mardi, janvier 13, 2026

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Rétrospective 2024 : L’assassinat de Hassan Nasrallah, séisme politique et déstabilisation majeure du Moyen-Orient

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L’année 2024 restera gravée dans les annales comme un tournant décisif pour le Moyen-Orient. Le 27 septembre 2024, Hassan Nasrallah, leader historique du Hezbollah, est tué lors d’une série de frappes précises menées par l’aviation israélienne. Cet événement a déclenché une onde de choc aux conséquences profondes et durables, redessinant les équilibres politiques et stratégiques dans la région.

Un assassinat ciblé, un chaos planifié

Le 27 septembre, plusieurs missiles israéliens frappent un bunker situé dans la banlieue sud de Beyrouth, présenté comme un bastion du Hezbollah. Ce bunker, dissimulé sous un bâtiment résidentiel, comprenait 14 niveaux en sous-sol. L’opération, d’une intensité exceptionnelle, a vu le largage de 82 tonnes d’explosifs et de bombes sur cette cible, en plein cœur d’un quartier densément peuplé. Hassan Nasrallah, qui était présent, n’a pas survécu à cette attaque. Selon des sources militaires israéliennes, l’opération était planifiée depuis des mois et avait pour objectif de « décapiter » la direction du Hezbollah. Cet assassinat a été présenté comme une réponse directe aux escalades récentes le long de la frontière israélo-libanaise.

Avant cette attaque, une série d’opérations de sabotage avait été signalée. L’armée israélienne avait mené des attaques cybernétiques ciblant les communications internes du Hezbollah, désactivant temporairement les talkies-walkies et perturbant l’utilisation de certains pagers utilisés par ses membres clés. Cette stratégie visait à désorganiser les forces sur le terrain en amont des frappes aériennes.

Effondrement interne au Liban : une crise à plusieurs niveaux

Avec la disparition de Nasrallah, le Hezbollah a plongé dans une crise de leadership sans précédent. Son successeur désigné, Naim Qassem, peine à réunir un consensus au sein du mouvement, exacerber par des tensions entre factions. Cette division interne affaiblit la capacité du Hezbollah à jouer son rôle traditionnel de garant face à Israël.

Sur le plan politique, l’absence de Nasrallah a exacerbé les luttes entre partis et factions libanais, notamment dans un contexte où les élections présidentielles restent bloquées depuis plusieurs mois. Les principaux partis, incapables de s’accorder sur un candidat consensuel, se disputent sur l’orientation future du Liban. L’ombre de l’Iran, déjà renforcée par la disparition de Nasrallah, inquiète les blocs opposés au Hezbollah, qui redoutent une mainmise totale de Téhéran via des dirigeants pro-iraniens.

Cette instabilité a eu des répercussions directes sur le Liban. L’économie, déjà exsangue, a vu une nouvelle vague de panique s’emparer des marchés. Les rumeurs de retrait de soutiens financiers iraniens ont accentué la fuite des capitaux, provoquant un effondrement supplémentaire de la livre libanaise.

Conséquences régionales : une poudrière en ébullition

Au-delà des frontières libanaises, l’assassinat de Nasrallah a entraîné des répercussions immédiates en Syrie, où le Hezbollah soutenait activement le régime de Bachar el-Assad. Son absence a affaibli de manière décisive le soutien militaire et logistique au régime syrien. En conséquence, les forces rebelles, soutenues par des puissances régionales comme la Turquie et l’Arabie saoudite, ont intensifié leurs attaques, provoquant la chute de Bachar el-Assad dès novembre 2024.

Dans ce contexte, des réunions secrètes ont été tenues entre des représentants de groupes rebelles et des officiers israéliens. Ces derniers cherchaient à contourner le sud du Liban via le Golan, en affaiblissant simultanément l’armée régulière syrienne loyale au régime. Israël aurait demandé aux rebelles d’intensifier leurs offensives pour détourner l’attention des forces pro-Assad et sécuriser la frontière sud-syrienne. Cette coordination non officielle a contribué à une accélération des revers subis par l’armée syrienne.

Nasrallah jouait un rôle d’axe modérateur dans la région, en équilibrant les rapports de force entre les différents acteurs. Sa disparition a accentué la fragmentation des alliances locales, plongeant la Syrie dans une période de chaos politique et ouvrant la voie à l’ascension de factions islamistes. Cette situation a renforcé les tensions entre Téhéran et Tel Aviv, ravivant le spectre d’une confrontation directe.

Israël, de son côté, a multiplié les frappes en Syrie, visant des positions supposées du Hezbollah et des Gardiens de la Révolution iraniens. Cette escalade a révélé les tensions croissantes dans toute la région.

Une offensive terrestre et un cessez-le-feu fragile

Le 1er octobre 2024, Israël a lancé une offensive terrestre majeure au Liban sud, visant à détruire les infrastructures restantes du Hezbollah. Cette campagne militaire, marquée par des combats intenses et de lourdes pertes des deux côtés, a ravivé les souvenirs de la guerre de 2006. Malgré une avancée israélienne dans certaines zones stratégiques, la résistance du Hezbollah a ralenti la progression des troupes israéliennes.

La communauté internationale, menée par les Nations Unies, a multiplié les appels au cessez-le-feu. Après des semaines de négociations sous haute tension, un accord a été conclu, mettant fin aux hostilités le 28 octobre 2024. Ce cessez-le-feu fragile, supervisé par la FINUL renforcée, reste cependant sous la menace de nouvelles escalades, les deux parties continuant de s’accuser mutuellement de violations.

Une redistribution des cartes géopolitiques

L’absence de Nasrallah a laissé un vide que plusieurs acteurs ont tenté de combler. L’Iran, principal soutien du Hezbollah, cherche à renforcer son emprise sur ses alliés chiites dans la région. Parallèlement, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se positionnent comme les nouveaux parrains des factions sunnites opposées au Hezbollah.

Nasrallah, qui discutait pratiquement d’égal à égal avec Téhéran, représentait une figure stratégique pour l’Iran. Désormais, le Hezbollah semble opéré directement par des pro-iraniens et par l’Iran lui-même, réduisant son indépendance politique et militaire dans la région.

Sur le plan historique, la disparition de Nasrallah marque une transition critique pour le Hezbollah, comparable à celle de l’élimination de figures clés comme Imad Mughniyeh en 2008. Cependant, l’absence de leaders capables de maintenir une autorité cohérente laisse entrevoir une transformation en profondeur de l’organisation. Certains analystes estiment que cette nouvelle configuration pourrait affaiblir durablement le rôle du Hezbollah en tant qu’acteur régional autonome.

Références

  1. Le Monde, « Israel strikes Hezbollah in heart of Beirut, killing leader Hassan Nasrallah ».
  2. The New York Post, « Hezbollah chief set to replace assassinated leader also likely killed, Israel says ».
  3. Reuters, « Israel launches ground offensive in southern Lebanon amid growing international pressure for ceasefire ».
  4. Al Jazeera, « Ceasefire agreed between Israel and Hezbollah after weeks of intense conflict ».
  5. Haaretz, « Israel’s coordination with Syrian rebels: A strategy to secure its northern front ».
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