrie sera cruciale. Il pourrait également être amené à redéfinir la stratégie militaire et politique du Hezbollah dans un Moyen-Orient en constante évolution.




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