Le 16 octobre 2024, un important rassemblement s’est tenu à Beyrouth dans le cadre de la réunion stratégique de la Planification de la réponse à la crise au Liban, réunissant les principaux ministres libanais, des représentants des Nations Unies et des donateurs internationaux. Le but était de coordonner les efforts humanitaires et de définir une réponse commune à la crise qui ravage le pays en raison des hostilités israélo-libanaises en cours.
Un Liban en état d’urgence humanitaire
Le Premier ministre par intérim, Najib Mikati, a ouvert la session par un discours poignant. Il a évoqué les terribles conséquences de l’agression israélienne continue, soulignant que 2 400 personnes ont déjà été tuées et plus de 10 000 blessées. Le bilan humain est aggravé par le déplacement massif de près d’un million de Libanais, forcés de quitter leurs foyers sous la menace des bombardements incessants.
Mikati a appelé à une action urgente : « Le Liban fait face à l’une des pires crises de son histoire. Nous avons le taux de déplacés le plus élevé au monde, et nous ne pouvons pas, seuls, fournir les besoins essentiels à toutes les populations vulnérables sur notre sol », a-t-il déclaré. Il a insisté sur l’importance du soutien international pour aider à répondre aux besoins urgents et à reconstruire les services publics essentiels.
Réponse coordonnée avec les Nations Unies
Le représentant des Nations Unies au Liban, Imran Riza, a également pris la parole pour souligner la gravité de la situation et la nécessité d’une coordination maximale. Il a insisté sur l’importance de la transparence dans l’allocation des ressources et le respect des priorités nationales. « Il n’y a rien de plus important que de travailler ensemble en ces temps troublés pour garantir l’aide humanitaire et renforcer les infrastructures critiques », a-t-il affirmé.
Il a ajouté que le contexte de la crise évoluait rapidement, et qu’il serait nécessaire de réévaluer la Plan de réponse nationale dans les semaines à venir, en impliquant toutes les parties prenantes pour ajuster les stratégies, les objectifs et les budgets en fonction de la nouvelle réalité.
Le rôle du ministère des Affaires sociales dans la gestion de la crise
Le ministre des Affaires sociales, Hector Hajar, a souligné le rôle crucial de son ministère dans la distribution des aides humanitaires aux populations les plus vulnérables. Il a également mis l’accent sur la nécessité de maintenir une approche nationale cohérente face à l’agression israélienne, tout en insistant sur l’importance de préserver l’unité et la sécurité du Liban dans ce contexte chaotique.
Situation critique dans le secteur de la santé
Lors de la réunion, le ministre de la Santé publique, Firas Al-Bayadh, et le président de l’Ordre des Médecins, Youssef Bakhash, ont rappelé les énormes défis auxquels fait face le secteur de la santé. Selon eux, plus de 11 000 blessés ont été traités depuis le début des hostilités le 17 septembre, mais les hôpitaux libanais sont proches de la rupture.
Bakhash a exprimé ses inquiétudes quant à l’avenir des blessés de guerre qui nécessitent des soins à long terme, y compris des chirurgies réparatrices et une réhabilitation psychologique. Il a également mentionné les problèmes sanitaires émergents dans les centres d’hébergement, où les conditions de vie se détériorent avec l’arrivée de l’hiver.
Le défi du logement et des déplacés
Le ministre du Travail, Moustafa Bayram, a rejoint l’appel à l’unité et à la résistance face à l’agression israélienne. Il a évoqué les récents bombardements israéliens qui ont frappé plusieurs villes du sud du Liban, notamment Nabatieh, causant la mort de nombreux civils, dont le maire de la ville, Ahmed Kahil. Bayram a souligné que « le Liban n’a d’autre choix que de résister et de s’unir contre un ennemi qui cherche à nous soumettre ».
La question des déplacés a aussi occupé une place centrale lors des discussions, avec plus de 1,2 million de personnes déplacées à travers le pays, dont une partie importante provient des zones sunnites du sud et de la Békaa. Les représentants locaux ont insisté sur la nécessité de simplifier les procédures pour l’octroi de l’aide, tout en soulignant que certaines populations, notamment celles vivant hors des centres d’accueil, n’avaient pas encore reçu de soutien.
Vers un cessez-le-feu ?
Le ministre Bayram a également abordé les discussions en cours sur un éventuel cessez-le-feu. Bien que des négociations soient en cours, il a noté que l’ennemi israélien n’a pas encore atteint ses objectifs militaires, et que le Liban restait engagé dans la protection de son territoire en vertu de la résolution 1701 des Nations Unies.
Dans son intervention, Najib Mikati a réitéré l’engagement du Liban envers cette résolution, appelant la communauté internationale à faire pression sur Israël pour un arrêt immédiat des hostilités. Il a rappelé que les violations israéliennes de cette résolution avaient dépassé les 35 000 infractions depuis son adoption.
Appel à l’unité nationale lors du sommet de Bkerké
Dans un autre développement crucial, Mikati a salué le sommet spirituel tenu à Bkerké, où les chefs religieux libanais se sont réunis pour appeler à la cessation des hostilités et à l’unité nationale. Mikati a déclaré : « Je salue les chefs religieux libanais pour leur réunion d’aujourd’hui à la Patriarcat maronite à Bkerké, qui incarne l’unité de tous les Libanais en ces temps difficiles ».
Il a souligné l’importance de l’appel des leaders spirituels à ce que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunisse immédiatement pour mettre fin au « massacre humanitaire » en cours au Liban. Il a également souligné l’appel à renforcer la confiance entre les Libanais et à consolider les institutions de l’État pour défendre la souveraineté et la dignité du pays.
Mikati a ajouté : « Le message national, qui a émergé aujourd’hui, doit être considéré comme une feuille de route pour l’avenir. Il est conforme à notre engagement à respecter la Constitution libanaise, l’Accord de Taëf et l’autorité unique de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire ».



